ans S
Adultes TO —
On voit parla qu'il n'est guère possible d'indiquer làge qu'à plusieurs années près et seulement avant vingt ans.
Vieillards. — Chez les vieillards, tous les poils ont une tendance à devenir à la fois plus rares et plus grêles, sans perdre cependant leurs caractères initiaux. C'est ainsi que le diamètre moyen des cheveux s'abaisse de 70 ;j. jusqu'à o'J et même 30 a.
Des renseignements importants peuvent être déduits de l'absence totale de pigment, même dans les poils jeunes et encore pourvus de bulbe creux. Les poils du vieillard se sont développés apigmentés, et l'on ne trouve jamais de pigmentophages dans la substance corticale.
La présence de pigmentôphages (flg. IH) (cellules destinées à la résorption du pigment) donne une indication précieuse, puisqu'elle prouve que les poils proviennent d'un individu qui commence à grisonner, mais elle ne renseigne guère sur l'âge, puisque la canitie peut apparaître d'une façon très variable suivant les individus.
Fœtus. — Les poils du fœtus présentent les caractères du duvet
Fig. m. — Poils de iiiOUilacho (pigmentôphages).
a. b, porlionsd'un poil de moustache primitivement brun et présentant une coloration rousse par places. La décoloration est due au transport du pigment par les nombreux pigmentôphages allongés, que l'on aperçoit dans l'écorce et autour du canal niédulliire.
ri, cheveu. — e, poil de duvet du front — n, bulbe plein d'un (^oil île duvet des joues. — b, bulbe plein d'un cil, — c, poil de duvet des jambes.
ténuité extrême, absence presque complète de pigment, absence totale du canal médullaire, très grande finesse de la pointe (fig. 112).
Le diamètre de ces poils varie, suivant les régions, de 20 à 48 [t., avec une moyenne de 35 [j. chez les fœtus à terme.
Les poils du fœtus pourraient être confondus avec les poils de duvet de l'adulte et surtout avec les cheveu.K follets des chauves, dont le diamètre inoyen est souvent compi-is entre 25 et 30 a; mais, parmi ces derniers, on rencontre d'ordinaire un certain nombre de
pointes en balai ou en pinceau, qui font toujours défaut dans les poils du fœtus.
:; 6. — Les poils ont-ils été coupés et à quelle époque?
Il convient tout d'aboid de rechercher si la partie terminale du poil correspond bien à l'extrémité libre et s'il ne s'agit pas au contraire d'une cassure ou coupure dans la direction du bulbe. Pour cela, il suffit d'examiner l'orientation des écailles de la cuticule, imbriquées de telle façon que les angles sont toujours tournés vers la pointe du poil.
Coupé récemment, le poil présente une section plus ou moins
Fig. 113. — Pointes de poils cou[é
Kig. 114. — Bulbes de cheveux humains.
nette suivant le tranchant de l'instrument utilisé ; il n'est pas rare de trouver des poils dont la tige a été en partie sectionnée, en partie cassée, par un instrument mal afrùté,tel un couteau, une hachette. Mais, dans tous les cas où la section est récente, on rettxjuve des angles nets, à sommets aigus. Au contraire, dès que la section remonte seulement.'à quarante-huit heures, le flottement contre le chapeau ou l'oreiller arrondit un peu les angles et la section est
Balthazard. — Méd.
3« édit.
déjà moins nette. Avec le temps, les anjrles deviennent de plus en plus mousses, l'extrémité du poil s'arrondit progressivement, sans jamais reprendre, toutefois, l'aspect qu'elle présente dans les poils non coupés (lig. 113).
On conçoit donc la possibilité de déterminer approximativement l'époque à laquelle des poils ont été coupés.
§ 7. — Les poils ont-ils été arrachés, coupés, ou sont-ils tombés accidentellement?
Si tous les poils examinés sont pourvus d'un bulbe creux (fig. 114), ils n'ont pu tomber d'eux-mêmes, leur développem^t n'étant pas terminé; on doit conclure à un arrachement.
Si tous les poils possèdent un bulbe plein (fig. 114), la chute spontanée est probable, surtout si les poils soumis à. l'expertise sont nombreux; elle est certaine s'il existe, parmi les poils, un certain nombre de poils à pointe courte.
La présence de poils à bulbe creux, même en proportion peu élevée, suffit pour faiie penser à un arrachement intéressant à la fois des poilsjeunes etdes poilsdont l'évolution est presque terminée.
La traction exercée sur un. poil isolé détermine tantôt la rupture de la tige, tantôt l'arrachement du bulbe. Si, au contraire, la traction porte sur une toufie de poils, ceux-ci n'ont pas tendance à se briser et la plupart des racines sont arrachées.
Tout poil incomplet, privé de son bulbe, n'est évidemment pas tombé spontanément, mais il peut avoir été arraché par le peigne.
Avec un instrument contondant, la cassure des cheveux ne s'observe qu'en cas de grande violence ; les sections sont alors irrégulières, effilochées.
Avec l'instrument tranchant bien affûté, la section est nette, sans bavure ; au contraire, les instruments tranchants imparfaits, tels que hache, etc., laissent des dentelures plus ou moins irrégulières sur la section.
§ 8. — Les cheveux sont-ifs teints et par quels procédés?
La détermination de la teinture employée pour modifier la coloration naturelle des cheveux peut rendre de grands services dans les questions d'identité.
On emploie des teintures à base de poudre de charbon, de sels de plomb ou de bismuth, d'azotate d'argent, d'acide pyrogallique, de paraphénylènediamine pour colorer les cheveux en noir.
PUILS. 547
L'eau oxygénée, l'eau de chlore décolorent au contraire les cheveux ; le henné leur communique une teinte roux foncé.
On trouvera dans le travail que nous avons publié avec M"® .Marcelle Lambert {loc. cit., page 531) les procédés chimiques et microscopiques qui permettent de déceler ces diverses teintures.
.^ 9. — Les poils examinés proviennent-ils d'un être vivant?
Le problt-me qui se pose consiste à établir si les poils ont été récemment détachés du corps ou s'ils constituent des poils postiches.
L'existence de bulbes non desséchés indique que les poils étaient encore adhérents à la peau quelques heures auparavant.
Les poils postiches sont toujours plus sales que les cheveux, même d'individus malpropres ; ils se laissent facilement recouvrir de poussières et de souillures; ils sont cassants et présentent deséraillures nombreuses, identiques à celles que l'on trouve sur les poils des cadavres. Il convient de faire remarquer que tous ces caractères peuvent sobserver sur les cheveux des femmes qui font un usage immodéré du fer à friser.
§ 10. — Identification des poils.
Après avoir répondu à toutes les questions que nous avons posées dans les paiagraphes précédents, la tâche du médecin légiste n'est pas terminée. 11 a reconnu que les poils étaient bien d'origine humaine, qu'ils provenaient dune région déterminée du corps, d'un individu de sexe masculin ou féminin; il a même apprécié, si possible, l'âge de cet individu. Il reste à établir si les poils appartiennent à un individu déterminé.
L'identification est basée sur la comparaison des longueurs, des diamètres moyens, du degré d'usure des pointes, de la coloration.
Bertillon a établi une gamme dans la tonalité de- poils, en séparant les poils en deux groupes, suivant qu'ils possèdent uniquement le pigment fondamental du poil ou qu'ils renferment également du pigment roux.
Pour les premiers, on distingue les colorations suivantes :
Blond albinos. Châtain clair.
— très clair. — • moyen.
— clair. — foncé.
— sale clair. — noir.
— filasse. Noir pur.
— moyen.
— foncé.
Pour les poils roux, on distingue :
Roux acajou clair, moyen, foncé.
— blond — — —
— châtain — — —
On ajouteraau besoin àchacune deces leiniesVépilhèie grisonnant.
L'existence sur les cheveux de particules étrangères, en rapport avec la profession de l'individu, doit être notée avec soin : poussières blanches d'amidon chez les meunieis ou boulangers, de sucre chez les raffineuses, de colcotar chez les polisseuses, poussières vertes chez les chaudronniers, noires chez les mineurs et les charbonniers.
Enfin les altérations pathologiques, d'origine parasitaire, peuvent être d'un grand secours pour l'identification.