II. — IDENTIFICATION DES CADAVRFS
^ I. — Détermination du sexe.
Les malformations des organes génitaux dans les deux sexes donnent naissance à des difficultés dans l'établissement du sexe, lorsque l'examen est pratiqué peu de temps après la naissance. D'ordinaire, les caractères sexuels s'accusent à la puberté, et l'expert n'a pas de peine à indiquer les arguments grâce auxquels l'état civil, s'il y a lieu, sera rectifié.
Sur le cadavre, même lorsque la putréfaction est avancée, il est facile de reconnaître le sexe; car, si les orpanes génitaux externes de l'homme disparaissent rapidement, lutéi'us est un des organes qui résistent le mieux à la décomposition putride; l'utérus est encore parfois reconnaissable, alors que les cheveux sont détachés.
Les diflicultés sont plus sérieuses si le squelette seul est conservé. On tirera des renseignements précis avant tout de l'examen du bassin. Nous indiquons, d'après Poirier, les caractères difTérenticls du bassin chez l'homme et chez la femme.
Chez la femme, les fosses iliaques externes sont plus larges, plus évasées, plus déjetées en dehors que chez l'homme ; les crêtes iliaques sont moins épaisses, et l'angle sacro-vertébral est moins prononcé. Le détroit supérieur, elliptique dans le sexe féminin, a la forme d'un cœur de carte à jouer dans le sexe masculin, et le détroit inférieur est plus large chez la femme. La symphyse pubienne n'a guère que 54 millimètres de hauteur chez la femme, alors qu'elle a, en moyenne, 90 millimètres chez l'homme. Mais les caractères différentiels les plus nets sont constitués par Técartement des épines pubiennes et des cavités cotyloïdes, plus grand chez la femme, et par la forme des trous ischio-pubiens, presque triangulaires chez la femme, ovalaires chez l'homme. Grâce à ces différences de structure du bassin dans les deux sexes, il est impossible, surtout si l'on possède quelques bassins de comparaison, de commettre d'erreur surle sexe de l'individu auquel appartenait le squelette examiné.
Si le bassin manque, l'examen des autres os permet de présumer qu'ils proviennent d'une femme quand les empreintes d'insertion musculaire sont peu marquées. Mais, même confiée à un anthropologiste, l'expertise ne peut conduire à la certitude. C'est ainsi que la détermination du sexe par l'examen du crâne conduit à des conclusions douteuses une fois sur cinq, à des résultats erronés une fois sur vingt (Manouvrier).
§ 2. — Détermination de l'âge.
Age du foetus. — La détermination de l'âge du iœtus peut être faite avec une assez grande précision, si l'on connaît son poids, sa taille, ou encore le poids du placenta. L'étude de la marche de l'ossification est également d'un grand secours.
Nous donnons, d'après Lacassagne, la taille, le poids du fœtus et celui du placenta aux divers moments de la vie intra-utérine.
11 suffit de préciser les indications données dans ce tableau pour les deux premiers mois. A la fin du premier mois, l'œuf a un dia-