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CHAPITRE VI SUBMERSION

Les orifices des voies aériennes, bouche et nez, étant plongés dans un liquide quelconque, ce liquide pénètre dans les poumons à la place de l'air respirable; l'asphyxie qui survient alors est dite par submersion.

En général, la submersion est réalisée par l'uiiiuersion du cor, s entier dans le liquide qui est presque toujours l'eau, eau de mer ou eau de rivière. Nous ne ferons donc que signaler la submersion des ouvrier-i vidangeurs dans les fosses d'aisances et les quelques fai s relatifs à la noyade d'ouvriers tombés dans des cuves de suif fondu, de vignerons submergés dans le vin, etc.

Conditions clans lesquelles s'observe la submersion. — L'hypothèse d'un suicide est presque toujoais admii-e lorsque le médecin légiste apporte la preuve que la mort d'un individu est lerésjltatdelapendaison; de même pour la submersion. Le problème qui domine l'étude médico-légale de la submersion consiste donc à recheicher si l'individu a succombé réellement à l'immersion dans l'eau ou si, au contraire, il était déjà mort au moment de celte immersion.

De même pourtant qu'il est possible de pendre quelqu'un par surprise, il es-t possible de le noyer. Mais le meurtre pir noyade est raie et nécessite une lutte préalable destinée à annihiler la résistance de la victime et dont le cadavre porte les traces.

La noyade a été un procédé d'exécution judiciaire, à certaines époques, réservé selon les pays aux parricides ou aux femmes adultères; les noyades de Nantes, décrétées par Carrier, pendant la Révolution, ont servi à l'exécution de 2000 suspects.

Environ 2500 individus se suicident chaque année en Fiance par la submersion, qui constitue ainsi le procédé de destruction utilisé dans le tiers des cas de mort volontaire. On amène à la Morgue de Patis 300 noyés, parmi lesquels 230 hommes et 70 femmes; mais dans ce nombre sont englobées les noyades accidentelles.

Eu l'éalité, la femme recourt relativement plus souvent à la

submersion que l'homme, puisque, sur 100 cas de mort volontaire pour le sexe féminin, on compte 43 submersions, tandis que, sur 100 suicides chnz les individus du sexe masculin, on observe seulement 24 noyades.

Enfin les noyales accidentelles sont fréquentes et sont la cause éo;alement de la mort dans le tiers des cas de moi t a'^cidenlelle. C'est naturellement à l'époque des baignades en rivière et en mer que ces a ■ci<lents deviennent particulièrement fré juents, c'e-t-à dire en juillet et en août. Il est curieux de constater que la fréquence des suicides par submersion subit des variations [.arallèles à celles des noyades accidentelles, et que, presque nul en décembre, le nombi'e des submersions-suicides atteint son maximum au mois d'aoïit.

Mécaninme de la mort. — Les expériences poursuivies par la Commission de la Société médico-chirurgicale de Londres, celles de Paul Bert, celles de Brouar'del et Loye ont élucidé le mécanisme de la mort par submersion.

Lorsqu'un chien est brusquement immergé dans une cuve pleine d'eau, il s'agite violemment et suspend sa respiration. Au bout d'une minute environ, il fait de violentes inspirations et rejette à la surface de l'eau une spume blanche abondante; puis il tombe dans un état d'insensibilité et de torpeur pendant lequel les mouvements respiratoires se suspendent de nouveau. Enfin la mort, qui survient au bout de trois minute > et demie à quatre minutes, estpréc'dée d'un certain nombre d'inspirations profondes.

Nous allons étudier avec quelques détails chacune de ces phases chez les animaux submergés, rechercher quelles sont les variations de la pression artéi'ielle, et à quel moment 1 ea'i pénètre dans le poumon.

La première phase observée cliez le chien brusquement submergé dure environ une dizaine de secondes. L'animal est surpris et continue à respirer comme à l'état normal. Cette phase ne s'observe pas chez l'homme qui se jette à l'eau; en pareil cas, l'ari'ètdes mouvements respiratoires débute au moment même de l'immersion.

C'est en ( Ifet la résistance à la pénétration de l'eau dans les voies aériennes qui caractérise la st'co/(f/ep/ia.se. Ace moment, la r-espii'ation est complètement suspendue, malgré les efforts que fait l'animal pour se dégaeer de ses liens, et la pression artérielle s'abaisse bru-quement. En même temps la surcharge du sang en acide cai bonique détermine une excitation croissante du centie bulbaire du pneumogastrique, et le nombre des bat'ements cai'diaques diminue progressivement jusqu'à la mort. La seconde phase dure environ une minute.

Puis l'animal, chez lequel l'asphyxie fait des progrès, ne peut plus retenir sa respiration, et des inspirations violentes et fréquentes se produisent; c'est à ce moment qu'apparaît la spume blanchâtre à la surface de l'eau. Cette troùième phase, accompagnée d'agitation et même de convulsions violentes, dure environ une minute et se termine par la perte du sentiment.

L'animal, pendant toute la durée de la quatrième phase, reste inerte, insensible aux excitations extérieures, et l'apnée est complète. Enfin quelques mouvements respiratoires, superGciels et espacés, reparaissent, et, trois minutes et demie après le début de la submersion, l'animal, dont la pression artérielle est tombée à zéro, est en état de mort apparente.

Pourtant le cœur, dont les battements sont déplus en plus ralentis, continue à se contracter encore pendant quinze à vingt-cinq minutes. C'est seulement lorsque le cœur s'arrête que la mort est réelle.

Nous ferons remarquer de suite que la résistance à l'asphyxie varie suivant l'espèce animale et suivant l'âge des animaux. C'est ainsi que, chez le canard, la période d'apnée qui caractérise la résistance peut durer quatre et cinq minutes. C'est ainsi que le cœur d'un jeune chien battait encore, dans une expérience de Brouardel, une heure après le début de la submersion.

Pour certains auteurs, l'apnée de la seconde phase serait due à un spasme de la glotte provoqué par l'arrivée de l'eau au niveau du larynx ; pouf d'autres, il s'agirait au contraire d'une contracture des muscles respiratoires. En montrant que cette période d'apnée s'observe chez les chiens trachéotomisés avant la submersion, Brouardel a tranché la question en faveur de la seconde interprétation. 11 a établi de plus que la contracture du diaphragme et des muscles intercostaux a lieu en expiration, de façon à lutter contre la pénétration de l'eau dans la trachée ; c'est dans la position d'inspiration forcée au contraire que ces muscles se contractent dans la sutlocalion par obturation des voies aériennes.

A l'aide d'un dispositif très simple, Brouardel et Loye ont pu enregistrer les quantités d'eau qui pénètrent dans le poumon aux diverses phases de la submersion. Le chien est trachéotomisé, et, la canule mise en communication avec un récipient rempli d'eau, un flotteur muni d'un index inscrit sur un cylindre enregistreur les variations du niveau de l'eau. Chez un chien de o kilogrammes, 25 centimètres cubes d'eau ont pénétré pendant les quelques inspirations qui accompagnent le début de la submersion, rien pendant la phase d'apnée, 350 centimètres cubes au moment des grandes inspirations qui lui succèdent, puis 23 centimètres cubes encore jusqu'au

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moment de la mort appai-enfe. poit en tout 400 centimMres cubes.

Paul Beil avait démonlré le luèiiie l'ait sur le rat sulimergé. Au moment même où survient la perle de connaissance, à la lin de la période d'apnée, l'animal letiré de l'eau n'a dans sa trachée aucune trace d'écume; si on attend ([u'il ait lait seulement une ou deux grandes inspirations, la trachée est remplie.

11 est donc établi que l'eau pénètre dani le poumon une minute et demie apiès le début de la submersion, alors que la mort apparente survient deux minutes plus tard, et la mort réelle seulement vingt minutes après. On doit donc se demander si l'imbibition des tissus par l'eau absorbée au niveau du poumon ne joue pas un rùle dans le mécanisme delà mort et si, comme l'admettent les auteurs, la submersion est une asphyxie simple, absolument comparable à la suffocation.

L'élude du sang des noyés fournit les éléments qui permettent de répondre à cette question. Le sang qui remplit les cavités cardiaques est toujours fluide, et, même dans les plus petits vaisseaux, il est exceptionnel de trouver des caillots. Orfila, Devergie, Casper sont d'accord sur ce fait. Les recherches d'Etienne Martin et de Fidon ont donné la raison de cette incoagulabilité du sang en montrant la diminution considérable de la librine aussitôt après la submersion.

Brouardel et Vibert ont institué des expériences pour mesurer la dilution du sang à laquelle est due cette fluidité; ils ont pratiqué sur des chiens la numération des globules rouges avant et après la submersion. Si les animaux sont noyés rapidement, en moins de cinq minutes, le nombre des globules ne varierait pas; si, au contraire, la submersion est accomplie lentement, en vingt minutes, une demi-heure, on observerait une diminution d'un tiers envuon dans le nombre des globules par millimètre cube, quatre millions au moment de la mort au lieu de six millions avant l'expérience.

(les résultats n'ont pas une valeur absolue, car l'eau est douée de propriétés globulicides, et, d'autre paît, la composition du sang des noyés, connue nous allons le démontrer, varie d'une façon considérable suivant le point où le sang a été prélevé ; les différences sont très importantes par exemple entre le sang contenu dans le ventricule gauche et celui qui se trouve dans le ventricule droit.

La cryoscopie fournit au contraire des renseignements précieux sur l'absorption de l'eau, applicables directement en médecine légale au diagnostic de la mort par submersion. L'abaissement du point de congélation du sang est de 0°,C0 au-dessous de zéro pour le chien normal; or, chez un chien tué par submersion, Carraia a vu

que le sang du cœur droit congelait à — 0o,42 et celui du cœur gauche à — 00,29. Il y a donc eu une dilution considérable du sang, marquée surtout pour le sang du cœur gauche, parce que loreillette gauche est en communication immédiate par les veines pulmonaires avec les poumons, où est absorbée l'eau qui a pénétré dans les voies aériennes. Or ce n'est pas chose indifférente pour l'organisme qu'une dilution du sang qui abaisse de moitié sa concentration moléculaire; à l'asphyxie s'ajoutent, pour amener la mort dans la submersion, les effets de la dilution du sang, qui modifient les échanges organiques et amoindrissent l'activité vitale. Ces derniers effets suffisent pour amener la mort des animaux, qu'il est facile de provoquer par l'injection intraveineuse d'une quantité suffisante d'eau distillée, équivalente à 80 centimètres cubes par kilogramme d'animal, capable par suite la quantité de sang contenue dans 1 kilogramme étant de 75 centimètres cubes environ) de diluer le sang de moitié.

11 résulte d'ailleurs des expériences de la Commission de Londres que la mort survient plus rapidement chez le chien à la suite de la submersion que dans la suffocation.

On peut donc considérer comme démontré que la mort dans la submersion est la conséquence de l'asphyxie, mais que l'action nocive exercée par l'eau absorbée au niveau du poumon sur le sang et les tissus ajoute ses effets à ceux de l'asphyxie et concourt à hâter la terminaison fatale.

Questions médico-légales. — La mort a-t-elle pour cause la submersion? — Pour répondre à cette question, il est nécessaire de passer en revue les lésions d'ordre asphyxique que l'on rencontre chez les noyés, et celles qui permettent d'établir que l'individu était encore vivant lorsqu'il a été submergé.

Nous laisserons de côté pour le moment les altérations dé la peau et des tissus engendrées par le séjour dans l'eau et qui se retrouvent identiques lorsque l'individu était déjà mort au moment de la submersion. Elles nous seront d'un précieux secours seulement lorsqu'il s'agira d'apprécier pendant combien de temps le cadavre a séjourné dans l'eau.

Lésions des poumons. — La présence d'un rhampiijnoti de 7«o?/sse, formé par la spume bronchique, au-devant du nez et de la bouche, constitue une présomption en faveur de la mort par submersion. Cette mousse ne s'observe pas chez les noyés qui ont séjourné peu de temps dans l'eau et par une température fraîche ; en pareil cas, l'écume est encore dans les bronches : ce n'est qu'au moment oîi la putréfaction débute que le développement des gaz intestinaux amène le refoulement du diaphragme et l'évacuation par la bouche et les

narines de la spume que renfermaient les bronches et la trachée. l»lus lard, quand le noyé a séjourné ionglemps dans Teaa, le champij^non de mousse peut être dissous, et c'est à peine si Ion retrouve rjuelques bulles d'écume sur les lèvres. Nous ferons d'ailleui-s remarquer que ce sitrne n"a pas une valeur absolue pour le diagnostic de la submersion pendant la vie, puisqu'on peut retrouver la même écume sanguinolente dans les bronches des individus qui ont été asphyxiés par strangulation ou par sufTocation et jetés ensuite à l'eau.

La /présence de corps étrangers dans les bionclte^, analogues à ceux que l'on rencontre dans l'eau où a été retrouvé le cadavre, graviers, sable, vase, algues, a une. valeur beaucoup plus considérable. Certes l'eau peut pénétrer par imbibition dans les bronches d'un cadavre immergé, entraînant avec elle les corpuscules qu'elle renferme ; mais cette progression n'a lieu qu'à la faveur des mouvements du diaphragme qui accompagnent les diverses phases de la putréfaction. Si donc, sur le cadavre frais d un noyé, on retrouve des graviers dans les bronches, on pourra affirmer qu'ils y ont été introduits par les mouvements d'inspirati m violents provofjués par l'asphyxie et par suite que la mort est due à la submersion. D'ailleurs, il résulte des expériences de Hougierque le sable ne pénètre jamais chez les cadavres immergés au delà des secondes ramilicalions bronchiques. La constatation de la présence de corps étrangers dans les dernières ramifications bionchiques garde donc toute sa valeur diagnostique, quel que soit l'état du cadavre. 11 en est ainsi lorque des matières fécales remplissent les alvéoles pulmonaires d'individus noyés dans une fosse d'aisances.

Co>rENu sTOMvc\L. — On peut également retrouver dans l'estomac une certaine quantité d'eau introduite par les mouvements de déglutition et tenant en suspension les mêmes corps étrangers. Pareille constatation aurait d'autant plusd'intérét quelesexpériences déjà anciennes d'Orfila ont démontré que l'eau ne pénétre pas dans l'estomac d'un cadavre immergé, comme on s'en rend compte tacilement en additionnant cette eau d'une matière colorante, - Lf.sio>s des .mains. — 1° Si un homme a été noyé vif, écrit Ambroise Paré, il aura l'extrémité des doigts et le front écorchés, en rai.son qu'en mourant il gratte le sable au fond de l'eau, pensant prendre quelque chose pour se .s'auver,et qu'il meurt comme en furie etenrage. Kn réalilé, ces lésions des mains, lorsqu'elle^ sont accom/.agnées d'ecchymose? et qu'elles ne peuvent être rapportées aux violences qui auraient précédé la submersion, sont dues moins aux efforts de conservation qu'aux convulsions qui accompagnent l'asphyxie. Au point de vue Balihazard. — Môd. lég., •'/• édit. 13

médico-légal, elles entraînent la conclusion que l'individu est mort asphyxié et qu'il était par suite vivant au moment de la submersion.

Tels sont les caractères qui permettent, lorsqu'ils existent sur le cadavre, de rapporter la mort à la submersion^ Toutes les autres lésions, ecchymoses sous-pleurales, sulTusions sanguines à la surface de l'estomac et de l'intestin, sont des phénomènes asphyxiques que nous avons déjà décrits dans les autres modes d'asphyxie.

Malheureusement, les signes que nous venons d'indiquer font souvent défaut ou sont masqués par les altérations qu'apporte dans les tissus le développement de la putréfaction. En pareil cas, il faut noter avec soin tous les indices permettant d'établir que des violences ont pu, avant la submersion, entraîner la mort : fractures du crâne, ecchymoses et égratignures sur le cou, suiïusions sanguines dans les tissus profonds, etc. Dans certains cas, on trouve dans la cavité crânienne ou dans le thorax une balle de revolver; il n'en faut pas conclure que l'individu a été assassiné, car des individus résolus au suicide, n'ayant point réussi à se tuer à l'aide d'une arme à feu, se sont ensuite jetés à l'eau. Une autre cause d'erreur dans l'appréciation de ces blessures est relative aux plaies produites au moment de la chute dans l'eau ou après la mort.

Les fractures et les contusions relevées sur les cadavres des noyés peuvent être dues en effet à la chute du corps sur la pile d'un pont, sur le bord d'un bateau ou même, si l'eau est peu profonde, sur les pierres qui garnissent le fond de la rivière. En pareil cas, les lésions sont accompagnées d'épanchements sanguins abondants, dont la putréfaction et le séjour prolongé dans l'eau rendent le diagnostic parfois fort difficile, étant donnée la disparition de l'hémoglobine.

D'autre part, on peut observer des plaies dues au choc du cadavre contre les aspérités qui garnissent le fond de la rivière, des lésions produites dans la Seine par la chaîne de louage, des déchirures de tissus occasionnées par les hélices des bateaux à vapeur. Enfin le cadavre porte parfois des traces de morsures de brochets, d'écrevisses et, s'il n'était pas complètement immergé, de rats d'eau. Toutes ces plaies, sauf les morsures de rats à bords très nets, sont en général irrégulières, à bords déchiquetés et ne s'accompagnent pas d'infiltration sanguine. Mais, lorque le cadavre a séjourné longtemps dans l'eau, les tissus sont partout décolorés, et il devient difficile de dire, dans certains cas, si une plaie a été faite avant ou après la mort.

Cryoscopie. — Comme on l'a pu voir par cet exposé, le diagnostic de la mort par submersion se heurte parfois à des difficultés insurmontables. L'examen cryoscopique du sang peut être, en pareil cas, d'un grand secours.

Pallauf avait monlré que la dilution du sang dans la submersion jteul être appréciée avec plus d'exactitude par le dosage de l'hémo- ,1,'lobine que par la numération des globules rouges. Néanmoins, le procédé qu'il a indiqué n"a pas donné de résultats précis dans ses applications médico-légales.

C'est à Carrara que l'on doit la première étude expérimentale, publiée en 1901, sur la cryoscopie du sang chez les animaux tués par submersion.

Nous rapportons ici les résultats obtenus dans trois expériences fondamenlales.

10 Après avoir prélevé par l'artère fémorale d'un chien une certaine quantité de sang, l'animal est noyé rapidement et laissé un ([uarl d'heure dans l'eau. Le point de congélation du sang avant l'expérience est de — 0°,60. Après la moit.lesang du cû?ur droit congèle à — 0°,42, celui du ca-iir gauche à — 0o,29.

Chez les un maux tués far bubmertion dans Veau douce, le sany présente une concentration moléculaire moindre quà Vél.t normal, et le !-ang du cœur gauche csl notablement plus dilué que celui du cœur droit

2° In chien est sacrifié par submersion dans l'eau de mer congelant à — 2', 18. Avant l'expérience, le sang de l'animal congèle à

— 0^,60; après la mort, à — 1",01 pour le contenu du cœur droit, à

— 1**,23 pour celui du cœur gauche.

Chez ks animaux tués par submersion dans l'eau de mer, le sang présente une concentration mo'éculaire plus élevée qu'à l'état normal, et le sang du i (t-ur gauche est notablement plus concentré que celui du (O'ur droit.

3° Les expériences de contrtjle ont eu pour but de vérifier si les difrérences de concentration moléculaire relevées entre le sang des deux cœurs chez les animaux tués par submersion pouvaient s'observer chez les animaux immergés dans l'eau après la mort.

Un chien tué par piqûre du bulbe est abandonné dans l'eau pendant vingt-quatre heures. Point de congélation du sang avant l'expérience, — 0',60 ; après séjour dans l'eau, le sang congèle pour le cœur gauche à — 0"',68, pour le cœur droit à — 0o,70.

Mêmes résultats chez un chien tué par piqûre du bulbe et maintenu simplement à l'air pendant trois jours. Avant l'expérience : A sa — 0°,8o ; après trois jours pour le sang du cœur gauche, A = — 0«»,72, et pour le sang du cœur droit, A r= — 0°,70.

Chez les animauv qui ont succombe à toute cause autre que la submer^ son, ii.éme lorsque les cadavres ont été immergés dans Ctau, il n'existe pas de différence de concentration moléculaire sensible entre le sang renfermé dans les cavités droite et gauche du cœur.

C'est sur ces expériences, dont les résultats ont été confirmés par Resenstorf et par Stoenesco, que repose le diagnostic cryoscopique lie la mort par submersion.

EN:aminons tout d'abord le cas d'un cadavre qui na séjourné qu'un temps très court dans l'eau douce, quelques heures par exemple, et chez lequel la putréfaction n'a pas encore commencé. Si la cryoscopie indique pour le sang du cœur gauche un point de congélation plus rapproché de zéro que pour le sang du cœur droit, on peut affirmer que l'individu était encore vivant au moment de la submersion dans l'eau douce.

De même, si l'individu est retrouvé en mer et si le sang du cœur gauche est plus concentré que le sang du cœur droit, la mort |)ar submersion est démontrée.

Il ne faut d'ailleurs tenir compte, dans ces appréciations, que des diiïérences dans la température de congélation, qui dépassent plusieurs centièmes de degré et atteignent, par exemple, un dixième de degré.

Voici des laits à lappui des conclusions que nous venons d'exposer:

Chez un homme de soixante-deux ans observé par Stoenesco, noyé dans le ruisseau Dàmbovitza à Bucarest, le sang du cœur gauche congelait à — 0",47, celui du cœur droit à — 0o,64; le corps n'avait séjourné que cinq minutes dans l'eau, et l'autopsie avait été faite douze heures après la mort.

Les résultats fournis par la cryoscopie ne sont exacts qu'autant que l'individu n'a pas survécu quelque temps, une fois retiré de l'eau. En pareil cas, la circulation continuant, l'équilibre se rétablit dans la concentration moléculaire du sang en lous les points de l'organisme.

Une femme qui a tenté de se suicider par submersion est retirée vivante, mais meurt pendant le transport à l'hôpital. Le sang du cœur gauche congèle à — 0°,4G, relui du cœur droit à. — 0o,43.

Le sang du cœur gauche est plus co:icentré que celui du cœur droit chez les individus noyés en mer.

Sabbatini, chez un soldat noyé accidentellement à Cagliari, a trouvé pour la températurede congélation dusang du ca-ur gauche —1°,18, pour celle du cœur droit— 1",04. L'eau de la Méditerranée congèle à — 2<»,18.

Certaines eaux naturelles et certaines eaux de puits doivent être assimilées à l'eau de merjleaude Villacabras, par exemple, congèle à— 20,32. Avanldoncde tirer des conclusions sur les résultats de la

cryoscopic du sang, il est donc nécessaire >le rechercher si la concentralion moléculaire de leau dans laiiuelle l'individu sest noyé est plus élevée ou moindre que celle du sang II suffira, pour cela, de déterminer le point de congélation de cette eau. Si le A ainsi obtenu est compris entre 0° et — Oo,dO, les résultats de la cryoscopie du sang doivent sinterpréter dans le même sens que pour la submersion dans l'eau de rivière. Si, au contraire, le A de l'eau est supérieur à — 0o56, les phénomènes sont de même ordre que ceux observés pour la submersion dans l'eau de mer.

Un jeune garçon de neuf ans, à la suite dune imprudence, tombe dans un puits abandonné, s'y noie et y séjourne quatre jours. Stoonesco trouve — 10,42 pour le A du sany du cœur gauclie et — 10,03 pour colui du sang du cœur droit. Leau du puits était très riche en matières minérales.

Étudions à présent les modifications quela putréfaction faitsubir au point de congélation du sang. Les recherches de Magnanimi ont montré que laconcentration moléculaire augmente progressivement, au moins jusqu'à une certaine limite, à mesure que la putréfaction suit son cours.

Un chien est tué par inhalation de chloroforme. Peu de temps après la mort, le sang congèle à — 0°,64 : vingt-quatre heures plus tard, !e point de congélation est de — 0°,88.

Un chien est étranglé en douze minutes. Sitôt après la mort, le A du sang est de — 0»,7i .vingt-quatre heures plus tard, le A est devenu — i^Oi.

Le sang humain congèle à — 0°,o6. Chez une femme autopsiée cimjuantctrois heures ajirès la mort, le A était de — Oo.ôS ; chez une autre, après soixante-trois heures, on trouvait — 0"»,78 : chez une troisième, après quarante-trois heures, — 0'^,70.

('ette augmentation de la concentra ion moléculaire du sang chez les cadavres résulte tout d'abord de lévaporation de l'eau, surtout marquée dans les tissus superficiels, mais sensible également dans les tissus profonds. L'évaporation est d'autant plus intense que la température extérieure est plus élevée. D'autre pari, la putréfaction a pour effet de dédoubler l^s molécules des substances complexes qui entrent dans la composition du sang en molécules plussimplesef, par suite, d'accroître le nombre de.* molécules en solution dan> l'unité de volume du sing, c'est-à-dire d'augmenter sa concentration moléculaire. Or l'abaissement du point de congélation du sang est proportionnel à sa concentralion moléculaire; le A du sang doit donc s'abaisser au cours de la putréfaction.

C'est pourquoi, dans les applic ^tionsde laciyoscopie au diagnostic de la submersion, nous avons négligé les valeurs absolues du A du

sang et nous avons tenu compte uniquement des différences de concentrat'on moléculaire du sang contenu dans les deux ventricules. Chez les noyés, la putréfaction a pour effet dabaisser le A du sang du cœur gauche et celui du sang du cœur droit, mais la différence qui existe entre eux reste de même sens.

Un homme de quarante ans tombe accidentellement à l'eau et se noie. Il séjourne plusieurs jours dans l'eau, et son cadavre est retrouvé dans un état de putréfaction très avancée; le sang du cœur gauche congèle à — lo,30, celui «lu conir droit à — 1°,72.

La putréfaction ne semble donc pas modifier les con .luiions q le l'on peut tirer de l'examen cryoscopique du sang des n >yé \ Mais, lorsque l'individu a séjourné très lon;'t'^mps dans l'eau, un mois, deuK mois, surtout e.i été, le ca^ur et les gros vaisseaux sont absolument vides de sang. En pareil cas, la cryoscopie est impuissante à fournir des renseignements sur la cause de la mort.

Reste à envisager le cas où la cryoscopie indique des valeurs vois'nes pour le point de congélation du sang des deux v. ntricules. Si l'autopsie a été pratiquée peu de temps après la mort, si la putrélaclion n'est pas commencée, ce résultat conduit à penser que la mort n'est pas la conséquence de la submersion ; pour le moment, et tant que les recherches cryoscopiques n'auront pas été plus nombreuses, il est impossible de donner des conclusionsplus absolues.

Planchton minékal. — Gorin et Stockisont démontré qu'au cours delà submersion des particules soliies du volume d'un globule rouge peuvent passer au travers des parois alvéolaires pendant lagonie et pénétrer dans le sang. 11 était donc logique de rechercher dans le sang prélevé dans le cœur les particules solides que l'eau t'ent toujouis en suspension etqui constituent le planchlonde la rivière.

Si donc on hémolyse une petite quantité de sang prélevé dans le ventricule gauche et mieux encore dans le ventricu'e droit d'un noyé, et que l'on centrifuge la solution obtenue, on trouve dans le dépôt des particules minérales siliceuses, que l'on découvre en examinant au microscope polariseur, entre les n"cols croisés. Ces particules ont des dimensions infér eiires à celles d'un globule rouge, paraissent brillantes dans le champ complètement noir, et résistent à l'action de l'acide ch'orhydrique; elles ont ces formes variables et des angles tan'.ôt aigus, tantôt arrondis. On pourra même comparer la forme deces particules cristallines à celle des éléments minéraux prélevés directement dans la rivière.

On ne retrouverait jamiisle pla'i:hton minéral dansle sang des cadavres immergés. La méthode semble donc donner des résultais

très sûrs ; malheureusement il a été établi par Kiaenckel et Slrassmann que l'acide chlorhyrique renferme toujours des particules de silice, qu'il est impossible de distinguer de celles contenues dans le sang du cœur des noyés, si bien que la méthode n'aurait guère de va'eur, a'nsi que ses auteur- eux-mêmes l'ont déclaré.

La mort est-elle le résultat d'un crime, d'un accident ou d^un suicide? — Le médecin peut fournira la justice des données piécises établissant ([ue l'individu vivait encore au moment de la submersion, et apporter ainsi un argument contre l'hypothèse d'un crime. Mai-, dans les cas où il ne peut prouver que la mort est la conséquence de la submersion, il ne doit pas conclure à la réalité d'un homicide.

En elTet, l'individu qui sejetteàl'eau du haut d'un pont est dans un état de surexcitation nerveuse tel que la chute amène souvent la production d'une syncope. La douleur provoquée par le choc à la surface de l'eau surl'ablomen, par exemple, peut produire le même résultat, a'nsi que le contact de l'eau froide. Dans ces conditions, la mort n'est pas due à la submersion, et les lésions habituelles font défaut; en réalité, l'individu est déjà mort au moment de son immersion dans l'eau, ou au moins il est en état de mort apparente. C'est le noyé blanc dont parlait Pajot, celui c'.iez lequel la syncope suspend les mouvements respiratoires, évitant ainsi la rentrée de l'eau dans les voies aériennes. Ce noyé blanc peutètre rappelé à la vie lorsqu'il a séjourné un temps prolongé dans l'eau, dix minutes par exemple. Au contraire, le noyé bleu, dont le visage est cyanose, celui qui est mort réellement du fait de la submersion, aintioduit de l'eau dans ses alvéoles pulmonaires; alors même qu'il n'est resté que quatre ou cinq minutes dans l'eau, alors même qu'il est retiré encore vivant, la mort survient rapidement, car l'épithélium des alvéoles, gontlé par l'eau ou desquamé, est devenu impropre au rétablissement de la respiration.

La cynose du visage est la règle chez les noyés, la pâleur l'e.xcei)tion, et cette pâleur ^'observe seulement dans les cas où la syncope a précédé la submersion, ou coïncidé avec elle. Le médecin légiste qui, en l'absence de lésions établissant la mort par submersion, déclarerait que l'individu était déjà mort au moment où il est tombé dans l'eau, exprimerait certes la vérité; mais il commettrait une erreur entraînant de graves conséquences s'il niait en pa-eil cas la possibilité d'un î-uicide ou d'un accident.

Pour que l'hypothèse d'un ciime soit justifiée, il faut établir que la mort n'est pas due à la submersion, mais il faulenplus montrer par une exacte interprétation des lésions que des violences, un

empoisonnement capables d'expliquer la mort, sont intervenus avant la submersion.

Pendant combien de temps le cadavre a-t-il séjourné dans l'eau ? — Pour peu que la durée de la submersion ait excédé plusieurs heures, la peau décolorée prend au contact de Pair une coloration brunâtre qui ne tarde pas à passer au vert foncé. Urlila a fait remarquer que cette coloration est le résultat de la formation par oxydation à lair d'un pigment; elle ne se produit pas en effet dans les parties qui ont été à l'abri de l'air, les aisselles par exemple, lorsque les bras sont ppliqués contre le corps. En été, cette coloration se manifeste déjà quelques heures après la sortie du cadavre de l'eau ; en hiver, elle ne se produit qu'après plusieurs jours. La coloration est beaucoup plus marquée au niveau du thorax que sur l'abdomen, ce qui est le contraire de ce qu'on observe sur les cadavres qui n'ont pas été submergés.

Si la coloration verdàlre des téguments ne se produisait pas, on pourrait conclure que le corps n'a séjourné qu'un temps très court dans l'eau.

De même on peut tirer quelques indications de l'usuie deschaussures, d'autant plus accentuée que les frottements sur le fond de la rivière ont été répétés pendant plus longtemps. A ce propos, on doit faire remarquer qu'en général, par suite d'une position différente du centre de gravité du corps, c'est la pointe des souliers qui est usée chez l'homme, alors que c'est le talon chez la femme.

Mais c'est surtout l'état de la putréfaction qui, depuis les recherches de Devergie, fournit le plus de renseignements sur la durée du séjour du cadavre dans l'eau. Aussi est-il nécessaire d'étudier les diverses phases de la putrélaction des cadavres dans l'eau et après leur sortie de l'eau.

Au début, les microbes intestinaux, parleur développementanaérobie, amènent la production d'une grande quantité de gaz, à tel point que la pression inlra-abdominale peut atteindre 2 atmosphères. Pendant lesdeux premiers jours, ces gaz, constitués presque uniquement par de l'acide carbonique, sont incombustibles. Après ce temps, les phénomènes de réduction produits par les anaérobies s'accentuent, et les gaz formés deviennent riches en hydrogène et en carbures d'hydrogène et bi ùient avec une flamme bleue.

Dès le début de la putréfaction gazeuse, les microbes envahissent le sang contenu dans les vaisseaux de l'abdomen et, loisque augmente la pressijon intra-abdominale, sont ref^oulés avec lui vers le thorax, la tète et les membres. Grâce à l'état d'humidité dans lequel sont maintenus les tissus, la diU'usion des germes se fait aisément,

et des gaz se développent en abondance dans toutes les régions de l'organisme. La peau est alors soulevée par les gaz emmagasinés dans le tissu cellulaire sous-jacent, le corps acquiert des dimensions énormes, si bien quil parait à Tétroit dans les vêlements, la lace se boursoufle, les yeux deviennent saillants, les lèvres se renversent.

Plus lard les albuminoïdes des tissus sont eux-mêmes décomposés et remplacés par des matières ;.rasses. Puis, par l'action de l'ammoniaque produite par la putréfaction, ces graisses sont ^apcni/lées, c'est-à-diie dédoublées avec mise en libellé de glycérine et formation d'un savon ammoniacal. C'est à ce mélange que l'on a donné le nom d'adipcc r •, ou de gras de cidavre.

Enlin, dans une troisième phase, en présence des sels calcaires que les eaux de rivière renferment toujours en petite quantité, le savon ammoniacal se transforme en savon calcaire, plus dense, plus compact, plus dur, si bien que les tissus paraissent incrustés de matières minérales 11 est possible, d'ailleurs, que les savons calcaiies eux-mêmes se délruisent, donnant naissance à du carbonate de chaux.

La translormation graisseuse des muscles et la saponilication débutent au niveau du menton, des joues, des aines, des aisselles, et à la pallie anléiieure des cuisses. Elle ne s'observe que chez les noyés qui ont séjourné au moins un mois dans l'eau en été, et deux moisetdemienhiver. Elle neslcomplt te qu'après quatre ou cinq mois.

L'incrustation commence à la parlie antérieure des cuisses au «luatrième mois; son développement est d'ailleurs variable suivant les circonstances.

Pour les submersions peu prolongées, les meilleurs signes sont tirés de l'état de l'épiderme et de ses annexes.

L'eau imbibe et gonfle pro.L'ressivement l'épiderme, qui se ride, devient blanchâtre et se décolle des parties soûs-jacenles. Au bout de vingt-iuatre heures de séjour sous l'eau, en hiver, ces lésions apparaissent déjà au niveau de l'épiderme qui recouvre la pulpe des extrémités digitales. Après deux à (juatre jours, le gonllemeiil s'étend à la i>aume de la main, débutant par léminence théuar, et les jours suivants à toute la maui.

Après deux à trois semaines, l'épiderme se détache de la main comme un gant; les onu'lescuinmencentà se détacher sponUinément ; ceux qui persistent sonl |)eu adliérenls et faciles a arracher. Il en est de même pour les poils et les cheveux. Enfin le cuir chevelu est décollé de la calotte crânienne, qui, aprîs incision des tissus superficiels, apparaît lisse et libre d'adhérences aux couches profondes du cuir chevelu.

Toutefois, dans le diagnostic de la durée du séjour du cadavre dans l'eau, il faut tenir co npte de la température moyenne de leau. Suivant la formule de Devergie, vingt-quatre heures d'eau en été équivalent, au point de vje de l'altération des tissus et du développement de la putréfaction, à huit jours en hivei-.

11 importe donc de ne donner que des indications approximatives sur la durée du séjour dans l'eau. On dira par exemple : « Étant donnés tels et tels signes, il est probable que le corps a séjourné plus de huit jours dans l'eau et moins d'un mois. »

Il est cer ain que le développement de la putréfaction est retardé pendant l'hiver chez les cadavres submergés, accéléré au contraire pen lant l'été. Mais, alors même qu'au moment où on sort le corps de l'eau la putréfaction n'es, pas commencée, elle sétiblit r.'pidement à l'air; il faut donc examiner les cadavres le plus rapidement possible, ou tenir compte du temps écoulé depuis la sortie de l'eau, si 1 on veut éviter des erreurs grossières.

De deux ou plusieurs individus submergés au même moment, quel est celui qui a survécu ? — Cette question est paifois posée aux experts à propos (^es héritages. Lorsque les corps n'ont pas été retrouvés, ainsi qu'il arrive dans les naufrages en mer. le médecin légiste doit s'abstenir absolum n' de toute intervention.

I e Code civil a déterminé, un peuaibitrai ement, i'. est vrai, les présomptions de survie qui permettent aux magistrats de désigner les héritiers.

km . 720 . — Si plusieurs personnes respectivement appelées àla succession lune de l'autre périssent dans un mi^me événement, sans qu'on puisse reconnailre laquelle estdccédée la première, la présomption de survie est déterminée par les circonstances du fait et, à leur défaut, par la force de l'âge ou du sexe.

Art. 721 . — Si ceux (jui ont péri ensemble avaient moins de quinze ans, le plus âgé sera présumé avoir survécu.

Si les uns avaient moins de quinze ans et les autres plus do soixante, les premiers seront présumés avoir survécu.

Art. 722. — Si ceux qui ont péri ensemble avaient quinze ans accomplis et moins de soixante, le mâle est toujours présume avoir survécu, lorsqu'il y a égalité d'âge, ou si la différence n'excède pas une année.

S'ils étaient du même sexe, la présomption de survie qui donne ouverture à la succession dans Tordre de la nature doit être admise ainsi : le plus jeune est présumé avoir survécu.

PêJt-èlre ces dispositions ne sont-elles pas logiques en ce (,iii concerne la submersion pour les personnes au-dessous de quinze

ans, puisque nous savons qu • la résistance à l'asphyxie esl<J"autant plusgran le que l'individu est moins âgé.

Suivit cei tainem'Mit, ou du noins p(jurrait être rappf lé à la vie pendant un temps do submersion plus p olongé, l'individu q ji, au moment delà chute dans rea'i,eslalteintde syncope. Or, si l'autopsie e>t faite dans de bonnes conditions, la cryoscopie permet de dé montrer, en pareil cas que l'eau n'a pas pénétré dans le poumon et n"a pas été absorbée dans le sang. Dans les mêmes circonstances, i ne dil .tion plus grande du sang, s'il s'agit d'eau douce, une concentration plus élevée, au contraire, s'il s'agit d'eau d • mer. p rait en faveur de la sjrvie de l'individu chez qu on lobserve. Encore ces arguments pourront-ils rarement être invoq lés, puisque en général, les cadavres sont déjà putréfiés loisqu'ils sont soumis à l'e.xamen du médecin légiste. C'est dire qu'il est e.\''eptionnel que l'expert découvre ces circonstances de fait prévues par larlicle 720 du Code civil, et soit en mesure d'éviter a i magistrat l'application dts articles suivants : 721, 722

QUATRIEME PARTIK TRAUMATISMES

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