‹ Précis de médecine légaleChapitre 59 sur 185 · I. — CONTUSIONS · texte numérisé non relu

I. — CONTUSIONS

.5 (. — Ecchymoses.

L'extravasation du sang dans les tissus donne naissance à des taches, qui siègent souvent sur la peau et les muqueuses, taches auxquelles on a donné le nom ù'ecchymoses.

Aspect. — Leur coloration, d'abord noirâtre, se modifie à mesure que la matière colorante du sang épanché, l'hémoglobine, subit des altérations régressives, par hydratation et oxydation, et prend successi\ement les teintes violacée, bleue, verte et jaune d© l'hématine, de l'hématoïdine et de ses dérivés, enlin de l-'hydrobilirubine. Cette évolution se produit dans Tespace de douze à quinze jours ; puis la coloration jaune de la tache diminue d'intensité et n'est plus reconnaissable après vingt- cinq jours; d'ailleurs, l'ecchymose se résorbe de la périphérie vers le centre et met d'autant plus de temps à disparaître que la sulFusion sanguine est plus abondante et qu'elle est plus superficielle.

208 TRAUMATISMES.

Lorsque le sang s'est épanché sous les aponévroses, il fuse dans le tissu cellulaTC, et l'ecchymose peut n'apparaître superficiellement qu'à une distance assez grande de la région contusionnée. En pareil cas, les modifications de coloration des téguments ne =e manifestent qu'au hout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures.

L'ecchymose qui siège superficiellement sous les muqueuses, l'ecchymose sous-conjonctivale en particulier, garderait pendant tout le temps de la résorption du sang sa coloration rouge primitive. Pourtant Legludic a constaté la dégradation périphérique et la coloration vert jaunâtre de l'ecchymose.

Quesiions médico-légales. — Quel'e est la cause de l'ecchymose ? Avec quel corps vulnérant a-t-elle été produite ? — La présence des ecchymoses caractérise les contusions du premier degré, dans lesquelles seuls les petits vaisseaux sont rompus; elles prouventqu'un traumatisme estintervenu, consistant en un choc d'un corps dur contre les tissus.

D'après la forme de l'ecchymose, il est souvent possible, au moins dans les premiers jours, de déduire des indications sur la forme et la nature de l'objet contondant.

Un coup porté avec un bâton, une canne, laisse une ecchymose rectiligne plus ou moins large.

La disposition des ecchymoses sur le cou des individus étranglés fournit la preuve de la strangulation à la main, le pouce s'étan trouvé appliqué sur un des côtés du cou et les quatre doigts de l'autre côté. Toutefois, si le blessé survit, le sang épanché tend à diffuser dans les tissus voisins ; les contours de l'ecchymose s'estompent et perdent de leur netteté ; aucune conclusion précise n'est plus possible. D autre part, le corps vulnérant. bien que toutes les parties soient animées de la même vitesse, ne rencontre pas partout, au niveau des tissus, même résistance : les uns, appuyés sur des partes dures comme les os, résistent ; les autres se laissent déprimer. Aussi l'tcchymose ne reproduit-elle pas toujours la forme du corps vulnérant. In coup de poinjr sur la cuisse donne ime ecc'iymose large, accentuée en général au niveau des parties qui ont été choquées par les saillies osseuses des métacarpiens ; le même coup de poing poité au-dessus de l'œil peut donner une ecchvmose allongée, superposée à l'arcade sourcilière et produite par l'attr tion des tissus entre l'os et le poing. Ces considérations obligent donc à quelque prudence dans les conclusions,

L'ecchymose produite par un coup de marteau carré montre Une forme générale carrée, avec renforcement de coloration aux quatre angles. 11 en était ainsi chez une jeune femme, (i. Bichon,

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