MORSURES
prouve que l'érosion a été faite pendant la vie; en son absence, l'exanieu histologique permet souvent de constater au niveau du derme des hémorragies capillaires microscopiques qui ont la même signification.
La présence d'une cioùtelle à la surface de l'érosion, l'afflux des leucocytes dans les mailles du dei me témoignent d'un processus de réparation et prouvent que la lésion exisiait avant .'a mort; l'examen hitologique, lorsqu'il est prati jué dans de bonnes conditions, fixe avec une assez grande précision le temps qui s'est écoulé entre le traumatisme et la mort.
§ 3. — Morsures.
Lesplaiesconlusesproduitts par les morsures présentent quelques caractères particuliers. Les tissus saisis par les dents, comme dans un élau entre les mâchoires serrées, sont parfois arrachés. L'écrasement des tissus prolonds se complique dore d'arrachement et, en paieil cas, l'hémorragie peut être minime.
ir importe d'ailleurs de distinguer les moi-sures failes par les herbivores à dents plates, comme le cheval, de celles des carnivores à canines, comme le chien. Dans le premier cas, les téguments sont parfois respectés, alors mt^me que -ont brisées les parties profondes; dans le second cas, la dent s'implante dans les tissus. Les morsures faites par l'homme présentent à la fois les caractères des morsures par écrasement et par incision.
Les morsures de cheval, de chien donnent souvent lieu à des procès civils, la victime réclamant une indemnité au propriétaire de l'animal. Le médecin expert est alors appelé non seulement à apprécier le dommage causé par la blessure, mais parfois aussi a étab'ir si la plaie observée a pu être produite parTanimalincriminé. Dutoura rapporté l'histoire d'une association de rr:alfaiteur> opér ant à Marseille, qui avaient lait construii'e une mâchoire de cheval avec laquelle ils se faisaient des mor.-ui'es arliticielles; puis, passant dat,s la rue à côté d'un cheval, ils prétendaient avoir été mordus par l'animal et se faisaient allouerune indemnité. La supercherie ne fut découverte qu'apr\s plus.eur.s mois.
Lesaccidentsinectieuxdontles morsures sontsouvent le pointde départ, phlesmons difTjs, septicémie, gangrène, accr-oissent singulièrement la responsabilité du propriétaire de lanimal; [ our les raorsur-es de chiens enragés, il en est de mêm.-, surtout Jorsiioe lindividu mordu contracte la rage.
Il yaquelques années, les souteneurs avaient l'habitude de mordre leurs adversaires soit au nez, soit à loreille, avec une violence telle
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que souvent lextrémité du nez, le lobe deroreille liaient détachés. Da même ils enlevaien aux filles soumises le mamelon d'un coup de dents.
L'examen C()mparali( de la mâ:l.oire et des plaies produites par la morsure rend, dans certain'^ cas, de grands services "i la justice et permet parftisde retrouver un assassin. La veuve Crémieux avait été étranglée par un je ine homme nommé Audisf ère. quelle attirait rtiez elle; or un phnrmrcien du voisinage vint déclarer que, peu de ternis après l'heure présumée ducrim'^. un individu, dont il donnait le signalement, étaif venuchez lui pour faire panser une moisuredu pouce. Aussi Brouar.îel fit-il prendre l'empreinte de la mâchoire de la victime, et, lorsque Audistère fut arrêté en Belgique, il fut aisé d'obtenir la superposition exacte de cette empreinte et des plaies produites par la morsure, épreuve d'autant p'us concluante qu'il manquait un certain nombre de dents à la victime.
S 4. — Plaies par armes à feu.
Etant donnée leur importance médico-légale, les plaies par armes à feu, surtout celles qui sont pr.>duile4 par le'J fusils de chasse et les revolvers, méritent l'être étudiées séparément, bien quelles rentrent dans les plaies contuses. Mais, avant d'aborder cette étude, nous donnerons quelques ren^eign ments indispensables sur les armes, les projectile^, 1^^ puidres employées.
Armes à feu, projectiles, poudres. — Le type des fusils de c/iasse est le fusil Lefaucheux à deux coups, constitué par deux canons acco'és. La percussion est obtenue psr un chien dont la chute brusque enforce dans la cai touche 'cartouche à brocl e) une tige métallique qui vient Irapper sur une capuile de fulminate le mercure; la détonation de cet' e cîpsu'e tnflimme la poudre La charge (st constituée par des gra'DS de plomb dan' le p">ids total par cirto-icheest environ de 30 grammes; la grosseur de chaque grain de plomb est variable suivant la taille du gibier auquel il est destiné, depuis le p'ombn<>0 utilisé pour les gross'es pièces, ch îvr juil, chamois, jusqu'au plomb no !2, qui n"a pas plus de 1 millimèlre de diamètre et que l'on emploie pour tuer les petits oiseaux. 11 existe même d^s numéros au-dessous de 0, désignés par 00, 0 K<, etc. , p'.ombs de plus en plus volumineux, et des chevrotines. Enfin on peut introduire dans la cartorche une balle unique,
A leur sortie du canon, les p'ombs, af^colés les uns aux autres se séparent et suivant chicun untraiet distinct; vionnent-ils à f .apper un^panneau, ils se trouvent répartis à l'intérieur d'un cède dont le
PLAIES PAR ARMIiS A FEU.
diamètre vaiie non seulement avec la dislance qui sépare le paimeau uu lusii, niaisauàsi avec les qualités piopies du fusil.
Jusqu'à la dis'ancc de 35 centime. res, la charge de plomb donne dans le pinneau un orilice unique; on dit (jut; la charge fait balle. Avec le lu^il un [)eu primitif dont nous venons de parler, fusil qui est encore le pins répandu, une caitouclu; de plomb n" 8 renlerme 300 grains iiivirun de 2™"^, 2 di t-iamètre; à la distance de 12 mètres, ces grains se trouvent compris dans un ceicle de 50 à GO centimèlrcs, cest-à-diie que, si le coup était tiré dans le dos d un individu, le.^ plombs se répart. raient dans toute l'étendue de cette région.
Avec les fusils de chasse modernes, à percussion cenliale, qui
Fig. 23. — A, Revolver d'ordonnance d'olficier, modiMe 1892. Barillet basculant; six coups. Calibre S millimètres ; balle bliiiilée à chemise de cuivre. — B, Uevolver Smith et Wesscn, calibre américain .32 (environ 8 niilliinètresi.
utilisent en général la pou Ire dile sans fuméf , la vitesse initiale des plombs est beaucoup plus grande et la poi tée plus considérable. Aussi les plombs se dispersent moins rapidement; le coup peut encore faire balle à la dislance de 1 mètre, et ce n'est qu'à la d stance de 2a mètres que l'on observerait une dispersion des p'ombs sur une étendue comparable à celle que nous avons pr.se comme exemple dans le paragraphe précédent.
Lorsqu'on veut déterminer, d'après l'écartement des blessures produites par les p.ombs, la distance à laquelle un coup de feu a été tiré avec un iu.^il de chasse, il est donc néce:«sair<i de tenir compte de la naluie de 1 arme employée, et mieux encore d- faire des expériences avic la même arme, les mêmes cartouches et le même numéro de plomb.
Les blessures faites avec des revolvers sont beaucoup plus souvent
TRAUMATISMES.
observées en médecine légale que les blessures faites avec des fusils de chasse. Or les modèles de revolvers sont aujourd'hui en nombre considérable, variant avec le fabricant, variant surtout suivant les
Fig. 24, — A. bulldog oi-Jiiiairg. Calibre 320 (8 millimètres). Balle en plomb cylindroogivale, non blindée. Poudre noire. — B, vélo-dog. Calibre .ô""",6. Balle recouverte d'une cliemise de cuivre. Poudre sans fumée.
pays d'origine. Il n'est donc possible de donner sur ces armes et sur leurs projectiles que des indications générales.
II faut jistini^uer tout d'abord les revolvers de grandes dimensions, dont le type est le revolver d'ordonnance, elles revolvers de petit cali-
Fig. -'-i. — Pistolet automatique Browning. — A, petit modèle, calibre 6»", 3.5. — B, grand modèle, calibre 7''"',6.'). — G, chargeur.
hre, qui sonten général desarmesdepoche. Le revolverd'ordonnance, dont sont armés en France les soldats de la cavalerie, a une balle en plomb dont le diamètre est de H™™,7 et qui pèse ller^ôO; les officiers sont pourvus d'une arme plus parfaite, dont le canon est ra^é et dont la balle, d'un diamètre de 8 millimètres, est entourée d'une