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LÉSIONS DES ARTÈRES D'ORIGINE TRAUMATIQUE

affirmer l'origine traumatique de la maladie. On éliminera les perturbations du rythme cardiaque en remarquant que l'arythmie nerveuse est presque tnujours régulière, les (aux pas du cœur se reproduisante intervalles égaux. S'il s'agit d'une véritable myocardite, le pouls est petit, rapide, arythmique, et Tauscultalion révèle un assourdissement des bruits du cœur qui paraissent lointains, voilés. De plus, l'asystolie est menaçante ; les troubles nerveux sont accompagnés presque uniquement «le symptômes neurasthéniques. Pour pouvoir rattacher, sinon avec certitude, au moins avec quelque vraisemblance, la myocardite au traumatisme, il faut que celui-ci ait porté sur la région thoracique, au voisinage du cœur, que la contusion ait été assez violente et ait laissé sur la paroi une ecchymose étendue, enfin que les troubles circulatoires se soient montrés rapidement après l'accident. L'existence d'une attaque antérieure de rhumalisme articulaire aigu, surtout s'il a subsisté depuis quelques symptômes d'insuffisance cardiaque transitoire, dyspnée, œdèmes, oblige à des conclusions prudentes sur l'origine traumatique de l'affection.

§ 2. — Affections vasculaires d'origine traumatique.

A. — Lésions des artères.

Les contusions graves, sans solution de continuité de la peau, peuvent provoquer des altérations des artères. La tunique externe est plus résistante que la tunique moy'enne et surtout que l'interne; aussi est-ce cette dernière qui se déchire le plus souvent lorsque l'artère est violemment comprimée. 11 en est fréquemment ainsi pour la tunique interne des carotides chez les pendus.

On conçoit que la rupture des tuniques interne et moyenne puisse favoriser la production d'un anévrysme disséquant ou d'un anévrysme sacciforme. D'autres fois, elle est suivie d'une inflammation qui entraîne une coagulation de sang, une thrombose de l'artère, avec pour conséquence des troubles trophiques dans les territoires qu'elle irrigue.

Les plaies des artères, outre l'hémorragie immédiate, peuvent être suivies des mêmes complications. Lorsqu'une veine voisine de l'artère est intéressée en même temps quelle par la blessure, on peut assister au développement d'un anévrysme artéiioso-veineux ; cette complication n'était pas rare lorsque la saignée au pli du coude était pratiquée par les empiriques.

Dans toutes ces circonstances, le diagnostic est aisé, et l'origine traumatique des accidents est facile à démontrer.

316 TRAUMATISMES.

Anévrysme aortique. — Il n'en est plus de même pour l'anévrysme de l'aorte, car l'influence du traumatisme ne se fait sentir sur l'artère qiie d'une façon indirecte à travers la paroi Ihoracique, qui reste en général intacte. Les efforts violents et répétés auxquels sont astreints les ouvriers d'un certain nombre de professions, au premier rang desquels il faut placer les joueurs de trompe et les verriers, ont pour effet d'accroître transitoirement la pression artérielle; aussi ont-ils une influence non douteuse sur la production de l'anévrysme de l'aorte. Mais ils ne sauraient à eux seuls engendrer cette grave lésion, si la tunicjue de l'aorte n'était préalablement altérée par Taorlite chronique (il s'agirait en tout cas de maladie professionnelle et non d'accident du travail, hormis le cas où l'effort serait tout à fait anormal). Lors [ue le traumatisme s'accompagne de fractures de côtes, on peut encore démontrer que l'anévrysrne est en rapport avec l'accident d'après le sièire même des fractures, les fractures ayant directement produit l'attrition de l'aorte. Mais, lors lue le trauma a frappé le thorax sans déterminer d'altérations de la paroi, surtout lorsque le choc a frappé une région éloignée (la nuque dans une observation de Dullocq), il devient plus difficile d'admettre l'origine traumatique de l'anévrysme. Bien qu'au moment de l'accident le blessé ait éprouvé une douleur violente dans la région rétro-sternale, on devra presque toujours suspecter l'existence antérieure d'un anévrysme latent, révélé par le traumatisme.

Ruptures de l'aorte. — Un de nos élèves, Martin (1), a réuni 123 observations de ruptures de l'aorte sans plaie pénétrante.

Dans un certain nombre de cas (21), les ruptures de l'aorle paraissent avoir été produites par des traumatismes portant sur le thorax et la colonne vertébrale ou par des chutes sur les pieds ou sur le tronc. Dans ces cas, là rupture s'explique par une contraction musculaire, s'opposant au cours normal du sang et augmentant la pression sanguine dans l'aorte. Mais, dans la majorité des cas, les ruptures de l'aorte sont spontanées (103), ou plutôt on ne trouve pas à leur origine un traumatisme violent; souvent on note un effort ou une autre cause capable d'élever brusquement la tension artérielle (émotion, discussion, repas, rire, etc.).

Rencontrées 11 fois de treize à vingt-cinq ans, les -ruptures de l'aorte atteignent le maximum de fréquence entre trente-cinq et soixante-dix ans 92).

Leur siège est vaiiable: 89 fois la rupture se trouvait à la naissance de l'aorte, à moins de Sc^ijO de l'insertion des valvules; 5 fois

(1) .Makti.n. Les ruptures traumatiques de Taorte, Thèse de Paris, 1905.

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