A. ETATS D'IMPUISSANCE PHYSIQUE
Ils peuvent être accidentels, naturels, artificiels, pathologiques, (Thoinot).
1° Etals d'impuissance accidentels. — Il n'est pas douteux qu'une femme puisse se trouver accidentellement placée dans une position telle qu'il lui soit impossible d'opposer aucune résistance au coït. Les auteurs, et en particulier Brouardel, rapportent quelques exemples de cet état d'impuissance. L'enquête seule peut alors résoudre le problème.
2° Etats d'impuissance naturels. — Ils ont surtout trait au sommeil naturel.
Le viol est-il possible pendant le sommeil naturel? Il importe de distinguer ici, le cas de la fille vierge et celui de la fille pu femme déflorée. .Chez la première, nous répondons catégoriquement, non, à cause de la résistance sinon de la douleur, qu'opposent toujours «vu premier coït, les voies génitales vierges; chez la seconde, il convient ide ne pas se montrer aussi affirmatif, car le cas suivant rapporté par Taylor, démontre que la femme habituée au coït, mais fatiguée et lourdement endormie, peut subir un rapport sexuel et ne s'éveiller qu'après coup: "Une aubergiste, après avoir travaillé toute la journée, s'endort profondément sur son lit, toute habillée. An milieu de la nuit, elle s'éveille subitement et voit son palefrenier descendre du lit.
Comme le fait remarquer Brouardel, il est légitime de penser que le sommeil naturel était ici quelque peu alourdi par l'intoxication alcoolique.
3° Etats d'impuissance artificiels. — Us sont fournis par les anesthésiques, les narcotiques et l'hypnotisme.
Il est évident qu'une personne ayant consenti à se laisser anesthésier, par exemple, pour fins d'opération, puisse alors qu'elle est sons cette influence, être l'objet d'un viol; mais l'anesthésie violente, c'est-à-dire par surprise, n'est guère admissible, étant donné que. l'inconscience ne survient qu'après de multiples aspirations. Quant à faire passer une personne du sommeil naturel au sommeil anesthé-
Bique, des on1 démontré que la chose est pi
itole, surtoul lorsque celui qui ad mi nul nesthésique est un
homme de l'art, qui, par conséquent, *ai1 s'entourer de bon caiii ions aécessai nés.
Il est .1 propos de rappeler ici que le sommeil ehloroform donne fréquemmeni lieu à des rêves erotiques qui peuvent mettre en danger la réputation du médecin, si par hasard Bail d<' formuler des accusations.
Le viol sou- l'jmfluence d'une forte dose d'un narcotique tes possible, de même que pendant l'ivresse alcoolique; mais il faut n'accepter qu'avec la plus grande réserve, les assertions bonnes qui prétendenl avoir été endormies brusquement par l'action d'une substance narcotique et avoir été violées ensuite.
L'hypnose où le sommeil provoqué par l'hypnotisme coin: •au moins trois- phases classiques: la léthargie, la bai et fe som-
nambulisme.
Dams la léthargie, le sujet est dans un état qui ressemble à celui du sommeil normal. Les yeux sont fermés, les membres en résolution musculaire, la respiration et le pouls ralentis. Mais la moindre excitation (lumière brusque, bruit soudain) peut faire entrer le sujet dans la phase cataleptique, c'est-à-dire dans cet état où un ou plusieurs groupes de muscles volontaires n'étant plus soumis à l'action de la volonté, prennent des positions bizarres et parfois fatigantes.
Le somnambulisme s'obtient par un commandement impératif de dormir ou bien par des frictions du vertex chez les léthargiques. L'anesthésie est généralement complète.
Dans la première phase (léthargique), il y a abolition complète de l'intelligence, de sorte que le viol est possible; dans la seconde phase et surtout dans la dernière, le sujet est très suggestible, mais conscient de sorte qu'il n'obéirait qu'aux suggestions qui lui sont agréables. On ne connaît jusqu'ici que quelques cas de viol dans lesquels les pratiques hypnotiques ont été invoquées.
4° Etais d'impuissance pathologiques. — Ces états sont aussi nombreux que variés, mais il convient de mentionner spécialement les états paralytiques ; les états comateux et en particulier le coma épileptique; les états syncopaux ou d'inhibition passagère.