ATTOUCHEMENTS IMPUDIQUES
Ils sont exercés par des individus du même sexe que la victime *ou d'un sexe différent. Les victimes sont le /plus souvent des enfants de l'un ou de l'autre sexe.
Dans l'attentat à la pudeur sur les petits garçons, les auteurs sont quelquefois des hommes, (instituteurs) plus souvent des femmes (institutrices, domestiques)' et les attouchements auxquels ils se livrent, consistent soit dans la masturbation, soit dans la succion du pénis; plus rarement il arrive que la femme introduise dans son vagin la verge de l'enfant.
Il est rare que la* victime porte le moindre signe révélateur de l'attentat; si ce n'est dans le cas où il y a eu transmission d'une affection vénérienne. Tardieu a insisté sur l'état de fatigue générale (face pale, yeux cernés, peau chaude et sèche) et sur le développement anormal des parties sexuelles (pénis long et demi-turgescent) ; mais ces signes n'ont, à vrai dire, aucune valeur.
'L'attentât 'à la (pudeur sur les petites filles estr relativement fréquent. Les auteurs sont très rarement des femmes, mais (plutôt des hommes et surtout des vieillards.
Chez ces derniers, l'affaiblissement intellectuel (démence sénile) 'et la promiscuité joueraient un grand rôle dans la production de ces crimes.
Les attouchements se 'pratiquent, soit avec la verge, soit avec les doigts, soit à l'aide de corps étrangers. La verge n'est ipae introduite dans le vagin, mais entre les cuisses soit par devant, soit par derrière: c'est le coït périnéaï oii externe.
Les doigts sont assez rarement introduits profondément dans les voies génitales; plus souvent le criminel exerce des frictions externes (masturbation).
Le but de L'opérateur en introduisant des corps étrangers dans les parties sexuelles de l'enfant, est presque toujours de dilater la vulve en vue d'un coit ultêrieiur, à moins qu'il soit poussé par un instinct sadique.
Pour la facilité de !a description, on peut distinguer l'attentat aigu et l'attentat chronique, suivant que les attouchements ont été exercés une fois, voire même un certain nombre de fois dans un intervalle de temps relativement court, ou suivant qu'ils constituent une habitude.
Signes de VaÙe'ntat aigu. — 11 est à peine besoin de mentionner
que les signée de l'attentai aigu manquenl le plus souvent chez 1\
femme adulte : ajoutons qu il- n'<
fille. Parfois L'attentai s pu la isser des I
ries au moment de l'examen médical.
Les Bigne* qui peuvent être renconl i lire
au niveau des parties génitales, ou à distant
Les signes à distance consietenl dans des traumatisme* teli ecchymo îoriatio .. en somn le lutte de la i ctimfl
contre Bon agresseur; plus rarement, il- consietenl dan plus étendues ou plu -, destinées par L'auteur soil vic-
time (témoin), Boit à satisfaire sa passion sadiq
Les signes locaui sont: Les traumatismes de la région génitale, la vulvite, La contamination vénérienne, la pré - erme - ir les
parties sexuelles ou sur Les vêtements de La Victime.
Les traumatismes de ta région génitale cons linairement
dans des blessures légères: ecchymoses, érosions, coups d'ongle, etc., situées sur l'hymen ou sur Les autres parties de la vulve; plus rare* ment la brutalité du criminel va jusqu'à déchirer l'hymen, la vulve, etc., avec ses doigts ou avec un corps étranger.
La vulvite, exceptionnelle chez la fille nubile ou la au contraire, de règle chez la petite fille, à la suite d'un attentat aigu à la pudeur. Elle est d'autant plus fréquente que la victime es! plus jeune, à cause de l'irritabilité (particulière de la muqueuse vjlvaire chez l'enfant.
Elle constitue un signe important mais difficile d'interprétation. Pans les cas bénins, elle se manifeste seulement par de la rougeur et de la douleur; ce dernier symptôme est généralement celui qui donne l'éveil aux parents, soit que l'enfant présente alors une démar ciale, soit qu'il porte souvent ses mains à la vulve pour se gratter.
A un degré plus intense, l'inflammation de la vulve se manî en plus, par de la tuméfaction des grandes lèvres, par un écoulement d'abord blanc ou séreux, puis jaune-verdâtre et crémeux. L'écoulement purulent empèse le linge et répand une odeur fétide. Il n'est pas rare qu'un tel écoulement produise de petites ulcérations de la muqueuse, en même temjps que de l'adénite inguinale.
La vulvite ou vulvo-vaç-inite débute d'ordinaire dans les deux ou trois premiers jours qui suivent l'attentat. Son intensité varie avec la violence des [manoeuvres et avec la prédisposition particulière de l'enfant à la maladie.
La rougeur et la douleur, lorsqu'elles existent seules, disparaissent après trois ou quatre jours, sous des soins appropriés; mais dans les cas de vulvite intense, la guérison n'est souvent pas obtenue avant une couple de semaines et plus.
On se rappellera que la vulvo- vaginite peut avoir d'autres origines que l'attentat, notamment le mauvais hygiène, l'onanisme, (
La contamination vénérienne : blénnorrhagie, syphilis, chantres mous, a surtout lieu par la verge; cependant, dans le cas particulier de la blénnorrhagie, les occasions de contamination sont trèsfréquentes en dehors de l'attentat. Elle est surtout due à l'usage intime ou simplement au contact d'objets infectés par une mère, une soeur, etc.
Il n'y a (pas de doute que la présence de la blénnorrhagie à la fois •chez la victime et chez l'inculpé doive constituer un élément fort utile à la solution du (problème, mais non pas une preuve absolue; car l'infection à la fois chez les deux sujets peut n'être qu'une simple coïncidence.
La contamination syphilitique (chancre induré) a une valeur plus grande comme signe de l'attentat, parce qu'elle nécessite d'ordinaire le contact de la verge infectée par une lésion primitive ou secondaire.
La contamination chaiicrelleuse constitue une rareté chez la petite fille, probablement pareequ'elle exige un contact direct.
iLe diagnostic des diverses affections vénériennes ne saurait être "porté sans l'aide du microscope.
Signes de l'attentat chronique. — Les attouchements répétés et habituels ne s'accompagnent généralement d'aucune violence extragénitale, l'auteur accomplissant son oeuvre tranquillement et progressivement. Mais ils peuvent amener des modifications permanentes des voies génitales, qui sont : la dilation de l'orifice hyménéal, plus rarement' la défloration; le déplissement et partant l'élargissement du vagin; l'augmentation de volume du clitoris avec état congestif habituel du capuchon et érectilité facile; enfin l'état flétri des parties génitales et notamment des petites lèvres.
On se rappellera que ces mêmes signes se rencontrent aussi dans Î& masturbation solitaire.