B) MODIFICATIONS DES POUMONS
Les modifications des poumons sont 'produites par l'introduction d< l'air et par l'établissement de la petite circulation du sang; elles portent sur le volume, la forme, la couleur, l'état de la surface et la stiUcture histologique, la consistance et la densité des poumons.
Le volume des poumons qui ont respiré est d'autant plus augmenté que la respiration a été plus complète. Ils emplissent la cage tliOracique et cachent en partie le coeur. Les noumons foetaux, au f'ontraire, sont petits et blottis dans la gouttière costo-vertébrale.
La forme des poumons qui ont respiré est celle d'un cône tronqué avec des bords arrondis; celle des poumons foetaux est aplatie avec des bords inférieur et antérieur, minces et tranchants,
La couleur des 'poumons, encore à l'état foetal, dépend "seulement de la quantité de sang qu'ils contiennent. Aussi les véritables poumons de foetus, n'étant pas riches en sang, sont pâles; tandis que les poumons foetaux ayant subi un commencement d'asphyxie — ce qui fst la règle dans la [pratique médico-ilégale — sont plus riches en sang et par conséquent plus foncés. Avec la respiration, la couleur des poumons passe au rouge clair; niais cette teinte n'est jamais uniforme: elle présente des taches d'un rouge pâle à côté de taches d'un
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rouge vermeil ou foncé, ce qui donne à V t marb
caractéristique,
La surface des poumons non pénétrés par l'air est I l'on
aperçoit à peine les Lignes celluleuseï qui séparent Les lobules pulmonaires. Sur une coupe histologique, le t lobules sont serrés les ans contre les autre* et les vésicules à peins (; sont remplies ; ' ri r des cellules épithéliales. Après }'»'•:. la respiration la surface des pounn lobules et autour des lobules se voient <\<>> Lignes uoirâtres constituées par le« auj pulmonaires remplis de sang. Déjà à l'oeil nu, mais mieux au mi cope ou à la loup;', on peu! voir brès-distinctemenl la multitud petites vésicules brillantes qui ne sont autr •• que es hh pulmonaires remplies d'air.
La consistance du tissu pulmonaire esi comme charnue, quand il n'a pas été pénétré par l'air; le poumon est mou, spongieux et : < . îant après rétablissement de la respiration. A la coupe, le poumon qui a respiré donne issue à urne certaine quantité de sang mêl
belles d'air.
La densité ou poids spécifique des poumons constitue une épreuve à la fois simple et d'une grande valeur diagnostique. Le poumon c.ni ne contient pas d'air est plus dense que l'eau, celui au contraire (,1'i contient de l'air est plus léger que l'eau et par conséquent nage; il surnage d'autant plus facilement que la respiration a été plus complète. Cette épreuve porte le nom de doeimasie pulmonaire hydrostatique et se pratique de la façon suivante:
Après avoir ouvert le thorax et avoir incisé la peau et les musides du cou, on enlève en une seule masse tous les organes cervicaux et thoraciques : langue, oesophage, trachée, coeur, poumons et thymus. La masse soutenue par la langue, afin d'empêcher l'eau de pénétrer dans la trachée, est alors plongée dans un bassin d'eau suffisamment large et profond, où on note comment elle se comporte. Les poumons sont ensuite détachés et soumis séparément à la même épreuve ; enfin chaque poumon est divisé en une infinité de petits fragments et comprimé sous l'eau avec les doigt-.
Les résultats de cette opération doivent être interprétés de la façon suivante:
Si les poumons sont bien aérés, la masse surnage franchement de ♦même que les fragments de tissu pulmonaire, avant et après compression; si les poumons ne sont pas aérés, ils gagnent rapidement le fond du récipient, et ainsi font les fragments: si enfin les poum< incomplètement aérés, ils peuvent s'enfoncer lentement ou rester entre deux eaux suivant que l'aération est plus ou moins accentuée; mais le nombre des fragments qui surnagent, nous donne la mesure de cette aération partielle.
La compression sous l'eau de fragments pulmonaires aérés a pour
effet de dégager de fines bulles d'air qui viennent sourdre à la surface. Il est à noter que cette compression, si énergique soit-elle, ne peut jamais expulser complètement Pair contenu dans les fragments bien aérés, si bien que ceux-ci surnagent après L'écrasement comme avant. Au contraire, ., les fragments peu acres vont au fond de l'eau .après écrasement.