CAUSES D'ERREUR DE LA DOCIMASIE PULMONAIRE
La docimasie pulmonaire hydrostatique esi sujette à certaines -Causes d'erreur en général faciles à éviter. Ce sont:
1° Insufflation. — On sait que l'insufflation est pratiquée dans h but de rappeler à la vie des eu l'a ni s venus au monde en état de mort apparente. Elle se l'ait, soit de bouche à bouche, soit avec un tube; et l'air pénètre en même temps dians les poumons et dans l'estomac, quoique davantage dans ce dernier organe.
Cet apport artificiel d'air dans les poumons semble donc être, au premier abord, une cause d'erreur importante: en réalité, il n'en est rien, une telle pratique indiquant en règle générale, l'intervention d'une autre personne qui alors, devient témoin; et il est absurde de soutenir qu'une mère qui veut se débarrasser de son enfant, fasse d'abord des tentatives d'insufflation.
Dans le cas cependant où l'expert aurait à distinguer entre des poumons insufflés et des poumons -ayant respiré, il pourra presque toujours résoudre le problème à l'aide ^\o> caractères suivants: dilatation très-incomplète des poumons insufflés à côté d'un canal gastrointestinal gonflé d'air; absence de sang dans Le poumon insufflé par suite du non établissement de la circulation et, pour la même raison,
,ce des marbrures; enfin présence de plaques d'emphysème dues à la violence de l'insufflation.
2° Putréfaction. — Elle n'est à prendre en considération que ue les poumons .sont putréfiés, ce qui a lieu en général assez
tardivement, et plus tardivement encore lorsque les poumons sont
vides d'air.
La putréfaction se manifeste d'abord dans ces organes par un changement de coloration et à ce stade, la valeur de' la docimasie hydrostatique n'est aucunement modifiée; plus tard apparaissent, tant à la surface qu'à l'intérieur même du tissu pulmonaire,, de nombreuses bulles gazeuses, fines d'abord mais qui se réunissent au bout d'un temps variable, en bulles volumineuses, c'est le stade gazeux de la putréfaction, lequel se développe aussi bien, — quoique plus tardivement et moins abondamment — clans le poumon foetal que ''ans le poumon ayant respiré. A ce stade, Le poumon foetal peut surnager; mais comme les bulles sont en général beaucoup moins nombreuses que dans le poumon ayant respiré, on peut d'ordinaire par piqûres et par
pression légère entre lei doigta, du tissu pulmonaire, les faire paraître; et, après ce traitement, le poumon n'aiment îo le fond de l'eau, tandis que le poumon qui a respiré surns
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plus aucune indication à tirer de la docimasie pulmonaire hydrostatique.
3° Congélation, — Les poumons congelée peuvent surnager, que vides d'air, pendant quelques instante; il- gagnent le fond 'lès qu'ils ont atteint la température de l'eau. La compression d< ments sous l'eau montre qu'il n'existe aucun dégagement d'air.
4° Conservation dans Vacool. — Un court -éjour dans l'alcool peut faire surnager pendant quelques instants le poumon, foetal; mais un long séjour dans le même milieu macère le poumon aéré et finit par lui faire gagner le fond du vase.
5° Action de la chaleur. — Les poumons, qui ont subi l'action de la chaleur, soit sèche (exposition à la flamme), soit humide (coction dans l'eau bouillante), ne surnagent pas parce que l'air en est chassé.
6° Altérations pathologiques. — Des parties plus ou moins considérables des poumons peuvent gagner le fond de l'eau par suite d'altérations pathologiques telles que, la pneumonie blanche syphilitique, l'hémorrhagie en foyer, etc.
Objections apportées à la docimasie pulmonaire. — On peut admettre que la docimasie pulmonaire hydrostatique — ses causes d'erreur étant écartées — fait la /preuve de la présence ou de l'absence d'air inspiré dans les poumons. Cependant on a justement soulevé touchant l'interprétation de ses résultats, un certain nombre d'objections dont la connaissance s'impose :
Première objection. — Une docimasie négative n'indique nullement que l'enfant n'a pas vécu extra-utérinement. Nous avons en effet, exposé ci-dessus que la vie extra-utérine sans respiration est parfaitement possible, fréquente même, et susceptible de se prolonger pendant une heure et plus.
Deuxième objection. — L'enfant peut avoir respiré sans que ses ■poumons gardent trace de cette respiration. Les causes qui vident les poumons, de l'air qu'ils contiennent, sont :
1° La putréfaction au stade de collapsus;
2° La chaleur sèche ou humide et surtout l'air chaud se dégageant d'un foyer d'incendie;
3° Le séjour prolongé dans l'eau courante;
4° L'atélectasie secondaire ou retour à l'état foetal de poumons ayant indubitablement respiré. Il s'agit souvent d'enfants ayant vécu
plusieurs heures ou plus d'un jour, en manifestant la vie par des mouvements, des vagissements et même des cris.
'Ce phénomène d'atélectasie secondaire a lieu surtout chez les en^ f ants débiles ou prématurés, et s'explique de la 'façon suivante : L'enfant respirant fortement d'abord, mais de plus en plus faiblement ensuite, rejetterait à chaque expiration une quantité d'air plus grande que celle apportée par chaque inspiration, en sorte que cette respi^ ration décroissante finirait, avec l'aide de l'absorption circulatoire, par épuiser l'air contenu dans les poumons.
Troisième objection. — L'enfant peut avoir respiré dans l'utérus, par conséquent avant sa sortie complète du sein de la mère. C'est là un fait sûrement exceptionnel, mais parfaitement établi par plusieurs observations; son intérêt médico-légal est cependant médiocre à cause même des conditions nécessaires à sa production : il faut d'abord que les membranes soient rompues, que l'enfant se présente par la tête ou mieux par la face, que le travail soit long et difficile de manière à déterminer par l'asphyxie un déclanehement respiratoire; enfin, condition absolue, l'air ne peut être introduit dans l'utérus que grâce à des manoeuvres obstétricales (touchers répétés, application d'instruments, etc.), qui excluent l'accouchement clandestin.
c) MODIFICATIONS DU TUBE GASTRO-INTESTINAL.
L'enfant en respirant avale de l'air et la pression du diaphragme sur l'intestin détermine l'évacuation d'une certaine quantité de mé^ conium. L'introduction d'air dans l'estomac et l'intestin et l'évacua^ tion du méconium sont donc les modifications qu'il s'agit d'étudier.
Bien qu'on sache qu'à la naissance le méconium soit près de l'anus, et qu'il en sorte d'ordinaire aux premiers cris de l'enfant, il est cer-^ tain que son évacuation peut, soit précéder la naissance, surtout lorsqi e le travail est difficile, soit retarder beaucoup après l'accouche^ ment.
Les mêmes remarques s'appliquent à l'évacuation de l'urine.
La présence d'air dans le tube digestif a un plus grand intérêt médico-légal. L'opération qui atteste ce fait porte le nom de docimasie gastro-intestinale ou épreuve de Breslau (1865) et sa technique est la suivante : On place une ligature au bas de l'oesophage, puis une autre près de l'anus; la masse enlevée tout d'une pièce est ensuite plongée dans l'eau. Il se produit alors l'une des trois choses suivantes: le tout surnage, le tout plonge, l'estomac surnage mais non l'intestin. 'C'est que l'air arrive d'abord dans l'estomac, entraîné par les mouvements de déglutition que provoque la respiration ; il remplit graduellement cette cavité et passe ensuite dans l'intestin.
Il n'est pas douteux que cet air puisse être introduit par insuf^ flation, mais la même remarque s'applique ici comme à l'insuffla^
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dit, exigent, pour se produire, des mana uant
l'accoucheinenl clandestin ainsi que l'infanticide.
En sommi . -causes d'erreur et objection étant i
les résultats de la docimasie gastro-intestinale, coi peuvent être interprétés de la façon suivanl
1° La présence d'air dans le tuibe digestif indique que l'enfant a respiré extra-utérinement et ce, même en l'absence d'air dans les poumons.
2° L'absence d'air dans le tube digestif indique que l'enfant n'a pas avalé d'air, mais n'indique pas qu'il n'a p »iré.
3° Plus l'air a pénétré abondamment, et profondément dans le tube gastro-intestinal, plus la durée de la respiration a été longue.
Nous reviendrons sur cette dernière application de la docimasie gastro-intestinale, à propos de l'appréciation de la survie de l'enfant.
cl) PB EU 1 rES 0 ( VA STONNEL L 1.
II est inutile d'insister sur la preuve fournie par la présence de matières alimentaires dans le tube digestif, de même que sur la présence clans les voies aériennes profondes de corps étrangers, autres cependant que le méconiuni et la matière sébacée.
La présence de violences ayant un caractère vital et n'ayant pu être faites qu'après la sortie de l'enfant du sein de la mère, est une autre preuve occasionnelle de la vie extra-utérine, même en l'absence d'air dans les poumons.
ARTICLE III