‹ Précis de médecine légaleChapitre 154 sur 273 · I. MORT DURANT LA GROSSESSE · texte numérisé non relu

I. MORT DURANT LA GROSSESSE

Les causes capables d'amener la mort de l'enfant dans le sein de la mère, agissent à n'importe quel moment de la grossesse. Ces causes proviennent surtout des maladies de la mère, mais aussi de celles de l'enfant; elles consistent, en outre, dans des traumatismes ou des violences, subis par la mère : traumatismes généraux, telle une chute; violences atteignant le foetus à travers la paroi abdominale, tel un coup de pied sur le bas-ventre ; enfin violences directes par le vagin.

S'il importe à l'expert de connaître l'existence .de ces causes, il lui importe surtout de connaître les modifications subies par le cadavre avant son expulsion, en d'autres termes, les signes caractéristiques du mort-né. On sait en effet, que le diagnostic du mort-né fait tomber l'accusation d'infanticide.

Les foetus morts pendant la grossesse et surtout ceux dont la mort ne résulte pas de traumatismes violents, sont' rarement expulsés immédiatement, mais plutôt après une période de temps qui peut être de quelques heures, de quelques jours et même de plusieurs semaines. Les modifications qu'ils subissent alors dans l'utérus, diffèrent suivant l'époque de la grossesse. Avant trois mois, a lieu la dissolution de l'embryon; du troisième au cinquième mois, la momification; enfin de là au terme de la grossesse, la macération.

'Comme ce n'est que dans la seconde moitié de la grossesse que le foetus atteint un développement suffisant pour naître vivant et que, par conséquent, se pose la question d'infanticide, ce n'est que durant cette période que les caractères du mort-né offrent un intérêt médico-légal.

La macération du foetus est facile à reconnaître. Elle commence d'ordinaire à s'accuser dès le troisième jour après la mort et s'accentue dans les jours suivants. Il serait dangereux cependant de vouloir trop préciser d'après les caractères de la macération, la durée du séjour intra-utérin du foetus depuis la mort. Notons cependant que la putréfaction ne fait disparaître ces caractères que très-lentement.

Le petit cadavre macéré présente l'aspect suivant: La peau est rouge ainsi que tous les tissus, notamment le cartilage; l'épi derme est soule\;é par des phlyctènes ou détaché par morceaux; le corps entier est mou et s'affaisse de lui-même; le ventre est flasque et ressemble à celui d'un bactracien; la tête est aplatie et: les os chevauchent les uns sur les autres; la bosse séro-sanguine est très volumineuse; les articulations sont mobiles dans tous les sens comme ceux d'un polichinelle; les viscères et notamment le cerveau sont rou^eâtres; les séreuses contiennent un peu de tmns-udat; le cordon ombilical est tuméfié.

Page 1