A.— LA PHOTOGRAPHIE D'UN CADAVRE
La photographie est utile à l'identification des vivants et det cadavres; mais comme les criminels sont pratiquement les seuls vivants pour lesquels la question d'identification se pose, la photographie chez eux sera traitée au chapitre destiné spécialement' aux méthodes modernes d'identification des criminels.
Pour ce qui a trait au cadavre, la photographie est d'un concours utile sinon indispensable. Prise sur le lieu du crime, la photographie métrique donne à la Cour et aux jurés, une idée aussi parfaite que possible de la position du cadavre, de la condition dans laquelle peuvent être ses habits après une lutte, enfin de la nature et de la position relative des objets qui s'y trouvent.
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Pour ce qui est de la photographie des blessures que peut porter e cadavre, comme pour celle devani servir .1 son identification, il y s généralement avantage à ce qn'el es soient prises dam un endroit plue approprié.
Une photographie ne peut être vraiment utile a L'identification d'un cadavre qu'à la condition de reconstituer au moyen d'artifices )cs traits du visage, et de lui rendre en quelque sorte ion • on.
On arrive plus ou moins à ce résultai en procédant de la façon suivante: Les paupières doivent être tenues ouvert» >ur cela, on
le? fixe au moyen d'épingles que Ton enfonce dans les tissus près de l'oeil, et de manière à ce qu'elles n'apparaissent pas. Souvent on obtient le même résultat en déposant- sur Les muqueuses de l'oeil, une solution concentrée de sulfate d'alumine. Des compresses imbibées d'une solution de glycérine à 20% et placées sur la cornée, ont pour effet de donner à celle-ei un certain brillant. Au besoin, des injections de paraffine faites avec une seringue de Pravas très fine, dans la chambre postérieure de l'oeil, lui rendent son volume primitif. Si toutefois l'affaissement des globes oculaires était trop prononcé, on pourrait leur substituer une paire d'yeux artificiels.
La bouche ne doit pas être tenue fermée par un lien extérieur; le mieux est de faire un trou à travers les mâchoires et de les retenir par un fil. Les lèvres, toujours desséchées, sont humectées avec un peu de glycérine. Le visage est massé avec de la vaseline et poudré abondamment. Le nez est soutenu au moyen de tampons de coton hydrophile; tandis qu'un peu de carmin donne l'impression d'une circulation active.
Il vaut mieux habiller le cadavre avant de le photographier, parce qu'ainsi l'apparence est mieux réalisée.
Lorsque le cadavre est putréfié, on a en plus à lutter contre le gonflement dû aux gaz et contre la coloration verte des téguments.
On sait que les noyés entre autres, ont la figure très boursoufflée, au point que souvent les parents eux-mêmes ne reconnaissent plus leurs enfants autrement que par leurs vêtements.
Il faut faire diparaître le boursoufflement par des incisions dans la bouche et au niveau du cuir chevelu. 'Si l'autopsie peut être faite auparavant, on vide la tête de son contenu et on la soumet à un courant d'eau.
La teinte verte due à un sulfo-hémoglobine, disparaît très bien au contact, soit d'eau chlorée, soit d'une solution de chlorure de zinc, soit de bichlorure de mercure, pendant 24 heures.
La meilleure position à donner au cadavre sur la photographie <*st naturellement la position verticale; cel)e-ci peut être obtenue facilement en prenant la photographie de haut en bas. Dans le cas où l'on croit devoir mettre le cadavre lui-même en position verticale, il
est préférable d'attendre le tassement des chairs avant de photographier; ce tassement prend environ un quart d'heure.
Comme toutes les photographies judiciaires, celles du cadavre doivent être métriques, c'est-à-dire qu'elles doivent à une distance donnée, reproduire les proportions normales ou permettre de les calcnler facilement.
Comme nous le verrons plus tard à propos de l'identification des vivants, la photographie du cadavre doit être prise de face et de profil. La photographie de face est ici la plus précieuse, parce qu'elle provoque plus facilement chez, le peuple, la reconnaissance du sujet. Y est évident que l'on peut mettre le témoin lui-même en face du cadavre -dont l'apparence a été ainsi refaite.