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TRACE 8 LAISSEES PAR LE CRIMINEL SUR LE LIEU DU CRIME

La recherche et par suite l'arrestation d'un criminel peuvent s'opérer de trois manières : Premièrement par dénonciation, c'est-àdire par quelqu'un qui le connaît et qui par conséquent peut en donner un signalement précis; deuxièmement par les témoignages de personnes auxquelles le 'malfaiteur est inconnu, mais qui Font vu -soit dans le voisinage, soit sur le lieu même, avant, pendant, ou après la perpétration du crime; enfin la troisième manière, la plus intéressante pour le médecin légiste, est celle qui s'appuie sur l'analyse des indices du passage du criminel sur le lieu du crime.

>On comprend que ces indices sont aussi nombreux que variés, et qu'il est impossible de les mentionner tous; les plus importants se trouvent décrits dans l'ensemble de cette troisième section qui a pour objet l'identification, et dont le présent et dernier article est exclusivement consacré aux empreintes.

a)' Empreintes palmaires. — Les empreintes palmaires sont visibles ou invisibles suivant la substance avec laquelle elles ont été faites. Les empreintes visibles sont faites de sang, de boue, d'encre, de suie, de peinture, etc. ; les empreintes invisibles mais révélahles sont faites de matière grasse provenant de la sueur et déposée sur les objets par les crêtes papillaires.

On trouvera exposés, dans les articles précédents, les procédés servant à nous faire connaître la nature même de la substance dont est formée l'empreinte; nous nous bornerons ici, à l'étude du dessin de l'empreinte qui est en quelque sorte la signature du criminel.

Les empreintes visibles rencontrées sur les linges, les vêtements, les draps, etc., sont plutôt difficiles à déterminer. iSur le corps de la victime, se rencontrent surtout des empreintes sanglantes qui sont le plus souvent incomplètes et difficiles à lire ; elles siègent au cou dans les cas de strangulation ; sur le menton, autour de la bouche, à la face interne des cuisses, etc., dans les cas de viol et d'attentat à la pudeur.

Sur les vitres, les verres, les bouteilles, les objets en porcelaine, les objets vernis, les miroirs, de même que sur un papier quelconque, les empreintes visibles sont en général très nettes, parce que ces objets offrent une surface lisse et claire. On recommande d'examiner le rebord inférieur des tables que ceux qui ont intérêt à cacher le crime n'auront pas pensé de laver. Une empreinte visible incomplète pourra souvent être complétée par la révélation de la partie invisible.

Les empreintes invisibles se produisent, comme les précédentes,

avec d'autant plu- de facilité et de oetteté que Le* objet* offrent une surface plus lisse; aussi nous les retrouverons surtout, sur le verre (glace, vitrée, bouteilles, etc.), ed sur les objeti

II convient de remarquer que cette moiteur pro-

duction des empreintes digitales, se trouve parfaitement chez Les criminels, par le tait de L'émotion qu'il* éprouvent au hum du crime.

Pour étudier une empreinte visible, <»u en t'ait d'abord une photographie agrandie, en utilisant au besoin, suivant la coloration 'le l'objet >ur lequel elle repose, dea filtres différents.

•Les empreintes invisibles peuvent souvent être photographia directement sans même être révélées; on conseille cependant de (es révéleT d'abord par les procédés ci-après mentionnés, qui diffèrent suivant, la nature dos objets:

Il/empreinte reposant sur un papier blanc peut être ba née avec de l'encre noire d'abord, passée ensuite à ' ourante,

puis séchée; elle devient visible par transparence.

Sur les papiers colorés et sur les papiers épais, on emploie de préférence une solution de nitrate d'argent à 8J$ : l'empreinte toutefois ne persiste pas longtemps à moins d'être fixée par l'hyposulphite de soude.

'Lorsqu'il faut rechercher plusieurs empreintes sur du papier, le professeur Ilans G ress emploie un fer à repasser chaud et les empreintes apparaissent alors avec une teinte de rouille.

Suivant la coloration du fond sur lequel se trouve l'empreinte, on peut encore employer, soit une poudre noire comme le graphite, soit une poudre rouge comme le carmin.

On trouve souvent des empreintes digitales sur les verres dont se sont servis les criminels pour s'enivrer avant la perpétration du crime; elles sont alors assez nettes, parce que d'abord la surface se prête bien et qu'ensuite, lorsqu'on saisit quelque chose de fragile, on le saisit d'une main ferme. Sur le verre, les révélateurs sont encore, soit la solution alcoolique que l'on applique sous une douce chaleur, après fixation par le liquide de Muller ou le sublimé iodé; soit le rouge Soudan no. III qui est un colorant spécial de la graisse mais qu'il convient d'employer ici en solution alcoolique à 70%

En pratique, que l'empreinte soit sur verre, sur métal vernis, sur papier, etc., le procédé le plus rapide consiste à projeter une poudre dont la couleur est différente du fond sur lequel repose l'empreinte, et à 'faire de celle-ci des photographies agrandies. Les empreintes visibles elles-mêmes peuvent être traitées de cette manière avant la photographie.

Les empreintes qui se trouvent sur des objets transportables, doivent être examinées au laboratoire. Lorsque l'objet ne peut être transporte, on prend sur place une photographie de l'empreinte

que l'on agrandit ensuite et que Ton compare à l'empreinte prise sur la «main de l'inculpé. (Si celui-ci est un récidiviste, il sera souvent possible là l'aide de l'empreinte trouvée, de retracer sa fiche signalétique au bureau central d'identification.

Les signes qui permettent de reconnaître deux empreintes identiques sont très nombreux. Parmi les principaux, se trouvent les cicatrices qui sont toujours d'une grande valeur, le nombre des lignes du delta au coeur, le dédoublement de ces lignes, leur bifurcation, la présence ou l'absence de delta, la direction des lignes à droite ou à gauche de l'observateur, etc. ; enfin deux empreintes identiques doivent se superposer absolument.

b) Empreintes plantaires. — (Les empreintes laissées par le pied nu sur un :parquet sont faites de sang, de houe, etc. Elles peuvent être renforcées au besoin avant de les photographier et de les comparer avec celles de l'inculpé.

Les éléments d'identité sont fournis par des marques telles que, les durillons, les gros plis que forme toujours la surface plantaire, la longueur, la largeur, la cambrure (pied plat) et autres particularités de l'empreinte plantaire.

Nous nous rappellerons que la longueur du pied, la hauteur d'une empreinte sur le mur, la longueur du pas, etc., sont autant d'éléments susceptibles de nous aider à déterminer la taille, sans compter la présence possible d'une partie de vêtement dont on pourra déduire à la fois la taille et la corpulence.

L'empreinte faite lorsque la personne est debout ou qu'elle marche lentement, donne la longueur normale du pied. Lorsque la personne marche vite, la largeur de l'empreinte augmente de même que la longueur comprise entre le pli et le bout de l'orteil, si elle court et plus vite elle court, plus l'empreinte est marquée par la seule partie antérieure du pied.

L'empreinte s'élargit déjà dans la marche, mais elle augmente si la personne porte un fardeau sur ses épaules. Lorsque l'empreinte est faite par un pied chaussé, elle laisse voir parfois, suffiamment de détails pour permettre l'identité de la chaussure : c'est la présence des clous et leur disposition ; c'est la forme générale de la chaussure, sa longueur, sa largeur et certaines particularités dues à l'usure, qui, comme on sait, n'est pas la même chez tous. D'après la longueur de la chaussure, il est possible de calculer la longueur du pied.

Dans la marche normale, nous faisons un angle plus ou moins ouvert par rapport à la ligne droite. (Cet angle est plus ouvert chez l'homme que chez la femme, il l'est en outre d'autant plus que la personne est chargée d'un poids plus lourd.

Le pas est la distance qui sépare les talons du même pied, il est de lui 50 chez l'homme et de lm chez la ifemme.

Le boîterie -<• montre dans L'empreinte ticulieri; on remarque, par exemple, on p irt (>t on pa /. puis dans la claudication, il y a en outre un pied qui forme un angle j> ouveri que l'autre. Lorsque l'individu porte une de celle-ci se trouve vie-à rie du pied gauche.

Lorsque les mm ces de pas sont gra , le

gable, la neige, etc., comme elles Boni très vaudra mieux

en prendre une photographie avanl d'en faire le moula.

Eongilon conseille pour le moulage, la méth< qui

parait applicable à tous les milieux dans lesquels l'empreinte peut trouver, excepté dans la neige. Elle consiste à chauffer jus< température d'au moins 2$0° F., au moyen d'une la : benzii

le sol où se trouve l'empreinte et d'appliquer ensuite sur celle-ci de la paraffine eu poudre; après refroidissemnt, la paraffine < sert à son tour à recevoir le plâtre de Paris. En I n em-

ploie au lieu de la paraffine, une solution alcoolique de gomme laque dont on enduit l'empreinte à l'aide d'un pinceau très doux. Après une vingtaine de minutes, la gomme est durcie -ans l'aide de la chaleur et permet de procéder au moulage.

Celui-ci se fait au moyen du plâtre de Paris que l'on emploie à la consistance d'une crème douce. A l'aide d'une cuiller à pot, on remplit rapidement la cavité de cette crème, au milieu de laquelle on a soin de placer de petits morceaux de bois afin de lui donner plus de fermeté. 'Après une demi-heure, le plâtre est en général suffisamment sec pour être enlevé et nettoyé -de la terre qu'il contient. Ce nettoyage se fait au moyen d'un jet d'eau.

Plus l'empreinte est dans un milieu mou (fumier, sable, gravier). plus la gomme laque doit être concentrée et plus elle doit être appliquée avec douceur.

Dans la neige, on obtient de bons moulages en saupoudrant le plâtre à travers un linge et en ajoutant continuellement de la neige ai lieu de l'eau. Hongilon conseille dans le même cas, de saupoudrer (l'abord l'empreinte avec du sel ordinaire, ce qui a pour effet d'abaisser la température d'une quinzaine de degrés, et de faire ensuite un négatif au moyen de gélatine fondue.

De tout ce qui précède, il résulte que le lieu du crime doit être l'objet d'une investigation patiente et raisonnée. parce que toujours le criminel laisse de son passage, des traces quelconques, mais inestimables pour celui qui sait les reconnaître et les apprécier.

(L'expert devra donc se hâter vers le lieu du crime de peur que 1« ■ policiers ou des personnes quelconque.-, ne fassent disparaître des indices aussi précieux.

Les policiers ont l'habitude de tout bouleverser à leur arrivée, alors qu'ils ne devraient toucher qu'avec respect et gantés, tout objet avec lequel le criminel a pu venir en contact. Ils devraient ai-

(1er à la recherche de ces empreintes qui peuvent faire croire à des complices. Lorsqu'une empreinte se trouve sur un objet transportable, celui-ci doit être apporté au laboratoire; dans le cas contraire, il faut en prendre la photographie puis en faire un relevé sur place. Si elle se trouve dans un endroit où elle risque de se détruire, il faut la couvrir, par exemple, avec une toile -cirée ou une boîte si elle est au dehors, avec un simple carton collé, si elle est à l'intérieur de la maison.

c) Empreintes dentaires. — On peut rencontrer des empreintes dentaires soit sur la victime, soit sur le malfaiteur.

Sur ce dernier, elles constituent d'abord un signe de lutte, puis, souvent aussi, une marque accusatrice de la part de la victime.

Sur la première, elles sont faites par le malfaiteur qui y a eu recours, soit pour se défendre, soit, 'plus souvent, pour satisfaire un instinct sadique. Elles siègent surtout sur les organes génitaux et notamment sur les seins, où il est parfois possible d'en faire un relevé pouvant servir à l'identification de l'auteur.

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