ECRITS
Les expertises en écriture ont lieu dans des circonstances trè3 diverses : c'est d'une part, à l'occasion d'une ordonnance fabriquée par une personne pour empoisonner un rival, d'une lettre anonyme contenant des menaces de mort, d'un faux en écriture, etc. ; c'est tantôt, en vue de connaître l'état mental d'une personne donnée et en {particulier, de savoir si oui ou non elle a pu écrire tel document (lettre, contrat, testament, etc.) ; c'est enfin, dans le but de reconstituer des documents brûlés (billets de banque, obligations, etc.)'; ou de révéler les empreintes invisibles d'écrits faits à l'encre ou au crayon, mais dont l'original a été détruit.
Pour identifier un individu avec son écriture, il faut étudie* celle-ci au point de vue du fond, ce qui n'est évidemment possible
que dans le cas où Ton dispose d'au moins quelques phrases, au point de vue de la forme et parfois au point de nie de la composition de l'encre employée; en d'autres termes, il faut étudier l'écriture au triple point de vue psychique, physiologique et chimique.
'Les aliénistes savent que quelques-uns de leurs malades écrivent beaucoup, ce sont les délirants persécutés actifs', les persécutés persécuteurs et les maniaques, en général les excités; d'autres au contraire écrivent peu, et leurs écrits n'expriment que l'humilité, la tristesse, l'infortune, la crainte de l'avenir, etc., ce sont les déprimés et surtout les mélancoliques.
Les maniaques expriment plutôt la joie dans leurs 'écrits; leurs lettres sont faites avec une telle rapidité qu'elles sont à peine formées et le ton général est souvent ordurier. •
Les mélancoliques ont une écriture en caractères très petits.
Les délirants persécutés, eux, réclament, revendiquent, menacent; et la teinte de leur délire (grandeur, mysticisme, etc.), perce toujours dans leurs écrits.
Les déments ont des écrits plus ou moins incohérents suivant le stade de la maladie; en outre, leur amnésie fait qu'ils passent des lettres et parfois des mots ou qu'ils répètent les mêmes. Les écrits du paralytique général, entre autres, sont typiques à ce point de vue.
Quant à l'étude des caractères physiques de l'écriture, c'est-à-dire du trait de plume, la méthode actuelle consiste à rapprocher les mots semblables ou lekS1 parties semblables d'un même mot, 'provenant des deux écrits à comparer; on en fait ensuite une photographie agrandie dans laquelle apparaissent les moindres détails.
Le chimiste peut être appelé à établir la similitude de l'encre qui a servi à écrire un document donné, avec celle trouvée en possession de la personne soupçonnée; il est en outre le seul compétent pour démontrer que sous telle rature se cache un faux, en révélant les caractères effacés à dessein.
Il devra d'abord noter la texture du papier, là savoir si celui-ci, est glacé ou non, puis il étudiera les caractères de la rature, notant en particulier, si le papier est à ce niveau, moins ou plus absorbant qu'à côté et si, sur cette rature, on a appliqué un mucilage ou une résine quelconque afin de redonner au papier son lustre.
On se rappellera qu'un mueillage se dissout dans l'eau, est précipité par l'alcool et se colore en bleu par l'iode ; tandis qu'une résine est dissoute par l'alcool et précipitée par l'eau.
Les restes de fer que contient toute encre noire, sont mis en évidence par le ferrocyanure de potasse. A-t-on employé un acide quelconque pour faire disparaître l'écriture, le papier tournesol nous indiquera ce fait, cependant que l'addition d'ammoniaque fera réapparaître l'écriture.
L'encre noire employée pour donner une impression <l<- L'écriture sur une seconde feuil e de para» r, a la même coi L'encre
ordinaire, excepté qu'elle contient une plus forte proportion de mucilage.
L'acide oxalique, Le chlore, L'acide ohlorhydriqtu nt l'en-
cre ordinaire mais dod l'encre de Ghine.
Les encrée indélébiles, dont l'encre de Chine, sont A baae de noir de fumée.
Les encres sympathiques qui sont à base de chlorure de cuivre,
ou à base d'acétate, nitrate ou sulphate de cobalt, ne lai --eut pas de traces colorées sur le papier, mais leur empreinte est rendue visible par l'application de la chaleur. Le même résultat s'obtient en lavant avec une solution d'acide tannique, des caractères faits au moyen d'une solution de sulfate de fer.
L'encre d'imprimerie est épaisse et grasse, parce qu'elle contient une forte proportion d'huile de lin mélangée, soit à du noir de fumée, soit à du vermillon (Hgs), suivant sa couleur.
Pour recueillir et reconstituer des documents brûlés mais dont l'écriture est encore visible sur le papier recoquillé, on saisit de la main droite une plaque de verre plus grande que le document, et, tandis que de la main gauche on fait à l'aide d'un carton, de petits mouvements pour déplacer l'air et avec lui le document, on introduit rapidement sous celui-ci la plaque de verre; on l'humecte ensuite à l'aide d'un vaporisateur et on l'étalé au moyen de deux pinceaux doux ; on le recouvre enfin d'une seconde plaque de verre et on en prend la photographie.
Les empreintes invisibles d'images ou de caractères faits à l'enert d'imprimerie sur une feuille opposée, peuvent être révélées soit par la photographie, soit simplement en passant sur la feuille un fer à repasser chaud. Par exemple, si dans un carnet, une page a été arrachée parce qu'elle contenait un écrit compromettant, c'est sur la page d'en face qu'il faudra révéler celui-ci; si l'écrit a été fait au. crayon, c'est au contraire sur la feuille d'en-dessous qu'il faudra révéler l'empreinte invisible déterminée par la pression du crayon.
La photographie permettra souvent de découvrir sur une lettre anonyme les empreintes digitales de celui qui en est l'auteur ; elle sera aussi parfois d'un réel secours dans les cas où des mots, des lettres ou des chiffres, ont été effacés par le grattage dans le but de fausser un document, de majorer un chèque, etc.
Les rayons X permettent de lire une lettre à travers son enveloppe, même quand celle-ci est à parois opaques.
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