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EPOQUE DE LA MORT

Jusqu'à l'apparition de la putréfaction, les éléments sur lesquels tm s'appuie pour déterminer la date de La mort, sont tirés des phénomènes cadavériques et de l'état de digestion des aliments contenus dans 1 estomac.

iCe dernier mo}*en donne des indications fort peu précises, parce que d'une part, le pouvoir digestif des individus et la digestibilité des divers aliments sont très- variables ; d'autre part, parce qu'il est bien établi que les phénomènes digestifs se continuent après la mort et d'autant plus longtemps que la température du cadavre demeure suffisamment élevée; toutefois, si l'estomac contient des aliments peu digérés et partant reconnaissables, il est raisonnable d'admettre que h mort a suivi de près le dernier repas dont l'heure a pu être fixée par l'enquête; si au contraire, l'estomac est vide d'aliments ou que ceux-ci sont réduits en bouillie, on peut croire à un délai plus long entre la mort et le dernier repas.

Pour ce qui est des phénomènes cadavériques, nous avons déjà Doté qu'ils étaient susceptibles de varier tant clans leur manifestation que clans leur durée, suivant une foule de circonstances; aussi est-il nécessaire d'apporter une grande réserve en évaluant par ce moyen l'époque de la mort.

Dans les conditions ordinaires cependant, on peut affirmer que la mort est tout à fait récente lorsque le cadavre est encore chaud, qu'il n'y a ni lividités, ni rigidité cadavérique. Si la chaleur ne se manifeste plu? au toucher et' que la rigidité est dans la phase d'augmentation, la mort remonte à plusieurs heures probablement à moins d'un jour. Si le cadavre est froid et absolument rigide, ou si la rigidité a commencé à disparaître, la mort remonte à deux, trois ou même quatre jours. Si enfin la rigidité est disparue et que la tache "•'erte de l'abdomen n'est pas encore visible, la mort date de 3 à 4 jo vrs.

Lorsque la putréfaction rarmencéé, la diff le fixei

date de l.i iii-.it augmente encore e1 d'autant plus qu

m est plus avam ée, Le in<3 tir.' de la putréfaction dara l'air: de 3 ■ 5 jours, ap >aritioi lâche verte dans la fo i iaque Iroite, son ine gi i

partie de l'abdomen, gonflemenl des parties géni.1 à LO jours, distension considérable de l'abdomen i l'œil ; de i 1 à 20 jours, formation de ph] rieurs au uiveau de la peau, boursoufflemenl de toul le ration verl foncé étendu îrra-

chent facilement.

Lorsqu'un cadav] resté à l'air ou bii inhumé â une

faible profondeur dans la terre, on peut parfois arriver à fixer d'une manière approximative, l'époque de la mort, même des années, grâce à l'étu - qui \ I en ai ; mi-

crobes dans la destruction des cadavn

I fes m- ctes d'espèces un peu diffère] ■ limai

des mouches e1 des vers. Qs constituent un nombre

couades qui, poussées par des besoins différents, apparaissent chacune ù son heure, mais laissent cependant après elli eur pas-

sage sous forme de larves, de pupes, et

C'est à un savant Français du nom de Méguin (189)-) que nous devons cette application de l'entomologie à la médecine légale et voici d'après cet auteur, la date d'apparition et l'ordre d< travailleurs de la mort.

Lorsque le cadavre est encore frais, - - diptèn

sectes à deux ailes) du nom de musea dômestica ou mouche domestique, de cyrtoneura stabulans ou mouche à abdomen vert des étapes (qui généralement dépose ses oeufs sur le fumier), de calliphora vomitoria ou mouche bleue, qui viennent d'abord d - • oeufs

au niveau des orifices naturels.

Ces œufs deviennent, après huit jours environ, des larves ou asticots qui à leur tour passent par l'état de nymphe ou chrysalide, avant de devenir adultes; de sorte que si, sur un cadavre, on ne trouve ni œufs, ni larves, ni nymphes, ni pupes ou coques, on est en droit de conclure que la mort est survenue pendant les temps froids, c'est-àdire, quand les mouches n'existaient pas. Si, au contraire, on trouve qu'il existe des œufs, des larves ou des nymphes, comme l'évolution de ceux-ci se fait dans un temps déterminé, on peut déduire que la mort a eu lieu au commencement ou à la fin de la saison chaude.

Lorsque la putréfaction commence, ce sont encore d'autres diptères : Lucilia cœsar ou mouche dorée vulgaire et sarcophaga ou mouche grise à viande, qui apparaissent. Cette dernière étant vivipare et non pas ovovivipare, dépose des larves toute formées de sorte que son évolution est rapide. Ils s'attaquent aux muscles et aux ma-

tières albuminoïdes, tandis que les graisses restent et se transforment en adipocire ou gras de cadavre.

Mais alors, c'est-à-dire vers le troisième mois, apparaît une autre sorte d'insectes, les coléoptères (de koléos: étui et ptéron : aile, i.e. qu'ils ont deux paires d'ailes dont une sert à voler et l'autre plus dure sert d'étui aux premières) du genre dermestes, et des lépidoptères du genre aglossa, qui dévorent les graisses et disparaissent avec ■elles.

La substance semi-caséeuse qui persiste encore chez le cadavre, appelle la pyophila casei ou petite mouche noire, luisante qui fréquente les habitations et s'attaque au fromage, en particulier au roquefort, eï les corynètes ou petits insectes bleu-acier qui sortent des parquets ?H printemps. Cette escouade arrive vers le quatrième mois et avant le départ des précédentes auxquelles elle fait la chasse.

Lorsque la fermentation ammonicale se développe et que la substance cadavérique devient noire et liquide, apparaît la cinquième escouade qui dure de quatre à huit mois. Les insectes qui la composent, appartiennent les uns à la classe 'des diptères, les autres à celle des coléoptères, en particulier les nécrophores ainsi nommés, parce qu'ils vivent sur les charognes sur lesquelles ils déposent leurs oeufs.

La sixième escouade des travailleurs de la mort est constituée par des vers qui apparaissent au moment de la dessiccation, i.e. du 6 nu 12ème mois, et dont les principaux sont les uropodes (de oura: queue et podos: pied) et les tyroglyphes ou acariens à 8 pattes, vivant sur les vieux fromages.

Lorsque la dessiccation du cadavre est complète, la septième escouade composée encore d'acariens, vient s'attaquer aux débris. L'anfiirenus moseorum, cette plaie des musées au printemps, est le plus important.

Enfin la huitième escouade qui apparaît après trois ans, vient détruire tout ce qui reste : débris de tissu, nymphes, larves, etc., de sorte qu'il ne se trouve plus rien pour faire des recherches.

'Sur les sept expertises dont Mr. Méguin a été chargé, il ne s'est jas trompé de plus de quinze jours. >

Il faut bien se rappeler toutefois que, pour que ces divers insectes se succèdent ainsi à des époques déterminées, le cadavre doit rester exposé & l'air.

Dans le cas d'un noyé, par exemple, les insectes n'apparaissent pour pondre leurs oeufs sur le cadavre qu'au moment où le gonflement des gaz le ramène à la surface.

De même si le cadavre a été enterré, ou s'il a été déposé dans vue bière hermétiquement fermée, les mouches ne peuvent y arriver, mais il suffit d'une exposition de deux heures à l'air pour que les mouches viennent y déposer leurs œufs.

ARTK LE V

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