‹ Précis de médecine légaleChapitre 30 sur 273 · I. EXAMEN EXTERIEUR · texte numérisé non relu

I. EXAMEN EXTERIEUR

Cet examen comprend, une série de constatations qui peuvent varier d'importance selon les cas, mais qui, autant que possible, doivent être décrites dans l'ordre suivant: *

1° Identité. Lorsque le cadavre est inconnu, le médecin doit rechercher et mentionner tous les signes susceptibles d'apporter quelque éclaircissement au problème: âge, taille, sexe, marques particulières, etc. (voir section III) ; si, au contraire, le cadavre est reconnu, le médecin est encore tenu de fournir suffisamment do signes pour ne laisser subsister aucun doute que son examen a porté sur tel cadavre et non sur tel autre. Il notera successivement l'âge apparent, le sexe, le poids moyen, la taille exacte, la couleur des cheveux, la présence ou l'absence de barbe, l'état des dents, la couleur des yeux, quelques n arques particulières, etc; il ne faut jamais manquer de noter en plus l'état de vigueur ou de marasme, d'amaigrissement ou d'embonpoint du cadavre, à cause dos multiples questions auxquelles peut être appelé à répondre l'expert, touchant la résistance probable de la victime dans la lutte.

2° Etat de conservation du cadavre. Il est dans l'intérêt du médecin de bien renseigner le magistrat touchant les conditions de conservation ou de putréfaction dans lès-quelles se trouvait le cadavre au moment de l'examen, sans compter que la description des phénomènes cadavériques est indispensable à la détermination de la date Cte la mort et de la 'position occupée par le cadavre après la mort. La présence ou l'absence, ainsi que le degré de la rigidité, seront notés au cou, au maxillaire inférieur et aux membres. La position, la

couleur et retendue des lividités cadavériques doivent aussi être décrites par l'expert qui veillera à ne pas les confondre avec les ecchymoses. Enfin le degré de putréfaction doit être indiqué par les principaux signes.

3° Position du cadavre. Le médecin doit apporter une attention particulière à la position occupée par le corps, surtout lorsqu'il «oupçonne qu'un crime a été commis. Il notera le désordre dans les vêtements; la situation relative des divers objets et en particulier celle de l'arme trouvée près du corps; Les indices de la présence d'une ou de plusieurs personnes au moment -de la mort ou peu de temps après; les restes de poison; les traces de vomissements; les taches de sang, de boue,' d'acides, etc.

La disposition et les caractères particuliers de ces taches doivent être décrits avec soin et les objets sur lesquels celles-ci reposent, doivent être conservés pour être soumis à l'analyste.

4° Marques extérieures de violence. Elles doivent être recherchées avec beaucoup de soin sur le corps dépouillé de ses vêtements; l'examen doit porter successivement sur la face antérieure et sur la face postérieure du corps. Il sera bon de palper le crâne, le thorax et les membres pour découvrir l'existence de fractures, d'explorer les orifices naturels et en particulier les parties génitales chez la femme; enfin toutes les traces de violence (plaies quelconques, contusions, érosions, ecchymoses, etc.) doivent être décrites avec soin et appréciées quant à la nature de l'arme qui a pu les produire.

La situation de ces plaies doit être indiquée ipar rapport aux points osseux voisins et leur mensuration se fait d'une façon trèsprécise au moyen du compas.

Nous conseillons lorsque ces plaies sont multiples, d'en faire un schéma que l'on consulte toujours avec fruit au moment du procès.

Le médecin pourra souvent déduire des circonstances de la mort et de l'examen extérieur du cadavre, que la cause cle la mort est naturelle; mais d'un autre côté, il se rappellera qu'il n'est pas tenu de désigner cette cause dans tous les cas. Son devoir consiste à rechercher les indices de mort violente ou suspecte; lorsqu'il n'en trouve pas, il se borne a déclarer le fait au Coroner qui au besoin autorise l'autopsie.

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