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II. AUTOPSIE MEDICO-LEGALE

L'autopsie nécessitée par les besoins cle la justice criminelle, est 1 actuellement faite en collaboration par deux médecins que désigne le Coroner du District. Il serait désirable cependant qu'une aussi importante opération ne fut confiée qu'à des médecins possédant des connaissances étendues en anatomie pathologique.

L'autopsie médico-légale comprend deux parties: l'examen exté-

rieur du c&da^ re | que l'on i rouvi cèdent ) ••( l'examen Interne dn cor]

Rappelons d'abord quelques poi] aux d'une m-

portance: dans chaque cas, tous les or loivent Être examin<

avec soin même, lorsque La cause de la mort apparaît d'uj infeste dans l'un d'eux, la naison étant que l'expert ne aail jami questions ue lui seronl pas posées en rapport a • minés; tout liquide, soit inflammatoire (séréui fibrineux, puru-

lent, etc | soil hémorrhagique, soit de trau mtenu dan

cavité quelconque doit être examiné quant â sa uature et mee in-

terne it ; mute lésion pathologique importante devra être d . p-

préciée quant à sa nature exacte; les pli métrantes doi

examinées au point de vue kle leur direction et de leur profondeur i disséquant successivement les coin lie- trave

L'ouverture du cadavre se fait' habituellement en premier lien vis à vis de la cavité (crâne, thorax, abdomen ) ou l'on >uppose devoir trouver la cause de la mort; toutefois en l'absence d'indi «s tel- que, plaies et autres circonstances, il y a avantage à procéder de la façon vivante:

1° On fait d'abord une longue incision sur la ligne méVliane depuis le menton jusqu'au pubis; on ouvre ensuite l'abdomen de bas en haut avec une paire de ciseaux à pointes mdusses; la peau et les muscles au niveau du thorax sont disséqués à grands traits et reje* au dehors, de façon à mettre à nu le sternum et la plus grande partie des côtes; on termine par une exploration rapide des organes abdominaux en place.

2° Cavité thoracique. A l'aide du eostotome, on sectionne les côtes aussi loin que possible de leur insertion sternale; on désarticule les clavicules en évitant de blesser les gros vaisseaux qui se trouvent immédiatement au-dessous d'elles; enfin on saisit de la main gauche l'extrémité inférieure du plastron et, tout en le soulevant, on le dégage complètement à l'aide du bistouri, de ses insertions musculaires.

On a alors sous les yeux les organes thoraciques que l'on explore d'abord en place en même temps que les cavités pleurales et péricardique; on note leur position, leur adhérence aux séreuses, la présence d'épanchement ou de transsudat que l'on a soin de recueillir et de mesurer.

Les organes sont ensuite enlevés dans l'ordre suivant et examinés immédiatement :

Le péricarde étant ouvert de la pointe au cul de sac aortique, le cœur est relevé de façon que son pédicule, constitué par les gros vaisseaux, soit tendu et sectionné aussi loin que possible de la base ou cœur. Avant d'ouvrir ce dernier, on explore les orifices avec le doigt ou par l'épreuve de l'eau; les diverses cavités ouvertes, on examine l'endocarde, l'état des valvules, l'état du muscle cardiaque lui-

même (hypertrophie, amincissement, dégénérescence et surcharge graisseuses), enfin l'état de l'aorte à sa naissance et des artères coror. aires ( obstruction ) .

Dans deux circonstances, il y a avantage à ouvrir le coeur en place, c'est-à-dire avant de couper son pédicule : premièrement, lorsqu'on soupçonne une embolie pulmonaire; deuxièmement, lorsqu'on désire, comme dans les cas de submersion, se rendre compte de la quantité et de l'état (coagulation, fluidité, dilution) du sang dans chacune des cavités. Le même but peut être atteint cependant en ligaturant préalablement à la section, chacun des gros troncs vasculaires.

Les poumons sont enlevés immédiatement après le coeur; s'il existe des adhérences récentes, elles sont détachées avec la main, si an contraire les adhérences sont anciennes et étendues, on enlève en bloc poumon et plèvre.

Dans le cas où l'on soupçonne une embolie pulmonaire, il vaut mieux ouvrir les poumons en place, en suivant les ramifications de l'artère pulmonaire; dans tous les autres cas, l'examen de ces organes est plus facile après leur extraction. On examine leur coloration ; on note la présence de vésicules emphysémateuses, d'ecchymoses, etc; la cbction nous fait découvrir les foyers de ramollissement, les foyers hémorrhagiques ou inflammatoires. Les bronches sont ouvertes au moyen du bistouri boutonné afin d'y constater la présence de corps étrangers, de pus, etc.

Dans les cas de submersion, il y a avantage à ouvrir sur place les bronches et la trachée, avant l'extraction des poumons; la raison étant que toute pression exercée sur ceux-ci peut faire refluer vers ces conduits, de l'écume qui ne s'y trouvait pas. L'ouverture se fait cle bas en haut, sur la ligne médiane antérieure.

3° Cavité abdominale. On enlève d'abord la rate; on se débarrasse du tablier épiploïque et on procède immédiatement à l'ablation eu foie. Celui-ci est pesé, sectionné, etc. L'estomac sera enlevé après qu'une double ligature aura été placée au niveau du pylore et du cardia ; son contenu sera versé dans un vase gradué, et conservé pour fins d'analyse dans les cas d'empoisonnement.

On notera immédiatement l'odeur particulière qu'il peut avoir: odeur d'alcool, d'acide phénique, etc., le degré de digestion des aliments, la nature de ces aliments, etc ; enfin, l'état des parois de l'organe sera l'objet d'une attention particulière.

L'intestin grêle et le gros intestin sont enlevés séparément. Après avoir noté l'état de l'appendice, on pose une double ligature sur l'ilion au niveau de son insertion sur le cœc-um et on le détache du mésentère en commençant par le bas, le pancréas étant sectionné dès qu'on arrive à la portion supérieure du jéjunum.

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ttite hémorrhagique son1 de I •/ fréqu

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tention aux ulcérations de la muqueuse, en particulier plaques de Peyer, Ces ulcérations sont circulaires d et longitudinales dans Le >ns typhoïd

():i procède ensuite à L'ablation ù.ee reins en capsules surrénales; il sera bon d'enlever aussi un longue portion

ères. Les reins doivenl êi re pi Les avoir oui

ia partie convexe, on essaie d'en détacher la capsule . afin

rendre compte de l'état de leur surface 1 Lisse ou granulcur.ote leur coloration, l'épaisseur de la portion corticale, la présence de cavernes, de kystes, etc.

4° Organes du cou et organes profonds du thorax. Ij-~ i du cou sont disséqués couche par couche afin de ne laisser éeha] aucune ecchymose ou suffusion sanguine, si importante dans la strangulation ; le corps thyroïde est enlevé: les vaiss examinés en place, de même que Les cartilages thyroïdes, cri ■enfin les gros conduits: pharynx, œsophage, larynx et trachée, ainsi que la langue sont détachés en bloc oie la colonne vertébrale et examinés ensuite. L'aorte est ouverte sur place et dans toute sa longueur.

5° Organes du petit bassin. Avant d'ouvrir la vessie, il convient de recueillir l'urine au moyen de la sonde et de l'examiner au point de vue couleur, odeur, aspect, quantité, etc; il est absolument nécessaire de la conserver dans les cas d'empoisonnement; on note l'état des parois de la vessie et au besoin de celles de l'urètre.

Les testicules étant refoulés vers les anneaux inguinaux, agrandis d'un coup de bistouri, peuvent être sectionnés et examiné

Chez la femme, il y a presque toujours avantage à enlever en bloc tous les organes du petit bassin, y compris la vulve et l'anus, par une incision elliptique et extérieure aux grandes lèvres, à pousser l'incision profondément, à désarticuler le pubis, enfin à dégager les organes de la cavité; on peut alors faire un examen complet.

6° Cavité crânienne. — On incise d'abord le cuir chevelu suivant une ligne transversale allant d'une oreille à l'autre ; on écarte les lambeaux en les disséquant, en avant et en arrière: -on détache les muscles temporaux; enfin on coupe la calotte crânienne à la scie, le trait horizontal passant à environ un pouce et demi au-dessus des

orbites et aboutissant au-dessous de la protubérance occipitale externe.

Le trait de scie peut être dirigé de façon à respecter le cerveau; mais il m'y a là aucun avantage; au contraire il est beaucoup plus rapide et plus simple de sectionner en même temps le cerveau, et les constatations telles que, hémorrhagies, méningites, etc., peuvent se faire tout aussi bien. Dans aucun cas, il ne faut se servir de £,ouge, de ciseau et de maillet, avec lesquels on peut produire de toute pièce, des fractures.

Le cerveau enlevé, on note la quantité et la qualité, du liquide, céphalo-rachidien qui s'échappe des ventricules, l'élargissement des ventricules dans certains cas de méningites séreuses, l'oedème cérébral, l'odeur d'alcool, d'urine, etc., la présence de pus sous le feuillet arachnoïdien, de graduations tuberculeuses le long des sylviennes,, etc.

La dure-mère étant attachée solidement à toutes les crêtes de la cavité crânienne, doit nécessairement être enlevée pour faciliter la recherche des fractures du crâne.

7° Cavité rachidienne. — L'ouverture de la cavité rachidienne est rarement nécessaire dans les autopsies judiciaires; toutefois, cette opération s'impose dans les cas de traumatimes de la colonne, d'hémorrhagies rachidiennes et de méningites cérébro-spinales et spinales aiguës; au contraire, les affections chroniques de la moelle ne jouent qu'un rôle médiocre dans la mort subite.

La manière d'ouvrir la cavité rachidienne est la suivante: Le cadavre étant placé sur le ventre, on fait une incision tout le long de la colonne et de chaque côté des apophyses épineuses, réclinant des masses musculaires ; on fait ensuite un trait de scie de chaque coté des anneaux vertébraux en commençant par l'atlas. Lorsqu'un a raison de penser que la colonne elle-anême est» fracturée dans un endroit donné, il vaut mieux enlever tout d'une pièce les deux ou trois vertèbres intéressées.

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