V. DIAGNOSTIC DE LA STRANGULATION
Dans la strangulation à la main, qui, avons-nous dit, ne peut être qu'un homicide, toute la question du diagnostic consiste à établir qu'à côté des lésions profondes dues à la strangulation, il existe sur le cou de la victime les marques typiques de la main du criminel.
S'il n'existe aucune marque externe, mais seulement des lésions profondes, la distinction entre la strangulation à la main et la strangulation au lien ne peut être faite, bien que l'action violente sur le cou puisse être affirmée.
Sur le vivant, le diagnostic de la tentative de strangulation, soit à la main, soit au lien, est assez facile à établir grâce aux signes si caractéristiques déjà notés. On n'oubliera pas cependant que les fausses accusations de tentatives de strangulation ne sont pas excessivement rares. Le mobile est alors la vengeance ou le chantage.
Dans la strangulation au lien, le diagnostic comporte la discussion des points (Suivants :
1° Y a-t-il eu réellement strangulation par un lien?
2° Si on peut l'affirmer, s'agit-il d'un homicide ou d'un suicide?
Le sillon est, comme on sait, le signe spécial et capital de la strangulation au lien. Sans lui, et malgré la présence des signes profonds, il est impossible de porter le diagnostic de strangulation au lien. Mais ce sillon, il peut être vrai ou faux, comme il a été noté à l'article pendaison; il peut en outre avoir pour origine la pendaison.
Les caractères différentiels des sillons dans la pendaison et dans dans la strangulation sont les suivants :
Sillon chez le pendu. Sillon chez le strangulé.
Souvent unique Le plus souvent multiple
Situation au-dessus du larynx Situation basse, sur le larynx
Profondeur variable Profondeur uniforme
Incomplet Complet
Parcheminé Toujours mou
Direction oblique Direction horizontale
Quant à la distinction entre le suicide et l'homicide, elle repose sur les caractères suivants :
L'absence du lien près de la victime est en faveur de l'homicide ; plusieurs tours de lien indiquent en général un suicide, comme d'ailleurs toutes les dispositions bizarres, faites pour assurer la constance de la striction ; les habits en désordre, la présence de violences étrangères à la strangulation, militent au contraire en faveur de l'homicide, à condition toutefois d'établir que ces blessures ne pouvaient être faites par l'individu lui-même.
Il est important de conserver le lien pour les besoins de la