III. MECANISME DE LA MORT
Il semble bien y avoir ici comme dans la pendaison, gêne d'abord , arrêt plus ou moins complet de la circulation carotidienne, puisqu'il y a perte de connaissance; mais le refoulement de la langue sur i'épiglotte et la compression du larynx jouent, il n'y a pas de doute, le rôle capital, de sorte que la strangulation est véritablement une asphyxie mécanique.
§ IV. LESIONS
Les deux variétés de strangulation présentent au niveau du cou des lésions extérieures, spéciales à chacune d'elle; mais les lésions à distance et extérieures, de même que les lésions internes sont communes aux deux modes de strangulation.
a. Les lésions extérieures, spéciales à la strangulation à la main, l'onsistent dans des empreintes faites sur le cou de la victime par les doigts du meurtrier. Ces empreintes sont constituées, soit par des ecchymoses plus ou moins isolées et arrondies, soit par des excoriations dues à la trace des ongles, soit, le plus souvent, par les deux à la fois.
Les stigmates unguéaux peuvent faire défaut lorsque les téguments sont protégés par quelque objet, notamment par une partie du vêtement.
Les ecchymoses sont d'autant plus foncées qu'elles sont plus profondes; souvent elles ne se marquent pas superficiellement et ne sont visibles qu'après dissection et parfois, qu'avec l'aide du microscope.
La disposition typique de ces empreintes et en particulier des coups d'ongles, qui consiste dans une empreinte d'un côté et quatre de l'autre côté du larynx, se trouve rarement réalisée au moins chez l'adulte; ce qu'au contraire, on constate en pratique, c'est la multiplication des coups d'ongles, les uns incurvés, typiques, les autres sous forme de raies, de traînées, indiquant que la main du meurtrier a glissé, qu'elle s'est déplacce sous l'effort des mouvements défensifs de la victime.
■Chez l'enfant comme chez la femme, les empreintes se marquent plus facilement à cause d'une plus grande fragilité des tissus.
Il peut arriver que la main du meurtrier ait laissé sur le cou de
la victime, des éléments précieux d'identification teii que, po de charbon, de pdâl re, etc.
h. Il n'existe qu'une lésion extériev tion au lien, c'esl !<■ sillon.
Il peut faire défaui au tnomenl de L'examen, ■■ qu'il
effacé, soit parce qu'il ue B'esl pas marqué, ce qui arrive lorsque le lien employé étail souple, Large el mou. Quand il existe, il néralement unique, horizontal, complet, de profondeur unifoi enfin il siège ordinairement à La partie moyenne du cou.
Le sillon reproduit les particularité du Lien: stries, nœu :1 est pâle et exceptionnellement parcheminé, même B'il es4 fail un lien dur, ce qui est le contraire du sillon de la pendaison. Le* ecchymoses sont exceptionnelles dans le sillon même.
c. Les lésions extérieures communes aux deux variétés de strangulation sont: la cyanose et la tuméfaction de la face et du cou, l'écume rougeâtre à la bouche, la présence d'ecchymi - sur la face, le cou, le thorax et les conjonctives. La langue est ordinairement projetée au dehors et serrée entre les dent-.
Il y a parfois hémorrhagie auriculaire avec ou sans rupture du tympan.
d. Les lésions profondes et communes aux deux variétés de strangulation sont les unes locales, c'est-à-dire au niveau du cou, les autres 'à distance. Les unes et les autres peuvent parfois manquer, mais elles sont plus constantes et plus marquées dans la strangulation à la main.
Les lésions locales sont des ecchymoses, des déchirures musculaires, des lésions vasculaires, des fractures du larynx, du thyroïde, du cricoïde et de l'hyoïde.
Les ecchymoses sont de dimensions variables et siègent dans les muscles, dans le tissu cellulaire, sous le périchondre, etc.
Les déchirures atteignent un ou plusieurs muscles de la région. Les lésions des tuniques vasculaires paraissent plutôt rares, mais elles résistent longtemps à la putréfaction.
Les fractures de l'appareil laryngé sont surtout causées par la strangulation à la main et s'observent généralement chez les sujets âgés. Elles peuvent consister en de simples fissures sans écartement, mais parfois il y a éclatement et enfoncement; elles nécessitent une grande violence.
Les lésions profondes mais à distance sont celles de l'asphyxie aiguë mécanique, à savoir: congestion des téguments du crâne, du cerveau et de la muqueuse des voies respiratoires: congestion pulmonaire intense; ecchymoses sous^pleurales, surtout marquées chez les nouveau-nés; emphysème par ruptures alvéolaires; écume à bulles fines dans la trachée et les bronches; fluidité et coloration noire du sang.