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A— SIGNES EXTERNES

Ceux qui résultent du séjour dans l'eau, sont :

1° Lu froideur de la peau. — Le refroidissement des cadavres est plus rapide dans l'eau que dans l'air, d'où cette sensation de froideur facilement perçue mais qui n'a d'intérêt que chez le noyé retiré peu de temps après la submersion.

2° La chair de poule. — Elle est due à la contraction des muscles releveurs des ipoils et elle se montre surtout sur les épaules, les bras et la face externe des cuisses. La rétraction du scrotum, du pénis et des mamelons est un phénomène de même ordre.

3° La coloration des lividités. — Elle est rosée, notamment en. hiver, alors que l'eau est froide.

Les lividités sont en outre abondantes et très-étendues, ce qui est le résultat à la fois de la dilution et de la fluidité du sang.

4° La macération de Vépiderme et de ses dérivés. — Elle est particulièrement marquée aux endroits où l'épiderme est le 'plus épais; mains, pieds, genoux, durillons, etc. Elle débute à la pulpe des doigts,, s'étend aux faces palmaires puis dorsales; elle apparaît aux faces plantaires après avoir attaqué les doigts et procède des orteils à toute la surface plantaire puis dorsale du pied ; elle envahit enfin les dérivés éipidermiques : cheveux, poils, ongles, qui finissent par s'arracher facilement, puis par tomber d'eux-mêmes après un séjour prolongédans l'eau.

La macération donne à la peau un aspect ridé, blanchâtre avec soulèvement d'abord, puis chute de l'épidémie sous forme de lambeaux, .parfois en doigts de gants.

5° Les caractères particuliers de la putréfaction dans Veau. — Ils ont été étudiés à F article des signes de la mort. Rappelons cependant que l'apparence générale de la face chez le noyé frais, est pâleavec joues rosées, (mais elle ne tarde pas à devenir noire, avec lèvresgonflées et rouges. Cet aspect est dû au refoulement du sang par les gaz de la putréfaction, lesquels gonflent considérablement tous les tissus et particulièrement ceux de la face, au point que l'identification devient impossible. Ce développement gazeux énorme a encore-

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>ur effet de faire remont< la surfi l'eau, par:

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n.onfi remplis d'air est légèrement infériem .1 de V

que plus les poumons se videnl d'air, plus le ]i- moindre poids le fait s'enfoncer.

Lorsque les noyés sonl porteurs de larges pis ut dans

les parties déclives, on remarque que souivenl elL nettent à sai-

gner au moment ou a putréfaction s'établit; r la

grande fluidité 'lu sang, J « •< j w* • 1 «'tant repou la péri:

gaz, trouve une porte ouverte sur son chemin.

La rapidité de la (putréfaction \arie, avons-no vaut la

composition, la température, etc. de L'eau; mais il convient iter

que le passage du noyé de l'ean à l'air a pour effet de L'augmenter considérablement, au point qu'en été, par exemple, une tien à

l'air do quatre à cinq heures suffit parfois à modifier complètement l'aspect d'un cadavre.

Les signes extérieurs traduisant l'asphyxie ou autrr tionfl vi-

tales sbnt :

1° Champignon de mousse à h bouche et tin nez. — Cette mousse qui n'est autre chose que l'écume remplissant la trachée et les bronches, sera étudiée avec les signes profonds. Le champignon se voit chez le noyé frais seulement, mais il est très inconstant, Lorsqu'il existe, il a une grande valeur diagnostique.

2° Erosions des doigts. — Elles n'ont d'intérêt que si elles sont accompagnées d'ecchymoses sous-jacentes; car elles indiquent alors qu'elles ont été produites pendant la vie, soit à la suite de mouvements volontaires ou instinctifs -de la -part d'un individu qui se débat contre la mort, soit à la suite de convulsions.

'■'> Corps étrangers sous les ongles on fortement serrés dans la *naîn. — La présence de vase sous les ongles n'a pas une grande importance, mais la présence de grains de sable eu a davantage. Ceux-ci en effet, permettent de supposer un certain effort qui, dans l'espèce, ne peut être qu'un mouvement de grattage.

11 n'y a 'pas de doute que la présence dans la main d'un objet fortement serré: bâton, branches, herbe, etc., indique une manifestation vitale.

4° Ecchymoses des conjonctives et de la face. — Elles manquent ordinairement; mais lorsqu'elles existent, elles constituent de bons .signes d'asphyxie.

B.— SIGNES IXTEEXES.

On comprend que les signes internes manquent absolument, lorsque la mort est due soit à la syncope, soit à l'inhibition, soit enfin à un

traumatisme violent comme, par exemple, une chute ayant déterminé immédiatement la iperte de connaissance.

Dans la submersion-asphyxie au contraire, on trouve, du moins tant que le cadavre reste frais, un certain nombre de modifications du côté de l'appareil respiratoire, du sang, du tube digestif, de l'oreille moyenne.

a. — Modifications du côté de l'appareil respiratoire.

Klles se forment par le mécanisme suivant: Le sujet aspire Peau très-fortement et celle-ci entraîne avec elle jusque dans la profondeur des poumons, les corps étrangers qu'elle tient en suspension; enfin l'émulsion de Peau avec l'air et les mucosités bronchiques donne naissance à l'écume qui remplit tous les conduits respiratoires. On trouvera donc du ocôté de ces organes, de l'eau et de l'écume, des corps étrangers, enfin des lésions pulmonaires.

Eau et écume. — La présence de l'eau est constante, mais elle est masquée par l'écume. Elle n'indique pas que le sujet ait respiré sous l'eau ; car en vertu de la pesanteur, elle s'introduit elle-même dans les dernières ramifications bronchiques.

Quant à l'écume, elle résulte du battage de l'eau avec l'air et les mucosités bronchiques; elle a l'aspect d'une mousse légère; elle est constituée par des bulles fines, toutes égales, très tenaces, généralement blanches ou rosées.

Sa quantité est d'autant (plus grande que l'agonie a été plus longue. 'Lorsqu'elle est abondante, elle remplit comiplètement les conduits respiratoires et fait saillie à la bouche et au nez; en moindre quantité, elle ne fait que tapisser les muqueuses. On évalue en moyenne à 54 grammes sa quantité totale chez l'homme adulte.

• La présence de l'écume dans les conduits respiratoires est constante chez le noyé frais, mais celle du champignon de mousse externe est au contraire inconstante. La putréfaction fait disparaître et le champignon externe et l'écume laryngo-trachéo-bronchique, après un temps variable, mais qui, en général, ne dépasse pas quelques jours.

Corps étrangers. — Les corps étrangers que l'eau entraîne avec elle dans les conduits respiratoires sont de plusieurs sortes: les uns sont visibles à l'oeil nu, ou perçus avec le doigt, tels les grains de sable, les graviers, les débris végétaux, etc ; les autres visibles au microscope seulement, peuvent être d'origine soit végétale, soit minérale, soit animale et constituent ce qu'on appelle le plancton.

Le plancton végétal et le plancton minéral sont particulièrement faciles à rechercher. Si le poumon est frais, on racle simplement la surface de coupe, ou bien, on exprime fortement un morceau de poumon de 15 à 20 grammes dans de l'eau distillée, autant de fois qu'il est nécessaire pour chasser la matière colorante. La coloration verte de l'élément végétal apparaît d'une façon très-nette.

Dans le cas d'un poumon putréfié, il y a avantage à détruire

d'abord (a matière organique du poumon, ce qui peul

par calcination, soii au moyen des acides forts (nitrique, sulfuriqne

[/eau peut enfin entraîner dans nduits

matières alimentairefl qui 1|r peuvent provenir évidemment q l'estomac. Boit à la suite de vomissements, ce qui esi évident chez an noyé frais soit à la suite du rejet post-mortera :a-

pression des gaz abdominaux. On admet que ÔV . Les m

tières alimentaires peuvenl s'introduire par leur seul poids, au moi] dans les grosses bronches.

Lésions pulmonaires. — Elles résultent de deux causes: l'effort respiratoire ou mieux l'asphyxie, et l'imprégnation des poumons par le liquide de submersion.

L'effort respiratoire donne origine aux ecchym >u— pleu-

rales ou taches de Tardieu, lesquelles sont loin d'être constantes; il a en outre pour effet, comme nous l'avons noté d'ailleurs dans b signes généraux de l'asphyxie, de rupturer les cloisons inter-alvéolaires et de faire apparaître sous la plèvre des placards blanchâtres composés d'air et d'eau (emphysème aqueux).

•L'eau imprègne les poumons tout entiers, aussi ils sont énorm gcnflés, et le plus souvent masquent le coeur, excepté s'il existe des adhérences pleurales. Leur poids est très augmenté (1600 grs.), et 'a pression laisse sourdre une grande quantité de liquide. A la coupe, on aperçoit l'écume qui remplit les bronches.

h. MODIFICATIONS DU SANG.

Elles sont dues à la présence de l'eau. Celle-ci en effet, après avoir pénétré dans les alvéoles pulmonaires, passe dans le sang qui, de ce fait, devient plus dilué qu'à l'état normal, de même d'ailleurs que l'urine dont la concentration en dépend.

La coloration rouge-cerise du sang des noyés est due à sa di^ lution et à l'hémolyse que celle-ci y provoque.

La fluidité du sang est très grande, si bien qu'en pratique, on ne rencontre guère de caillots. Il est possible toutefois qu'en faisant l'autopsie immédiatement après la mort on trouve de petits caillots; mais il est certain que ceux-ci ne persistent pas longtemps.

La dilution du sang, quoique générale, est toutefois plus grande dans le coeur gauche que dans le coeur droit, justement parce que le premier reçoit directement le sang des poumons.

TJn certain nombre de procédés de laboratoire ont été proposés pour reconnaître le degré de dilution du sang, ce sont:

1° La numération des globules rouges;

2° Le dosage de l'hémoglobine;

3° La, recherche du résidu sec du sang;

4° Le pouvoir hémolytique du sang;

•5° La détermination de la densité du sang.

Ces cinq méthodes, vraies en principe, ne sont pas passées dans la pratique usuelle. Les résultats qu'elles donnent d'ailleurs sont inférieurs à ceux fournis par les suivants, à savoir:

6° La méthode cryoscopique;

7° La conductibilité électrique.

La cryoscopie est basée sur ce principe de physique qui veut que, plus la dissolution d'un corps dans l'eau est concentrée, plus le point de congélation s'éloigne de celui de l'eau. Or, le point de congélation de l'eau étant de 0°, et celui du sang normal, de — 55° à — 67°, plus le sang sera dilué, plus son point de congélation se rapprochera de celui de l'eau.

La différence des points cryoscopiques du sang des cavités gauche et droite du coeur chez le noyé frais, se «constate facilement. T 'organe est enlevée sous ligature et une petite incision au niveau des e vités permet de recueillir séparément le sang de chacune.

Cette application à la médecine légale des travaux de Eaoult est due à un Italien du nom de Carrara (1901)'.

Lorsque la submersion a lieu dans l'eau de mer, laquelle comme on sait, est plus concentrée que l'eau douce, à cause de la présence d'une forte proportion de sels de soude, la formule cryoscopique exposée plus haut, se trouve renversée, c'est-à-dire que le sang du coeur gauche, plus dilué que celui du droit, montrera un point de congélation plus éloigné du 0° et plus bas que celui du sang normal.

Il existe deux objections sérieuses à la valeur de la cryoscopie telle qu'appliquée dans le diagnostic de la submersion: La première consiste dans 'les modifications que ne tarde pas à apporter dans le sang, le processus de la putréfaction. iCelui-ci, en effet, a pour résultat de changer la nature en même temps que la concentration moléculaire du sang, au point qu'il arrive un instant où le point de congélation du sa.ng du cadavre s'abaisse au-dessous de celui du sang normal.

La seconde objection est que la putréfaction chasse rapidement et complètement le sang du coeur, ce qui rend la cryoscopie impossible.

La conductibilité électrique repose sur un principe de p1 jsique, analogue à celui de la cryoscopie, à savoir: plus il y a de particules salines dissoutes dans l'eau, plus la conductibilité de celle-ci augmente et vice-versa. Ainsi la conductibilité électrique du sang du coeur gauche sera moindre que celle obtenue dans le coeur droit, si la submersion a eu lieu dans l'eau salée. Cette méthode est soumise aux mêmes objections que la cryoscopie.

c. MODIFICATIONS DU COTE DU TUBE DIGESTIF.

Elles consistent dans la présence du liquide de submersion, y compris les corps étrangers véhiculés par lui, dans l'estomac et Pin-

teetixi :■ [/introduction d'eau dans l'estomac an moi»

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que» verres avant l'événement fatal.

d. Modifications du côté 'If VoreUle m<>ij<v Elles sont duc- encore à la présence 'eau qui peut s'introduire dans cet organe, au moment des violent- moi] pi ration du noyé.

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