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IV. DIAGNOSTIC MEDICO-LEGAL DE LÀ SUBMERSION

Il consiste dans la solution des trois point- suivants:

1° -La mort a-t-elle réellement eu lieu par submersion?

2° Dans l'affirmative, est-elle le résultat d'un accident, d'un suicide ou d'un homicide?

3°. Depuis quand l'individu est-il mort, on quelle a été la durée du séjour dans l'eau ?

La solution du premier point repose naturellement sur la présence on l'absence des signes traduisant la vie du sujet dans l'eau. Les ans tels que, l'écume trachéo-bronchique, l'emphysème aqueux, la présence du liquide de submersion dans l'estomac et parfois dans l'intestin, la présence de corps étrangers dans les bronches et l'estomac, enfin la dilution du sang, représentent les signes de l'asphyxie dans l'eau, et sont de beaucoup les plus importants; les autres, de valeur moindre, indiquent la défense du sujet contre la submersion, ce sont les érosions ecchymotiques aux doigts, la présence de graviers ou de vase sous les ongles.

La valeur réelle de chacun de ces signes a été exposée ci-dessus et il n'y a pas de doute qu'un ensemble d'entre eux permet d'établir un diagnostic ferme, c'est du moins -ce à quoi on est en droit de s'attendre chez le noyé frais.

Par contre, ces signes sont-ils absents chez un cadavre fraîchement retiré de l'eau, la cause de la mort doit alors être recherchée parmi les suivantes:

a) L'inhibition, s'il y a absence de lésions organiques;

b) La syncope, si l'appareil cardio-vasculaire montre des lés'ons suffisantes ;

c) La violence dont l'origine peut être, soit un accident tel

qu'une chute, etc, soit un homicide puis jet à l'eau (submersion sin ulée), soit enfin un suicide puis chute dans l'eau.

(Chez le cadavre putréfié, les signes indiquant la vie du sujet dans l'eau, ne tardent pas à disparaître. Dès la période gazeuse, l'écume qui remplissait les conduits respiratoires est rejetée au dehors . rar la pression des gaz abdominaux; l'eau 'disparaît de même par expression des poumons, descend dans les parties déclives où elle contribue à étendre les hypostases et à augmenter les transsudats; l'eau et les aliments sont rejetés hors de l'estomac, et parfois ces derniers pénètrent mécaniquement clans les premières voies respiratoires; le sang enfin est repoussé vers la périphérie, tran&sude à travers les vaisseaux, de sorte qu'il n'en reste plus même dans le coeur pour opérer la cryoseopie ou la conductibilité électrique.

Les signes mineurs tels que les érosions eechymotiques des doigts, les ecchymoses sous-pleurales, les corps étrangers présents dans les bronchioles pulmonaires, dans l'estomac et sous les ongles, persistent un peu plus longtemps, mais leur constatation devient de plus en plus difficile avec les progrès de la putréfaction.

Il reste pourtant dans ce cas, un moyen que nous ont fait connaître tout récemment M.iM. C'orin et Stockis, de Belgique : c'est la recherche du plancton minéral du coeur. (1)

(Ces messieurs ont constaté que non-seulement l'eau franchissait la barrière alvéolaire chez les noyés, mais encore les multiples particules cristallines (plancton minéral) véhiculées par elle, de sorte qu'on retrouverait ces dernières dans le coeur gauche et, en moins grande quantité, dans le coeur droit.

Il s'agit donc là d'un signe de submersion pendant la vie, qui ne laisse place à aucun doute; avec cela, qu'il est constatable jusqu'à une période très-avancée de la putréfaction.

La technique est la suivante : le coeur est enlevé entre ligatures et lavé extérieurement; le sang recueilli est mélangé avec une .quantité double d'antiformine (eau de javelle et lessive de soucie) ; on agite et on étend de deux ou trois parties d'eau distillée; on centrifuge ensuite et on examine le culot au microscope muni soit d'un appareil polarisateur, soit tout simplement d'un dispositif pouvant fournir un éclairage latéral tel, par exemple, l'ultra-microscope.

Lorsque le coeur est vide de sang, il suffit de laver à l'eau distillée, la surface interne du coeur pour obtenir les cristaux biréfringents de silice ou de quartzite qui sont les éléments du plancton minéral.

Le second point du diagnostic à établir, — en suposant faite la

(1) Annales d'hj'giène et de Médecine Légale 1909, Stockis, Thèse de Paris 1912, par Paulet, inspirée par Balthazar et ayant pour titre : Le diagnostic de la submersion par da recherche du plancton cristallin cardiaque.

preuve de la Bubmersion • •- 1 elui qui submersion : suicide, homicide ou accident.

Ce diagnostic repose surtoul sur la pi ou l'ab

matismes él rangers è la submeri ion.

! Le cadarvre porte les -iLrii<-- de la submersion ma ■ ne ; sente aucune \ iolenoe él rangère â celle-ci.

S'il s'agit d'un adulte, on pourra le plus souvenl éléminer l'homicide, bien que cependant il soil possible par surprise; l seule [>ourra éliminer l'accident; enfin le «uicide pou ri confirmé par certains indices particuliers, comme la pré lou\ dans les poches, d'un lien immobilisani les membn

2 Le cadavre porte en plus des - de la subm< des

blessures étrangères à celle-ci.

Il faut d'abord rechercher si ces blessures ont un cara Liai ;

en d'autres termes, si elles oui été faites avant la su m ou a

Ja submersion, et parlant, durant le séjour dan- l'eau.

Un certain nombre de blessures peuvent en effet, être produites

après la mort chez le noyé par le frottement sur les roches, par les hélices des bateaux, par les coups de gaffe au moment où l'on repêche le cadavre, (par certains animaux et en particulier, les rats d'eau, les crevettes, etc.

Si, au contraire, on a la preuve que les ble ont été faites

pendant la vie, on recherchera si elles ne pourraient pa.s avoir une origine accidentelle, telles, par exemple, les plaies conituses à la tête, réalisées par une chute dans l'eau.

Un grand nombre de blessures ne peuvent avoir d'autre origine qu'un suicide ou un homicide, ce sont celle* faites par instrument tranchant ou piquant, par arme à feu, etc.

Le sujet lui-même, en effet, peut tenter le suicide de plusieurs laçons; tandis que d'un autre côté la submersion est parfois employée pour achever et masquer une série d'actes homicides. L'expert recherchera donc si les blessures ont pu avoir été faites par le sujet luimême : si, par exemple, elles sont en avant, c'est possible, si au contraire, elles sont en arrière, c'est moins possible et même peu probable. Il recherchera en outre si la nature des blessures pouvait laisser -au sujet assez de force ou de connaissance pour que dans un acte final, il ait eu recours à la submersion.

Le dernier point du diagnostic a trait à la date de la mort ou à la durée du séjour dans l'eau.

C'est là une question difficile et souvent impossible à résoudre. Au début, on peut se baser sur les caractères extérieurs du cadavre et en [particulier sur la macération épi dermique ; lorsque la putréfaction est commencée, on en est réduit à des probabilités.

•Le tableau suivant de Devergie (1852), dressé d'après des obser-

vations faites pendant la saison d'hiver à Paris, semble parfaitement Rappliquer à notre climat d'automne et du printemps à Montréal.

Notre climat d'hiver est si rigoureux que la putréfaction ne fait pratiquement aucun progrès, du milieu de décembre au milieu de mars; les cadavres immergés quelque temps avant la formation de la couche de glace et à plus forte raison après sa formation, ne remontent à la surface qu'à l'apparition de la chaleur du printemps et c'est à cette époque que chaque année, il nous arrive à la Morgue de Montréal une avalanche de noyés.

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