‹ Précis de médecine légaleChapitre 55 sur 273 · TABLEAU · texte numérisé non relu

TABLEAU

1° De trois à cinq jours. — Kigidité cadavérique, refroidisse-ment du corps; l'épiderme commence à blanchir.

2° De quatre à huit jours. — Souplesse de toutes les parties,, couleur naturelle de la peau ; épiderme de la peau des mains très blanc.

3° De huit à douze jours. — Flaccidité de toutes les parties ^ épiderme de la face dorsale des mains commençant à blanchir; face ramollie et présentant une teinte blafarde, différente de celle de la peau du reste du corps.

4° Quinze jours environ. — Face légèrement bouffie, rouge parplaces; teinte verdâtre de la partie moyenne du sternum; épiderme des mains et des pieds totalement blanc et commençant à se plisser.

5° Un mois environ. — Face rouge brunâtre, paupières et lèvres vertes; plaque rouge-brun, environnée* d'une teinte verdâtre, à la partie antérieure de la ipoitrine; épiderme des mains et des pieds blanc,, épaissi et plissé comme par des cataplasmes.

6° Deux mois environ. — Face généralement brunâtre, tumé-fiée; cheveux peu adhérents; épiderme des mains et des pieds en grande partie détaché ; 'ongles encore adhérents.

7° Deux mois et demi. — Epiderme et ongles des mains détaché; épiderme des pieds détaché; ongles des pieds 'adhérents; colo-ration rouge du tissu cellulaire sous^cutané du cou et de celui qui environne da trachée et les organes contenus dans la cavité de la poitrine; saponification partielle des joues, du menton; saponification, superficielle des mamelles, des aines et de la partie antérieure des cuisses.

&° Trois mois et demi. — Destruction d'une partie du cuir chevelu, des paupières, du nez ; saiponification partielle de la face, de la partie supérieure du cou et des aines ; corrosion . et 'destruction de la peau sur diverses parties du corps ; épiderme des mains et des pieds complètement enlevé; ongles tombés.

9° Quatre mois et demi. — Saponification presque totale de la graisse de la face, du cou, des aines et de il a partie antérieure des cuisses; commencement d'incrustation calcaire sur les cuisses; conu

mencemênl de saponification sut lu partie antérieure du cen ■!■'-

collemenl ei destruction de la plus .Lrr.. chevelu ;

calol te osseuse dénudée el friable.

En été, le processus pu tréf actif es! naturellement plus raptd< En tenant compte des différences considérables de température les grands ei les petits cours d'eau, on peut dire qu'en moyenne, cadavre remonte à [a surface dans les dii ou douze premiers jours, et il présente alors à peu près le même aspecl qu'à la phase no 5 du tableau ci-dessus. (1 mois à I1, mois, de printemp 'automni

AjRTIOLE IV.

yrrrocATiox

Sont réunis sou.- ce titre tous les cas d'asphyxies mé aniques, autres que la pendaison, la strangulation et la submersion.

Les cas d'asphyxies aiguës, dues à des gaz irrespirables, a la fumée ou à des vapeurs telles que celles de l'iode, du brome, de l'ammoniaque, etc; asphyxies auxquelles le nom de suffocation est parfois appliqué, sont aussi exclues de ce cadre.

§ I. ETIOLOGIE.

Les cas de suffocation mécanique sont dus, soit à l'occlusion directe des premières voies respiratoires, soit à la compression du thorax et de l'abdomen, soit à l'enfouissement dans la terre, dans un milieu pulvérulent quelconque ou dans un espace confiné.

1° (L'occlusion mécanique des premières voies respiratoires peut se faire, soit avec la main, soit an moyen d'un corps quelconque directement appliqué sur la bouche et le nez, ou introduit dans la gorge et le larynx; elle peut d'autre part avoir pour origine, soit un crime, soit un suicide, soit enfin un accident.

L'occlusion par la main est d'origine criminelle seulement et n'est facilement praticable que chez l'enfant. La main est appliquée avec force à la fois sur la bouche et le nez, ce qui nécessite plusieurs minutes; ou bien les doigts sont introduits dans l'arrièregorge.

L'occlusion par la main chez l'adulte est possible en autant qu'elle est combinée avec l'immobilisation du thorax.

On comprend que chez l'adulte comme chez l'enfant, l'application sur les orifices respiratoires d'un linge ou autre tfbjet, est de pratique facile. En France, les apaches ont eu recours pendant un certain temps à un masque de poix; en Angleterre, ils obtenaient le même résultat chez les femmes en leur retournant la jupe par dessus la tête.

L'obstruction directe des orifices respiratoires peut aussi avoir une origine accidentelle, chez, par exemple, un bébé trop emmailloté dan* ses langes et placé sans précaution la face enfoncée dans un mol oreiller de plume, chez encore un épileptique qui, au cours d'une crise, s'obture les orifices respiratoires dans son matelas, son oreiller, etc.

L'introduction de corps étrangers dans les voies respiratoires est rarement un procédé de suicide; cependant les auteurs et entre autres Masclika et Hofmann, en rapportent plusieurs exemples. Morache que cite Thoinot, raconte qu'en Chine, les mandarins disgraciés se suicident au moyen d'une feuille d'or très-mince qui, par une violente aspiration, vient se placer sur l'entrée de la glotte.

L'introduction criminelle de corps étrangers tels que, tampons de papier, de linge, de pain, etc., dans l'arrière-gorge est un procédé communément employé chez l'enfant. On n'oubliera pas.de conserver cette pièce à conviction.

L'introduction accidentelle est fréquente et comprend les corps les plus divers. Chez les enfants, ce sont les pièces de monnaie, les tétines, les sucettes, les jouets, etc. Chez l'adulte, ce sont de fausses dents, un râtelier, un cigare, du tabac à chiquer, etc.

Chez les uns et les autres, ce peut être des matières alimentaires que par gloutonnerie, ils s'introduisent par morceaux trop volumineux, accident qui est surtout fréquent chez les personnes en état d'ébriété, chez les vieillards en enfance et chez les paralytiques généraux ; ou bien, les matières alimentaires proviennent de l'estomac et les vomissements sont alors provoqués, soit par un effort, soit par un accès de rire, soit par une émotion vive quelconque.

La suffocation par compression du thorax et de l'abdomen est surtout accidentelle. Elle a lieu dans les foules prises de panique, dans les éboulements de sable, de terre, de charbon, de neige, etc. Les mères invoquent souvent cette cause de mort vis-à-vis des bébés avec lesquels elles couchent. La chose est très possible surtout si la mère est en état d'ivresse.

L'enfouissement a surtout une origine accidentelle et se produit à la suite d'éboulement de terre, de neige, de cendre, de blé, etc. Le sujet est emmuré et privé plus ou moins complètement d'air.

L'enfouissement criminel est commun chez les nouveaux-nés, On les enfouit dans le sable, la cendre, le son, etc. Ils y vivent d'autant plus longtemps qu'ils sont plus jeunes.

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