‹ Précis de médecine légaleChapitre 64 sur 273 · CONTONDANTS · texte numérisé non relu

CONTONDANTS

Ceei à l< ; blessures au sens médico-chirurgical

mot, «i les opérations suivantes soni celles qui incombent au nu chargé d'une expertise à leur Bujei :

1° Préciser la nature des blessures — qu'à la fracture;

2° En indiquer les causes — bl< - divers

ou d'origine spontanée (diabète, scorbut, purpura, etc.);

3° Etablir les circonstances dans lesquelles elles onl I •

— ^positions du blessé et de l'agresseur; ordre dans lequel les blessures ont été faites: s'il y a ou résistance, lutte; si certains ont été

postérieurement accomplis ,par Ja victime; bj un on p seurs, etc., etc.

4° Dire si elles ont été faites pendant Ja vie ou après la mort;

5° Faire de la lumière sur leur origine: acci ho-

micide ;

6° Rechercher enfin leurs conséquences.

Dans le cas d'expertise sur le vivant, l'expert fera en sorte de ne pas nuire au 'blessé par des investigations, des déplacements douloureux, etc.; il serait coupable évidemment, si dans un cas de fracture, dans une blessure où le danger d'hémorrhagie ou d'infection est imminent, il allait enlever le pansement.

Le premier examen devrait toujours être fait en présence du médecin du blessé.

Chaque blessure sera minutieusement décrite : siège, forme, étendue, direction; d'état des vêtements sera noté: taches, déchirures, etc.

En cas de mort, l'autopsie sera faite.

Comme le titre ci-dessus l'indique, les blessures se divisent d'après leurs causes en quatre grandes variétés qui doivent être étudiées séparément d'abord, puis dans leur ensemble.

ETUDE SPECIALE DE CHAQUE VARIETE DE BLESSURES. §L— BLESSURES PAR INSTRUMENTS TRANCHANTS.

Un petit nombre d'instruments tranchants sont généralement usités: les uns légers tels, le rasoir, le couteau, les éclats de verre, etc., agissent par leur lame seule; les autres plus lourds tels, la hac-he, le couperet, le sabre, etc., agissent à la fois par leur tranchant et par

leur masse; aussi, non-seulement divisent-ils les (parties molles, mais à l'encontre des premiers, ils entaillent plus ou moins profondément le squelette.

Les blessures par instruments tranchants légers (peuvent avoir pour origine \m homicide, un accident ou un suicide ; celles faites par les instruments à la fois tranchants et contondants résultent, soit d'un accident, soit d'un homicide, soit d'une façon exceptionnelle, d"un suicide. Les unes et les autres consistent ordinairement dans des plaies, •plus rarement dans des sections d'organes : oreille?, nez, doigts, pénis, etc.

Les plaies présentent les caractères suivants:

a. Une direction rectiligne, mais qui parfois peut, être anguleuse ou en zigzag si la peau formait un ou plusieurs plis;

b. Une longueur relativement grande par rapport aux autres dimensions, et qui notamment peut être supérieure à celle du tranchant de l'instrument;

c. La netteté et la régularité des bords et des angles, surtout quand l'instrument est bien affilé. On peut rencontrer au contraire des bords dentelés, déchirés ou légèrement contus, quand l'instrument est mousse ou qu'il s'est ébréché ipar suite de coups successifs sur les os. Ces coups successifs dans une même plaie se traduisent ordinairement par des hachures des bords.

d. Une profondeur en général peu marquée mais variable, il va *Lns dire, suivant la force mise en jeu et suivant la résistance destissus divisés par un tranchant plus ou moins aiguisé. Généralement, seules les blessures faites par instruments à la fois tranchants et contondants pénètrent jusque dans les cavités du corps.

L'écartement des bords de la plaie dépend de la direction du coup mais aussi de celle des fibres atteintes.

La gravité des plaies par instruments tranchants varie suivant leur étendue et surtout suivant l'importance des régions atteintes. La mort peut survenir, soit par hémorrhagie, soit par infection (instrument septique).

Le diagnostic médico-légal des blessures par instruments tranchants est en général facile. Elles ne peuvent guère être confonduesqu'avec les .plaies produites par un instrument contondant à angle plus ou moins aigu, atteignant les régions où les os sont situés' immédiatement sous la .peau. Il est toutefois presque toujours impossible de dire si une blessure a été faite par une arme tranchante donnée plutôt que par telle autre.

La direction suivant laquelle le coup a été .porté est [parfois possible à établir et pour cette fin, on utilise entre autres moyens éventuels, le fait que le début de la blessure est généralement plus profond et plus net que la terminaison, celle-ci formant une sorte dequeue à la plaie.

|II. BLESSURES PAB i\stim\\ii-:\ts PIQUAM

Elles sont caractérisées par l'étroitesse cle leur orifice relaJ ment à la profondeur de leur trajet (Vibert).

Les instrument piquante sont de plusieurs sortes :

"• Ceui qui possèdent une tige cylindrique ou con que, tels, les épingles, les clous, les poinçons, des dents de fourche, etc., et qui ag -•■ut. soil en écartant simplement les fibres des div< ses- -c'est le cas des instrumenta très-fins — , soit en déchirant au moins quelques-aines de ces fibres comme font les plus volumineux d'entre eux.

L'orifice des blessures produites par les premiers est rond, petit, le -plus souvenl exsangue ei partant difficile à reconnaître à l'auto sie; celui des blessures produites parties seconds est infiltra mg,

rectiligne et d'autant .plus allongé que l'instrument est plus épais. Cette fente apparaît très nettement non-seulement à la peau, m •encore sur les divers couche- des organes à structure fibreuse: aponévroses, séreuses, etc., où elle montre une direction différente suivant l'orientation des fibres.

h. Les instruments piquants comme les couteaux, les poignards, les ciseaux, etc., qui sont munis d'une ou de plusieurs lames avec un seul tranchant (le couteau de poche ordinaire), ou encore d'une lame avec double tranchant, .produisent des (plaies profondes ayant un orifice à bords nets, et surtout â direction indépendante de celle des fibres.

La blessure produite par la lame à un seul tranchant est souvent assez caractéristique, c'est-à-dire qu'elle a la forme d'un triangle dont le sommet correspond au côté tranchant et dont la base, avec ses fibres tassées ou déchirées, correspond au dos de la lame. Cet aspect de la coupe se retrouve aussi parfois sur les vêtements qu'il faudra toujours examiner avec soin et, au besoin, à l'aide d'une loupe.

Généralement, il faut 1 avouer, la blessure n'a pas l'aspect caractéristique ci-dessus, mais présente des bords symétriques avec deux angles aigus à chaque extrémité, de sorte qu'il est impossible de dire de quel côté se trouvait le dos de l'instrument, ou bien si ce dernier n'avait pas réellement une lame à double tranchant.

Lorsque la lame a atteint obliquement les tissus, les bords de la blessure sont asymétriques: l'un formant une sorte de lambeau retracté, l'autre laissant voir le tissu graisseux sous-cutané.

La présence d'un pli cutané peut donner lieu à une plaie en zigzag: en outre, la déviation de l'instrument au moment de son retrait de plaie, en détermine souvent une seconde à direction différente de la première. Le sommet de l'angle qui réunit ces deux plaies indique le côté où se trouvait dirigé le tranchant.

La longueur de la plaie est ordinairement plus considérable que la largeur de la lame et cela s'explique par les mouvements de section imprimés à l'instrument au moment de son introduction ou de sa sortie; elle peut cependant être plus petite si la lame est très mousse.

La profondeur du trajet peut être plus considérable que la longueur de la lame et il en est ainsi par exemple, à l'abdomen dont la paroi est facilement déprimée par le manche de l'instrument.

c. Il y a enfin les instruments piquants avec tige triangulaire ou à plusieurs arêtes, tels les fleurets, limes, compas, etc. Ils déterminent des plaies tout à fait analogues à celles des tiges cylindroconiques, si les arêtes sont mousses, et des plaies en forme d'étoile si, au contraire, les arêtes sont tranchantes.

En somme, il n'est pas toujours facile d'identifier une blessure donnée avec la sorte d'instruments piquante employés; toutefois sur les os et en particulier au niveau du crâne, la forme de la blessure transversale reproduit assez fidèlement celle de l'instrument: fente osseuse allongée s'il s'agit d'un couteau ou d'un poignard, trou rond ou anguleux si l'instrument était muni d'une tige cylindroconique ou avec arêtes.

Le danger des blessures par instruments piquants réside d'abord dans l'hémorrhagie qui se fait généralement à l'intérieur; mais le principal danger est l'infection déterminée par un instrument septique.

Les blessures faites par les fines aiguilles sont en général inoff.nsives; celles produites par un intrument propre et bien tranchant, guérissent assez facilement. Toutefois, lorsque les Tendons ou leurs gaines sont atteints, notamment dans les régions palmaires- et plantaires, le pronostic est toujours sérieux. Il est clair que les blessures pénétrant les cavités thoracique, abdominale, etc., sont très graves.

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