SCARIFICATIONS
On désigne plus spécialement sous ce nom des espèces d'incisions ordinairement parallèles les unes aux autres et pouvant se croiser d'autres fois dans différentes directions; elles laissent entre elles des intervalles dont la largeur varie suivant lei indications ^ la longueur de ces incisions est en général de six à neuf centimètres (deux ou trois pouces) , elle peut être plus cônsidé-
rable; leur profondeur n'est pas toujours la même \, tantôt elle est d'un millimètre environ (un quart de ligne), tantôt au contraire la plaie pénètre jusque dans le tissu cellulaire sous-cutaiié.'
En couvrant les scarificatiops avec une ventouse , on obtient une émission sanguine abondante 5 ces scarifications servent encore , quand il coule peu de sang , à exciter les tissus sur lesquels elles sont pratiquées^ employées seules elles peuvent quelquefois y produire un dégorgement sanguin très-avantageux, parce qu'il est assez considérable.
Met-on en usage les scarifications sur des tissus sains , pour extraire du sang et afin de combattre une pijlegmasie de la plèvre on de l'estomac par exemple \ elles sont presque juxtaposées ; elles peuvent d'ailleurs s'entre-croiserdans des directions variées 5 elles intéressent toute l'épaisseur des téguments : sur la muqueuse oculaire , sur le prépuce , elles constituent des espèces de fissures très-superficielles : si on les emploie sur des indurations telles que celles fournies par les tumeurs blanches , par les trajets fistuleux , elles n'intéressent que superficiellement la peau; l'intervalle qu'elles laissent entre elleg est de trois centimètres à quatre centi- ' mètres cinq millimètres (un pouce à un pouce et demi) 5 lorsqu'elles sont profondes, elles sont au moifls distantes de neuf centimètres (trois pouces) les unes des autres \ c'est quand , yomme A. Paré , on taillade les ulcères indurés ; d'ailleurs les principes thérapeutiques que nous avons établis à l'occasion des mouchetures , s'appliquent aux sca^j^ations qui , nous le répétons , sont plus excitantes.
Les instruments dont on se sert pour pratiquer les scarifications , sont le bistouri convexe , la lancette à grain d'orge , le rasoir, dont l'extrémité est arrondie ; ces instruments sont tenus ordinairement en cinquième position , c'est-à-dire comme un archet de violon 5 ils peuvent suffire à tous les besoins, à moins qu'on ne veuille agir dans l'urètre, etc.
On peut encore mettre en usage les scarificateurs dont , nous le redisons, on a singulièrement augmerifté les espèces *, celui dont les lames, plus ou moins nombreuses, se montrent sur l'une de ses extrémités , est promené à la surface des tissus , après qu'on a fait saillir préalablement ses lames-, ainsi, quand les localités le permettent , quand on opère sur des parties saines, et qu'on ne redoute pas de trop rapprocher les incisions, quand on ne compte pas sur la douleur qu'on va produire pour déterminer à
l'extérieur une irritation, une inflammation révulsives , quand on a affaire à des sujets pusillanimes qui craignent singulièrement de souffrir, ce scarificateur doit être employé ; dans les autres cas les instruments que nous avons indiqués méritent la préférence; c'est l'opinion de la plupart des chirurgiens modernes 5 nous la partageons entièrement 5 les incisions que ces instruments pratiquent peuvent être faites avec beaucoup de rapidité ^ il est facile de leur donner le degré de profondeur exigé par les indications, avantage que ne possède pas le scarificateur.
Lorsqu'on veut que les scarifications produisent de l'excitation , de l'irritation , on les" panse comme les mouchetures 5 en général elles se cicatrisent promptement -, si elles suppurent quelque temps on surveille le trop grand développement des bourgeons charnus 5 on cautérise avec le nitrate d'argent fondu.
La difformité des cicatrices fournies par les scarifications est plus marquée que celle des sangsues et des mouchetures.
Les scarifications sont souvent très -utiles pour guérir les indurations.