‹ Précis de médecine opératoireChapitre 18 sur 68 · VACCINATION · texte numérisé non relu

VACCINATION

Depuis longtemps la variole faisait un grand nombre de victimes , lorsque Milady Wortley Montagne , épouse de l'ambassadeur d'Angleterre à Constantinople , voulut connaître les secrets qui conservaient la beauté des Géorgiennes et des Circassiennes destinées aux harems des souverains de l'Asie ; les médecins ottomans lui apprirent que les mères , trafiquant des charmes de leurs filles, leur inoculaient la variole ; que la médecine s'était emparée de cette découverte importante et qu'elle en avait obtenu de brillants succès 5 milady Montagne fit inoculer son fils 5 sa fille subit , à Londres , la même opération 5 bientôt l'inoculation se propagea ; souvent abandonnée, quelquefois accueillie, pour être encore proscrite , et enfin cultivée de nouveau , elle pénétra jusque dans les contrées les plus éloignées pour ainsi dire; toutefois, l'époque oii l'on devait renoncer à ses bienfaits pour se soutraire à ses funestes caprices était marquée : Jenner publia, en 1789, ses recherches snr les canses et les effets de la petite vérole vaccine; on dit, mais le fait. n'est pas certain, que les Indiens se servent du cow^pox de temps immémorial, que depuis longtemps ses succès n'étaient pas inconnus à d'autres

peuples 5 s'il en était ainsi , Jenner nous aurait seulement fait connaître le premier des résultats positifs sur la vaccine ^ sa gloire serait toujours très-grande -, il n'en serait pas moins l'auteur de la découverte la plus précieuse du dix-huitième siècle,

La vaccination est l'introduction du virus vaccin dans l'économie animale à l'aide d'une petite plaie : l'expérience semble avoir prouvé , d'après l'opinion de quelques médecins , qui ont beaucoup vacciné , que dans le premier mois de la naissance la peau n'est pas très-disposée à l'absorption du cowpox; quoiqu'elle n'échoue pas ordinairement à cet âge, il semble néanmoins préférable d'attendre que neuf ou dix septénaires se soient écoulés j des circonstances impérieuses feront enfreindre ce précepte 5 pour réussir, l'inoculation de la vaccine doit, assez souvejit, être pratiquée plusieurs fois chez les adultes, et surtout chez les vieillards ; en général , les maladies aiguës exigent qu'on retarde la vaccination ; elle ne produirait peut-être aucun effet , ou bien elle exposerait à augmenter l'état fébrile -, toutes les affections morbides qui existent sans fièvre ne s'opposent pas à l'inoculation du virus vaccin ; on a même observé des effets avantageux obtenus par son usage dans beaucoup de ces maladies ^ la crainte que le principe de la variole ne soit déjà dans l'économie du sujet , ne doit pas empêcher de le vacciner 5 un grand nombre d'observations prouvent que l'opération n'offre aucun danger, qu'elle a souvent^ au contraire, l'avantage de rendre la petite vérole bénigne ^ cette dernière opinion n'est pas celle deU. Bousquet; ce médecin distingué rapporte qu'en 1828 quatorze personnes, chez lesquels le cowpox et la variole existaient, moururent à Marseille.

Occupons-nous des moyens destinés à recueillir le vaccin et à le conserver^ le sixième ou le septième jour, sont les époques les plus sûres ^ on ouvre la pustule vaccine par de petites piqûres pratiquées avec la pointe d'une lancette ^ il faut tâcher de ne pas faire sortir du sang ; car il pourrait bientôt altérer le cowpox ; une gouttelette de virus qu'on attend plus ou moins longtemps paraît 5 on applique sur elle l'un des bouts d'un tube' capillaire de trois centimètres sept millimètres et demi , à quatre centimètres cinq millimètres (quinze à dix-huit lignes) de longueur^ le fluide soumis aux lois de la capillarité , monte dans ce petit instrument qu'il ne faut pas tenir perpendiculairement afm qu'il soit mieux chargé ^ lorsque la gouttelette de liquide a été absorbée , on le retire pour le remettre sur le bouton à mesure qu'une nouvelle

quantité de ce liquide en sort; il serait inutile de dire qu'on doit toujours se servir de la même extrémité du tube -, si le fluide s'y concrète l'on en casse un millimètre un quart (une demi-ligne), et même davantage ; on enlève ainsi cette concrétion qui s'opposerait à l'ascension du virus ^ quand l'instrument en contient assez, on en ferme les deux bouts, soit avec de la cire à cacheter, soit en les exposant successivement à la flamme- d'une bougie.

Suivant les uns , Jenner^^ selon les autres , la commission médico-chirurgicale de Milan se sert, pour la conservation du fluide vaccin, de deux plaques de cristal" dont la première offre une petite cavité qu'on emplit de virus et dont la seconde est appliquée dessus ; on lute ensuite avec la cire à cacheter ; ces deux procédés, ainsi que le stftvant conservent le cowpox liquide pendant de nombreuses années 5 les tubes sont préférables ; mais il faut que le verre renfermant le virus soit soumis à l'humidité , qu'on le mette à l'abri de la chaleur et de la lumière ; on le place sous une éponge imbibée d'eau fraîche et renouvelée tous les six à huit jours : M.' Fiard a imaginé des tubes capillaires de huit centimètres de longueur (deux pouces et deux tiers ) ; l'un de leurs bouts est ouvert, l'autre est fermé par une petite boule creuse qui ressemble à ceHe du thermomètre ; on introduit seulement quelques secondes cette boule dans la bouche; l'air qu'elle contient est ainsi chauffé; il se dilate et sort en partie de l'instrument; on se hâte alors d'appliquer l'extrémité béante du tube sur la pustule ouverte ,; on a soin de ne pas mettre les doigts sur le renflement de l'instrument; car on empêcherait la baisse de température indispensable à la réussite de la manœuvre ; cette température de la petite boule diminue en effet ; le gaz atmosphérique qu'elle renferme se condense et forme du vide; le fluide vaccin est ainsi aspiré dans l'instrument : quand on le juge suffisamment chargé , on l'oblitère à l'aide de l'un des procédés que nous avons indiqués plus haut à l'occasion des tubes capillaires : l'instrument de M. Fiard est le plus avantageux; nous signalerons bientôt la grande facilité avec laquelle Je fluide vaccin en est extrait sans éprouver le moindre mélange : pour empêcher le virus de s'altérer dans ce tube, on emploie les moyens que nous avons ci-dessus énoncés : ici , comme dans les deux modes précédents , le cowpox ne perd pas sa fluidité.

Pour conserver le vaccina l'état sec , on prend deux morceaux de cristal ou même de verre bien poli ; on tache avec le fluide

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vaccin qui se dessèche immédiatement une face de chacun d'eux-, on les applique ensuite l'une contre l'autre 5 puis on lute exactement, soit avec de la cire à cacheter, soit avec de la colle à boUche, soit avec une lame de plomb qui a l'avantage de préserver le cowpox de la lumière \ le procédé dont nous nous occupons le conserve beaucoup moins longtemps que les précédents j l'inoculation de hras à bras , est préférable.

Un autre mode m^ins sûr que tous ceux dont nous venons de parler, consiste à charger de cowpox le bout d'une lancette^ les deux faces de la lame sont successivement mises sur les gouttelettes de liquide fournies par la pustule vaccinale ; le virus se dessèche sur l'instrument ^ pour que la châsse ne l'enlève pas en s'appliquant sur le fer de cet instrument, on enveloppe le talon de sa lame avec du papier ou du linge ; il est maintenu ainsi à une distance suffisante desdeux branches fermées, qui entrent dans la composition de son manche 5 l'inoculation réussit bien à l'aide de ce moyen, si elle est faite le premier ou le second jour • un peu plus tard elle échoue assez souvent.

Du onzième au quatorzième jour, beaucoup de chirurgiens détachent des croûtes^ ils les mettent à l'abri du contact de l'air, pour s'en servir, disent-ils, plusieurs mois après 5 on a d'abord loué cette méthode; elle est évidemment moins sûre; elle a l'inconvénient de produire très-fréquemment de fausses vaccines.

Pour transporter le vaccin placé dans des tubes, on les introduit dans un tuyau de plume, dans lequel on a préalablement mis un peu de sciure de bois , ou du son ; on finit ensuite de l'emplir avec la même substance, puis on le ferme avec de la cire à cacheter ; un voyage de long cours exige surtout , que ces tubes soient logés entre deux éponges imbibées d'eau, et enfermées dans une boîte de fer-blanc , dont la capacité est de six à neuf centimètres carrés (deux ou trois pouces carrés).

Lorsque le virus vaccin et le chlorure d'oxyde de sodium ou de calcium sont bien mélangés depuis deux minutes environ, le premier est entièrement neutralisé (Bousquet ).

On conseille avec raison de charger l'instrument de covv|oox chaque fois qu'on fait une nouvelle piqûre ; on réussit même d'au- ' tant mieux que cet instrument imprégné de nouveau de virus, est introduit de nouveau aussi dans la petite solution de continuité.

. On se sert pour pratiquer l'opération d'une lancette à gràifi

d'avome non oxydée et bien affilée; c'est l'instrument le plus convenable 5 on a renoncé aux autres.

Quand on veut vacciner de bras à bras , l'enfant qui fournit le vaccin est déshabillé , ainsi que la personne qui va être inoculée 5 si Ton relevait les manches trop étroites de la robe , elles exerceraient une forte compression qui fournirait une certaine quantité de sang capable de^nettoyer les petites plaies et de faire échouer peut-être l'opération : pour ouvrir le bouton vaccin, le chirurgien assujettit le bras à l'aide de l'une de ses" mains, de l'autre il saisit la lancette avec le pouce et l'indicateur placés sur l'articulation de la lame avec la châsse ; la pointe de l'instrument est introduite dans la pustule -, la gouttelette de virus sort 5 le bout de la lancette est porté à plat sur sa base pour s'en charger ; le bras du sujet qui doit être vacciné est fixé; la peau en est tendue avec le pouce situé sur l'une de ses faces latérales ; les quatre derniers doigts reposent sur l'autre ; la paume de la main couvre la région postérieure du membre et une partie de son côté externe ; l'opérateur n'exercera pas une pression trop forte, dans la crainte de déterminer des ecchymoses quelquefois faciles à produire , et de faire couler quelques gouttes de sang qui nettoieraient la plaie, et pourraient empêcher le succès de l'opération : chez les femmes qui portent assez souvent les bras nus, les piqûres seront pratiquées au-dessus de l'insertion inférieure du deltoïde ; ainsi les traces fréquemment profondes et indélébiles du cowpox , pourront être cachées par une manche très-courte 5 c'est , en général , au-dessous de ce muscle, parallèlement à l'axe du bras , que les petites incisions au nombre de trois sur chacun des membres thorachiques , sont faites à la distance de trois centimètres environ (un pouce) les unes des autres; plus rapprochées, la réunion des auréoles inflammatoires exposerait à déterminer un phlegmon intense ; il vaut mieux disposer les piqûres , de manière à former avec elles un triangle ; il est des praticiens qui en font jusqu'à cinq et même six sur chacun des bras; ce nombre n'est convenable que si l'on a affaire à un malade sur lequel la vaccination a déjà échoué plusieurs fois , que si l'on n'est pas bien sûr du virus qu'on emploie ; en ne pratiquant qu'une ou deux solutions de continuité, on s'expose à voir la vaccine ne pas prendre.

Le pouce et l'index qui tiennent la lancette , sont à demi fléchis ; les trois derniers doigts prennent un point d'appui sur le membre ; la lame de l'instrument est alors enfoncée à plat près-

que horizontalement dans le corps muqueux de la peau, à la profondeur d'un millimètre un quart environ ( une demi-ligne) ; on l'y laisse séjourner quelques secondes 5 on lui imprime quelques légers mouvements de bascule pour en détacher le virus 5 on la retire ; il est des chirurgiens qui l'essuieni ensuite sur la petite plaie \ je crois que ce dernier moyen est mauvais , parce qu'il peut alors faire sortir du sang, parce que l'instrument peut aussi enlever le cowpox, mêlé au liquide sanguin.

M. Bousquet conseille d'introduire la lancette perpendiculairement dans l'épaisseur de la peau 5 il pense avec raison qu'ainsi le virus se détache plus complètement de l'instrument , et pénètre mieux dans la petite plaie 5 il croit que les piqûres un peu profondes sont plus fréquemment suivies de succès que les superficielles, mises ordinairement en usage; il ne craint pas que le sang fourni par les premières, qu'il préfère dans les cas où la vaccination ne doit pas facilement réussir , entraîne le virus avec lui ; il fait d'ailleurs remarquer que dans l'inoculation de la petite vérole celles-ci produisent plus souvent une grande quantité de boutons 5 l'expérience a sanctionné ce fait : pendant qu'on procédera à l'inoculation sur l'autre bras, d'après les principes q^ue nous venons d'établir , on apportera la plus grande attention à éviter l'abstersion des premières piqûres.

Pour extraire le virus des tubes capillaires , on brise les deux extrémités de l'instrument ; on adapte l'une d'elles dans un tube à souffler ou dans un tuyau de paille, l'autre extrémité est placée très-près d'une lame de verre; on souffle légèrement dans la paille pour ne pas vider complètement le tube à vaccin et pour qu'il y reste un milhmètre un quart environ (une demi-ligne) de matière ; si l'on négligeait cette précaution, l'air insufflé altérerait peut-être le cowpox dont on va se servir et empêcherait l'inoculation de réussir: c'est l'opinion de beaucoup de médecins : on prend avec la lancette le virus descendu sur la plaque de verre 5 afin d'ailleurs de ne pas émousser l'instrument, on en promène la lame horizontalement sur cette plaque ; quand elle est bien chargée de vaccin, on l'introduit dans l'économie par le procédé que nous avons décrit.

Afin de prévenir l'altération du cowpox, que pourrait occasionner l'insufflation, on frotte légèrement la partie moyenne du tube capillaire avec le bord acéré d!une pierre à fusil ; il est divisé en deux parties égales 5 d'où résultent deux petits godets dans les-

quels on plonge la lancette^ un seul tube suffit ordinairement pour vacciner quatre ou cinq sujets.

Lorsque le vaccin est renfermé entre deux plaques de cristal dont l'une présente un godet dans lequel le cow^pox est logé, comme nous l'avons déjà dit, on sépare ces deux plaques après avoir enlevé la matière qui concourt à les assujettir^ si elles résistent, on leur imprime de légers mouvements de rotation en sens opposé ; elles sont immédiatement séparées ^ pour charger la lancette on la plonge dans le virus.

Quant au tube de M. Fiard^ on casse celle de ses extrémités qu'on avait fermée ^ on échauffe l'air contenu dans la petite boule en la tenant avec les doigts; il se dilate et chasse le vaccin que l'on recueille sur une plaque de verre, comme nous l'avons dit plus haut 5 on conseille de faire tomber le virus sur la lancette ; je rejette ce moyen , parce -que s'il est déposé à une certaine distance de sa pointe, il en fautbeaucouppourqu'il vienne la couvrir; si , au contraire , on le met très- près de cette pointe , il s'en échappe en grande partie, et l'on en perd encore davantage que si l'on se sert de la plaque de verre que j'ai indiquée.

Quand on veut employer le cowpox desséché entre des lames de cristal ou de verre, on le délaye dans la plus petite quantité possible d'eau pure ; celle de fontaine est préférable : chargé par mon père, au commencement de mes études médicales, de vacciner vingt enfants dans un village où je ne pus me procurer que de l'eau de puits, toutes mes vaccinations manquèrent ; le même jour avec du virus pris sur le même enfant, et conservé par le même procédé, je mis en usage dans une autre localité l'eau de rivière; l'inoculation réussit seize fois sur dix-sept.

Vaccine-t-oh avec des lancettes sur lesquelles le cow^pox est sec , on plonge la pointe de l'instrument dans l'eau avec la plus grande rapidité possible -, on l'en retire immédiatement dé' la même manière; ensuite on l'emploie comme nous l'avons dit.

L'expérience a fait proscrire l'inoculation à l'aide des fils et du vésicatoire ; entre autres inconvénients ces moyens ont surtout celui de déterminer la fausse vaccine.

Mais l'opération est terminée; on conseille d'avoir grand soin que le sang qui couvre les piqûres ne soit pas abstergé ; on attendra le desséchementdupetit caillot avant d'habiller le sujet; on pense généralement quel'oubU de ces précautions expose à faire échouer la vaccination ; on couvre les plaies avec un linge fin ; on évite les

frottements exercés sur elles ^ la grosse toile est nuisible, surtout quand elle est sale -, les manches des vêtements seront larges, ainsi que les emmanchures ^ pour les mettre, on les éloignera de la peau du côté des piqûres, en plaçant sous elles de ce côté le doigt indicateur de chacune des mains ^ on recommandera au sujet de ne pas se gratter 5 on l'en empêchera , s'il n'a pas l'âge de raison 5 les boutons déchirés permettraient difficilement de savoir si la vaccine est vraie ou fausse.

Quand on ouvre toutes les pustules vaccinales , et qu'on en extrait la plus grande quantité possible de virus , la vaccine n'est pas moins préservatrice de la variole y on conseille cependant de laisser un bouton intact ; on pense que l'extraction du covy^pox rend la marche de la maladie plus désagréable ; lorsque l'opération est bien faite , je ne partage pas cette opinion.

Personne n'ignore que la vaccine ne se montre qu'au troisième jour plus ou moins révolu^ tantôt ayant cette époque les petites piqûres ne s'enflamment pour ainsi dire pas; tantôt, au contraire, dans les premières vingt-quatre heures, leurs bords rougissent et se tuméfient; ordinairement dans le cours du lendemain la phlegmasie s'éteint; mais vers la fin du troisième jour, il survient de la rougeur avec un peu de tuméfaction qui augmentent jusqu'au sixième; le septième, accroissement encore plus marqué d'un bouton de couleur argentée, déprimé vers son centre et rempli d'une matière limpide à sa circonférence, où il forme une espèce de bourrelet; auréole inflammatoire plus prononcée; le huitième, tension de la base de la pustule ; augmentation du cercle rouge qui peut se réunir à ceux qui l'environnent; souvent grande tuméfaction; beaucoup de liquide dans le bouton; démangeaisons augmentées; quelquefois fièvre; alors l'enfant devient triste, maussade; malaise; frissons légers; pâleur de la face ; engorgement des ganglions axillaires ; le neuvième et parfois le dixième jours, accroissement des phénomènes que nous venons d'indiquer; le onzième, diminution de la rougeur; le douzième, centre déprimé de la pustule offrant une couleur noire; ensuite, aspect gris jaunâtre de cette pustule; matière ressemblant à du pus; le treizième ou le quatorzième jour , inflammation presque entièrement éteinte ; dessèchement du bouton ; croûte dure, noirâtre, grisâtre, qui tombe du vingtième au vingt-huitième jour environ, et laisse souvent après elle des cicatrices profondes.

L'incubation du virus vaccin se prolonge quelquefois pendant un mois et davantage ; j'ai rencontré des faits de ce genre qui ont d'ailleurs été observés depuis fort longtemps. Il n'appartient qu'à un chirurgien imprudent de ne pas suivre lui-même les périodes de la vaccine ; car les gens du monde auxquels on confie ce soin commettent trop fréquemment des méprises funestes ^ je demeure convaincu que si l'on a vu assez souvent le cowpox ne pas préserver de la petite vérole, c'est parce que souvent aussi un grand nombre de médecins, je ne crains pas de le dire, ne suivent pas exactement les sujets vaccinés et qu'alors il est difficile , s'il n'est pas impossible , qu'on s'assure positivement si la vaccine est bonne ou mauvaise 5 ne sait-on pas d'ailleurs que les personnes les plus étrangères à l'art ont fait et font peut-être encore beaucoup de vaccina- . lions , que des commères de villages se sont livrées à la pratique de cette opération ; il est ainsi aisé de concevoir combien de fautes ont dû être commises ; cet abus , que peu de praticiens ignorent sans doute et que je signale à l'autorité pour qu'elle le fasse cesser , a certainement occasionné des événements funestes.

Il est des cas dans lesquels le pus existe abondamment sous la croûte \ on a observé des sujets chez lesquels la période inflammatoire se prolongeait trois semaines et même un mois.

On a avancé que dans certaines circonstances très-rares, la vaccination ne déterminait uniquement que quelques symptômes généraux et qu'elle n'en était pas moins préservatrice de la variole j je considère ces faits comme non avenus, parce que rien ne prouve qu'ils ne puissent pas être dus à une autre cause qu'au cowpox^ ne sait-on pas d'ailleurs qu'il est des sujets chez lesquels la petite vérole peut avoir été tellement bénigne que son existence a été ignorée et qu'il est enfin des personnes qui ne sont pas susceptibles de l'infection variolique?

Pour éviter la fausse vaccine , on ne se servira pas du vaccin fourni par un sujet ayant eu ou étant soupçonné d'avoir eu la variole ; il en sera de même des individus sur lesquels on aura . autrefois déjà pratiqué la vaccination , soit avec succès, soit avec des résultats douteux- la lancette oxydée, l'us^aged'un instrument mal affilé, les incisions trop profondes, l'emploi d'un virus parvenu à l'état purulent, son contact avec l'air , son défaut de fluidité, l'inoculation par les fils , par les vésicatoires , une irritation forte portée sur le lieu de l'opération sont les circonstances les plus propres à faire développer un faux cowpox.

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La fausse vaccine ne préserve pas de la petite vérole : elle commence à se montrer le lendemain et fréquemment le jour de l'inoculation -, une légère dureté se fait d'abord apercevoir ; quelquefois elle est seulement sentie par le doigt-, de la rougeur l'accompagne; elle s'étend et ne présente point de godet j le changement de couleur de la peau dont nous venons de parler est en général pâle et vergeté ; dès le deuxième jour il s'est formé un bouton irrégulier qui est à son summum d'intensité avant le sixième 5 il s'éteint même souvent à cette époque d'une manière complète 5 il contient une matière jaunâtre prenant l'aspect de la gomme par la dessiccation qui survient assez fréquemment le septième ; la suppuration de la pustule peut être de longue durée ; mais le bouton est constamment conique, c'est-à-dire qu'il ne présente pas de dépression , de godet à son centre 5 la croûte tombe quelquefois le cinquième jour et se renouvelle ensuite quelquefois aussi : la desquammation se fait plus longtemps attendre dans beaucoup de circonstances 5 on dit que la cicatrice n'est pas pointillêe; on a pensé que l'aspect du tissu inodulaire résultant de la vaccination suffisait pour distinguer la vaccine vraie de la fausse 5 c'est encore là une de ces erreurs si communes et si contagieuses aujourd'hui ; elle prend nécessairement son origine dans les illusions dont l'esprit médical est très-fréquemment affecté et auxquelles savent se soustraire les hommes dont l'intelligence est dégagée de toutes espèces de préventions et d'idées préconçues.

Le régime du sujet n'est changé qu'autant que la fièvre devient vive ; il n'en existe guère ordinairement-, j'ai vu des compresses épaisses imbibées d'eau végéto-minérale et' très-souvent renouvelées, diminuer la violence de l'inflammation ; quelquefois un cataplasme émollient est utile lorsque l'indocilité de l'enfant a fait pratiquer des plaies trop profondes dans lesquelles se développent presque constamment des phénomènes inflammatoires très-aigus.

Il est des sujets chez lesquels l'inoculation de la vaccine manque 5 jel'ai vue réussir parfaitement à la dix-neuvième tentative ; à moins qu'il n'existe une épidémie varioleuse , l'on doit mettre deux ou trois septénaires, même davantage, entre les opérations qu'on pratique pour faire pénétrer le virus dans l'économie animale : on sait , nous l'avons dit , que l'incubation du cowpox peut durer plus d'un mois.

Le virus vaccin ne s'allie à aucun autre-, il est un ^ j'ai cité dans ma thèse inaugurale un cas dans lequel une pustule était à moitié varioleuse et à moitié cov^pox ^ le liquide provenant du bouton varioleux, produisit par l'inoculation la petite vérole- la matière fournie par la pustule vaccinale n'occasionna que la vaccine-, l'expérience a démontré contre l'opinion des gens du monde qu'on pouvait se servir impunément de virus vaccin pris sur des sujets dartreux .^ psoriques , scrofuleux et même vénériens ^ c'est l'opinion de M. Bousquet-^ mais il est des erreurs qu'il faut savoir respecter ^ aussi le praticien n'emploiera le virus dans les conditions que je viens d'énumérer, que s'il ne peut pas s'en procurer d'autre et quand les dangers de contracter la variole sont imminents : faisons cependant observer qu'il faut , autant que possible , se servir de vaccin pris sur des enfants sains et beaux ^ car il est d'observation qu'alors il détermine des boutons plus développés 5 M. Bousquet pense qu'en procédant ainsi, le cowpox dégénère plus lentement; est-il besoin d'ailleurs de rappeler que les belles semences produisent de plus belles plantes?

A quelle époque de la vaccination l'infection varioleuse n'estelle plus à craindre? Les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas de me livrer à de longues considérations sur ce sujet ^ je recommanderai seulement de ne pas exposer les personnes vaccinées à la contagion , avant que les boutons-vaccin soient bien desséchés.

Des recherches faites avec le plus grand soin , en Angleterre , ont prouvé que pendant longtemps le nombre des individus vaccinés, qui étaient affectés consécutivement de variole, égalait celui des sujets sur lesquels cette phlegmasie cutanée se développe deux fois ; mais ^ plus tard , on a observé beaucoup de personnes qui , ayant été soumises à la vaccination à des époques variées , ont eu la petite-vérole; je ferai d'abord remarquer qu'on a confondu très-souvent cett^ dernière maladie avec la varicelle, que la différence existant entre ces deux affections morbides est assez souvent difficile et même impossible à établir, à moins qu'on ait recours à l'inoculation.

Toutefois, tout le monde connaît les ravages produits par les épidémies varioleuses sur beaucoup de sujets vaccinés 5 ai-je besoin de répéter que souvent on ne s'était pas assuré si le cowpox avait été bon , ce qui réduit singulièrement , quoi que puissent en

penserune infinité de médecins, lenombmdes petites-véroles qu'on met en ligne de compte; car il ne faut admettre ici, pour en tirer de justes conséquences, que les varioles survenues après une vraie vaccine-, ainsi des observations très-multipliées et bien faites, ce qui est certainement fort difficile, ce qui exigerait qu'on y consacrât exclusivement un grand nombre d'années dans plusieurs contrées, démontreraient, je crois, queles cas dans lesquels le véritable cowpox n'a pas été préservatif, sont infiniment moins nombreux qu'on ne le pense généralement 5 il faut que la marche de la vaccine soit suivie pied àpied ;il est indispensable que le médecin voie l'enfant tous les jours 5 je crois qu'on néglige trop souvent ces préceptes 5 par cela même, en effet, que la maladie est ordinairement trèsbénigne, on demeure dans une sécurité complète ; on visite le sujet une fois ou deux seulement pendant le cours des résultats de l'ofîération ; assez fréquemment on doit mal juger ces résultats 5 arrivent ensuite les événements funestes :.les idées que je viens d'émettre ont d'autant plus de valeur, que j'ai appris par plusieurs praticiens très-soigneux et qui s'étaient beaucoup livrés à la pratique de la vaccination, que fort peu de personnes vaccinées par eux avaient été aftéctées consécutivement de petite-vérole ; ces praticiens exercent en province, où la clientèle est moins flottante, où l'on se connaît davantage , où l'on perd difficilement de vue les sujets auxquels on a donné des soins : la nature de cet ouvrage ne me permet pas de poursuivre plus loin ces considérations et de citer des faits.

Mais il est évident, nous le répétons, que depuis quelques années les vaccinations ont été beaucoup plus fréquemment suivies qu'autrefois de petite-vérole ; on s'est livré à de nombreuses recherches pour en connaître les causes : je dois faire abstraction de celles que j'ai indiquées plus haut -, on s'est arrêté , en général , à l'idée que le cowpox , employé sur l'homme , avait vieilli , que son action préservatrice s'était affaiblie à mesure qu'il avait été soumis à un plus grand nombre de transmissions , qu'il fallait nécessairement en recueillir de nouveau sur la vache.

Quoiqu'en trayant cet animal aifecté de vaccine, le pâtre voie la maladie se développer sur ses mains , il est démontré que l'inoculation du cowpox, provenant de la vache, réussit difficilement sur l'homme -, lorsqu'on obtient un succès, le bouton est petit, chétif; emploie-t-on le virus -vaccin fourni par ce bouton? il détermine de très-belles pustules vaccinales assez sou-

vent accompagnées d'à^sipèle, de phlegmon intense et même d'ulcération profonde; il faut nécessairement alors mettre en usage les antiphlogistiques destinés à combattre ces complications; ils réussissent parfaitement ; M. Bousquet^ auquel j'emprunte toutes ces idées , n'a observé jusqu'à présent aucun cas de gangrène; cet auteur a remarqué que les boutons durent cinq ou six jours de plus que si Ton avait employé le cowpox de Jenner.

M. Bousquet continue à se servir aujourd'hui du vaccin qu'il a recueilli il y a huit ans sur une femme de Passy, qui le tenait d'une vache; les boutons qu'il obtient sont encore très-sensiblement plus développés que ceux occasionnés par la vaccine de Jenner.

M. Bousquet pense que dans les circonstances où l'on doit craindre que la vaccination ne réussisse pas, il est préférable de recueillir le vaccin le cinquième ou le sixième jour, sur les boutons de covs^pox régénérés; il s'est assuré qu'à cette époque il était plus actif.

Le même auteur a démontré par beaucoup d'expériences que le vaccin, transporté de l'homme à la vache, n'est' pas régénéré; car alors, repris sur cette dernière et transmis à l'espèce humaine , il ne produit pas des boutons plus volumineux que le cow^pox de Jenner; or, pour renouveler ce dernier, il est nécessaire que la vaccine se soit développée spontanément sur la vache 5 n'oublions pas de faire observer que la vaccination réussit difficilement sur cet animal lorsqu'il est âgé , et qu'ordinairement elle est suivie de succès quand il est jeune.

Que dirai-je delà revaccmaïion? On s'en occupe sérieusement encore ; l'opinion de tous les médecins est fort loin d'être arrêtée surcepointexcessivementimportant de thérapeutique préventive ; abstraction faite des idées que nous avons ci-dessus exposées , ajoutons qu'il serait possible à la rigueur qu'à mesure qu'on s'éloigne beaucoup de l'époque à laquelle une vaccine vraie a existé, elle perd ses facultés préservatiices , qu'en d'autres termes la vaccine ne préserve de la variole que pendant un certain laps de temps.

D'après toutes les considérations auxquelles nous nous sommes livré , faut-il revacciner les personnes qui l'ont été il a déjà longtemps? je réponds par l'affirmative : l"" Parce qu'en renouvelant cette opération , le sujet n'est soumis à aucun inconvénient notable. 2" Parce qu'on peut ainsi le préserver de l'infection vario-

leuse ; 3" parce que si en pratiquant une nouvelle vaccination , il n'est pas possible, dans un très-grand nombre de cas, de reproduire le cowpox 5 il arrive néanmoins assez souvent , qu'on obtient une vraie vaccine , ce qui prouve que le virus inoculé la première fois, n'était pas bon^ ou bien que son action préservatrice s'est trop affaiblie, s'est même entièrement épuisée avec le temps.

Quand on fera la revaccination, on n'oubliera pas, comme nous l'avons déjà dit, qu'il est des sujets chez lesquels la vaccine ne prend que difficilement 5 d'où naît la nécessité de répéter au besoinl'opération d'après lespréceptes énoncés plus haut à l'occasion des personnes qui n'y ont pas encore été soumises ; en négligeant le principe que nous venons d'étabhr , et qui est trop fréquemment enfreint, on s'exposera à de graves accidents j nous en avons eu quelquefois malheureusement la preuve.

Inoculation de la variole. — Il est facile de concevoir qu'une épidémie varioleuse peut désoler une contrée dont les communications avec d'autres pays sont assez rares , et qu'alors il est possible que les médecins manquent de vaccin pendant longtemps; privés de cet héroïque préservatif, faut-il qu'ils demeurent tranquilles spectateurs des désastres trop souvent effrayants, occasionnés par la petite vérole y mais ne leur reste-t-il pas encore une ressource d'en conjurer jusqu'à un certain point les ravages ? cette ressource , c'est l'inoculation du virus variolique lui-même , qui , si elle compte des revers , s'enorgueillit aussi d'un grand nombre de succès ; il suffit d'ouvrir les annales de l'art pour en acquérir la conviction.

Avant l'inoculation de la petite vérole , on envoie les enfants à la campagne pendant quinze ou vingt jours environ 5 on choisit une localité avantageuse (Voyez les traités spéciaux) ; si une épidémie ne permettait pas la temporisation , on inoculerait sur-le-champ 5 quand il est permis de temporiser, les sujets sont soumis aux soins hygiéniques parmi lesquels nous signalons une alimentation douce ; lorsque rien ne presse, on attend, si besoin est, que la santé soit excellente; on purge une fois ou deux : des méliecins disent avoir observé que l'emploi des purgatifs et le changement de régime des enfants, occasionnent fréquemment un plus grand nombre de boutons varioleux , parce qu'alors la santé de ces enfants peut être fatiguée par l'usage de ces moyens.

Le mode opératoire est le même que celui de rinoculation de la vaccine ^ les moyens de conserver le virus variolique , et de s'en servir ensuite, sont encore semblables^ mais on a observé que si pour introduire le virus dans l'économie animale, l'instrument pénètre un peu profondément, les pustules vario- Jeuses sont plus nombreuses que dans tes cas où les piqûres ont été superficielles.

L'inoculation de la variole une fois pratiquée, on a recours aux soins indiqués par les auteurs, et dont la simple analyse m'entraînerait trop loin. La variole inoculée est, en général, discrète:, si elle était confïuente et qu'il se développât des boutons dans le pharynx, il faudrait se hâter de les toucher avec le nitrate d'argent fondu , suivant la méthode de M. Serres de l'Institut ; j'ai vu employer ce moyen très-souvent à l'hôpital de la Pitié, où pendant quelque temps étaient reçus, d'après un arrêté du conseil général des hospices , tous les varioleux de Paris; je me suis convaincu que, ordinairement, il était tres-avantageâx pour prévenir ou combattre les accidents trèsgraves et fréquemment funestes , qui se développent sur l'appareil des voies aériennes ; lorsque les boutons sont situés profondément, on les touche avec un pinceau imbibé d'une forte dissolution de pierre infernale; j'ajouterai qu'en appliquant, d'après les expériences du même médecin, un emplâtre de Vigo cwm mercurio^ sur les pustules de la face, on les fait avorter et Ton a le double avantage de les empêcher de mutiler la peau de la figure en la couvrant de cicatrices , et de soustraire les malades aux congestions cérébrales, si communément occasionnées par la turgescence, par 1 inflamuiation violente que la maladie produit à la tête quand l'art n'emploie pas le topique abortif que je viens d indiquer : témoin des succès nombreux qui ont été obtenus, je dois les signaleriez ce topique est mis en usage le plus tôt possible; la durée de son application est de quatre jours environ.

Quand la variole est même discrète et surtout lorsqu'elle est contluente, des pustules varioleuses peuvent se montrer sur la partie postérieure des paupières , sur leur bord libre , sur la membrane muqueuse oculaire; personne n'ignore les ravages qu'elles déterminent; tout le monde sait combien de sujets leur doivent la perte plus ou moins complète de la vue, et l'existence de cicatrices vicieuses, qui nuisent si essentiellement aux traits de la

face ; M. Serres de l'Institut, a imaginé de cautériser ces boutons de bonne heure avec le nitrate d'argent fondu, taillé en forme de crayon -, j'ai encore vu un très-grand nombre de cas de ce genre 5 ils m'ont donné la conviction que le procédé dont je m'occupe , fait aussi avorter la petite vérole sur les derniers points que j'ai indiqués, et qu'ainsi les malades sont soustraits aux accidents que nous venons de signaler ^ avant la cautérisation , on ouvre les pustules avec la pointe d'une lancette : honneur soit donc rendu aux progrès toujours croissants de notre belle science , ainsi qu'aux hommes qui la cultivent avec tant de succès.

Disons en passant, qu'à l'occasion de la petite vérole, on a beaucoup agité la question de savoir si les malades devraient habiter un appartement dans lequel l'air circulerait librement , ou bien si l'on ne permettrait pas , pour ainsi dire, à ce fluide de se renouveler ; ici comme dans tant d'autres circonstances, il faut éviter les extrêmes qui conduisent si souvent à de graves erreurs 5 la température du local occupé par le varioleux , sera moyenne ^ avec cette précaution , le renouvellement du gaz atmosphérique est très-utile.

L'usage de la saignée a été singulièrement vanté par les uns 5 les autres l'ont couvert de blâme ; il est certain que pratiquée lors de la suppuration des pustules, les émissions sanguines ont non-seulement l'inconvénient de favoriser, et même de produire la résorption de la matière purulente, mais elles ofit encore celui de diminuer l'énergie des propriétés vitales déjà trop affaiblie , et de priver ainsi la nature des ressources qu'elle doit opposer aux frais d'une abondante suppuration 5 si néanmoins , avant que cette suppuration soit développée, il existe des phlegmasies viscérales dangereuses, l'extraction d'une certaine quantité de sang , basée sur les indications et sur le génie de l'épidémie , peut devenir utile 5 je laisse d'ailleurs aux médecins le soin de s'occuper, dans les traités spéciaux, de ces importantes questions que j'ai dû légèrement esquisser ici : qu'il me soit permis de signaler la méthode de désinfection , proposée par M. Bailleul , l'un de nos anciens élèves les plus distingués-, ce praticien fait sur les varioleux , pendant la période de suppuration , des ablutions avec le chlorure'd' oxyde de sodium , à trois ou quatre degrés environ ; il a ainsi obtenu de grands succès ; cette méthode , qui me paraît d'ailleurs avoir besoin d'une nouvelle expérimentation, est digne de fixer l'attention des médecins.

Je ferai remarquer que, d'après les observations de M. Serres de la Pitié, le contact de l'air favorise singulièrement le développement des pustules varioleuses ; ainsi , tandis qu'elles sont trèsrares dans l'œsophage, on les rencontre trop souvent dans lelarynx^ elles sont communes et fréquemment confluentes , dans l'ectropion, sur la face postérieure de la paupière ^ il en est encore ainsi sur la membrane muqueuse du rectum , lorsque cette membrane est à l'état de procidence.

Les pustules varioleuses , suivant M. Serres , ne se voient guère sur les points de la peau couverts de poils ou de cheveux, et presque toujours on les trouve discrètes : les mêmes phénomènes s'observent dans les localités où les téguments sont habituellement humides.

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