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DU REDRESSEMENT DES DENTS

Quand la courbe décrite par les bords alvéolaires est étroite, quand elle forme en avant plus de saiUie qu'à l'ordinaire, quand les premières dents sont petites et serrées, il est très-rare que la seconde dentition soit belle.

Si l'on arrache les premières dents avant qu'elles soient assez fortement ébranlées, on s'expose à enlever ou à détruire le germe de la seconde dentition; d'ailleurs la mâchoire revient sur elle-

même ; il peut se développer des cicatrices osseuses qui rendent difficile l'apparition, à l'extérieur, de la dent secondaire. Le précepte que nous venons d'énoncer devra quelquefois être transgressé 5 c'est lorsque les circonstances fâcheuses que nous avons énoncées existeront , et quand on croira que la seconde dentition sera notablement vicieuse 5 alors on a recours à révulsion de quelques dents de lait ; il est même des cas dans lesquels on est obligé de sacrifier une ou deux dents de remplacement.

Si des dents sont hors de rang, s'il existe entrecroisement et qu'il y ait d'ailleurs un vide suffisant dans l'arcade dentaire, on a recours , selon les circonstances , à des fils de soie , ou de métal 5 on emploie aussi des plaques de formes variées 5 on leur donne des positions diff'érentes, suivant les indications.

Lorsqu'une dent incisive est placée trop en avant, on fait de dehors en dedans, sur son collet, un circulaire avec un cordonnet ; puis ce lien embrasse, d'arrière en avant, les dents voisines; il est engagé entre la canine et la petite molaire 5 ensuite il est noué , quand la dent est située trop en arrière, on exécute, en sens opposé, la manœuvre que nous venons d'indiquer.

Chez les sujets dont les dents de la mâchoire supérieure s'entrecroisent en avant avec celles de la mâchoire inférieure, on doit recourir à un plan incliné 5 car, sans ce moyen, l'opération échouerait à cause de l'obstacle que s'opposeraient mutuellement les rangées dentaires.

Il est des cas dans lesquels , pour faire place à la dent déviée , on en arrache une qui est voisine ; on doit sacrifier la petite molaire à la canine.

Les plaques en or ou en ivoire sont, en général, préférables aux fils seuk pour le redressement -, elles sont percées de trous dans lesquels on passe les hgatures -, lorsque la dent est saillante à l'intérieur, la plaque repose sur la face externe de l'arcade dentaire \ on embrasse le collet de cette dent avec un fort cordonnet de soie dont les deux chefs sont engagés à travers les trous de la plaque, et agissent ainsi de dedans en dehors ; d'autres ligatures servent souvent à fixer cette plaque aux dents voisines : si la dent saillit à l'extérieur , il est inutile de dire que, pour la ramener en dedans , la plaque est placée de ce côté.

M. Désir abode pense qu'il est préférable de mettre en usage une plaque antérieure et une plaque postérieure ; il évite ainsi le glissement des fils sur la couronne et surtout vers le collet de la

dent; ces plaques, on le conçoit aisément, ne doivent être employées que si la déviation est directe en dedans ou en dehors : le plus ordinairement , les déviations latérales sont corrigées par des fds. « Quant aux déviations par rotation, on les corrige généralement en entourant la dent d'un gros fd de soie, dont on ramène les bouts, l'un en dedans, l'autre en dehors de la bouche, pour aller se fixer aux dernières molaires. Comme ces dents, surtout si ce sont des incisives , laissent assez de prise , par le fait même de leur pivotement , aux moyens à l'aide desquels on cherche à les ramener, on les environne quelquefois d'un petit anneau qui les embrasse exactement, et porte en avant et en arrière un petit crochet dans lequel le fil est reçu, pour aller de là se fixer aux molaires de chaque côté , soit directement , soit par l'entremise d'une calotte dont seraient coiffées ces dernières, et portant aussi ou un petit crochet, ou un léger anneau sur lequel se nouerait le fil. )) (Nouveaux éléments complets de la science et de Vart du dentiste , par M. Désirabode et ses fils ^ t. r"", p. 188.) On a proposé de faire exécuter, à l'aide du davier, un mouvement de rotation sur leur axe, aux dents incisives et canines ohUquement situées^ et d'agir ensuite sur elles au moyen des plaques et de la ligature j ce procédé n'est pas avantageux 5 Laforgue le proscrit.

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