DE LA TRANSPLANTATION DES DENTS
Cette opération consiste à replacer immédiatement la dent qu'on vient d'arracher, ou bien à la remplacer par une dent autant que possible semblable et extraite sur un autre individu ; ce dernier procédé , autrefois mis en usage , est heureusement proscrit depuis longtemps ; il a d'ailleurs le très-grave inconvénient des diiiérerices de forme et de longueur des racines qui doivent s'opposer aux succès.
Dupont écrivit, en 1636, qu'une dent replacée immédiatement dans son alvéole, après en avoir été arrachée, peut con-
tracter de nouvelles adhérences avec cette cavité-, Fauchard est de la même opinion; Dionis et Verduc ne la partagent pas-, Eunter ^ Callisen l'adoptent sans admettre que le tissu dentaire puisse continuer de vivre ; 3Iaiiry , Lefoulon , Delabarre , etc., croient que la dent transplantée peut acquérir une solidité suffisante pour remplir les fonctions auxquelles elle est destinée; Richard^ Londe^ Dêsirabode^ etc., sont d'un avis contraire; ces derniers auteurs pensent que les dents replantées sont des corps étrangers, qui tantôt primitivement, d'autres fois consécutivement, et, même au bout de plusieurs années, peuvent détermine/ des douleurs violentes, des inflammations, des abcès et la carie de la mâchoire ; suivant eux ces dents tombent toujours plus ou moins promptement.
Pour décider la question importante dont nous traitons , il faudrait avoir observe un très-grand nombre de faits ; on sait que ceux qui existent dans les annales de l'art sont rares -, d'ailleurs il est souvent difficile de suivre assez longtemps les sujets sur lesquels l'opération a été pratiquée ; presque toujours on les perd de vue avant de pouvoir la juger -, j'en ai observé quelques-uns chez lesquels elle semblait devoir réussir ; je ne crois pas que la dent puisse continuer de vivre; on la fixe avec un fil d'or ou de soie sur les plus voisines ; si elles sont trop écartées , on bouche les vides avec des fragments de liège ; puis on emploie la ligature comme nous venons de le dire.