I. Historique
Le choléra les poules l'ut étudié d'abord en France par Renault et Delal'ond : Renault, nous l'avons dit, l'identifiait avec le ctiarbon. Delafond au contraire sut l'en distinguer nettement.
En 1869 un vétérinaire alsacien, Moritz, signala dans le sang des poules morlos du choléra des çiranulations auxquelles il attribua le rôle essentiel dans la production de la maladie.
Vers 1878, M. Perroncito figura le microi)C du choléra dos poules, mais d'une IVicon inexacte : il inocula avec succès la maladie aux sujets sains.
Peu après, en 1879, Toussaint lit des tentatives de culture, mais ces tentatives restèrent incomplètes.
C'est à M. l'asleur ([ue revient l'iionncur d'avoir donné la démonstration de la nature microl)ienne du clioléra des jioules. Il recueillit purement le microbe dans le sang des sujets morts, et réussil à le cultiver artificiellement dans des bouillons de
MALADIES MICROBIENNES
poules stérilisés. Une goutte de ces cultures inoculée dans le muscle pectoral de sujets sains leur donnait infailliblement la mort après avoir produit chez eux les symptômes inhérents à la maladie : c'était démontrer irréfutablement que le microbe était bien la cause essentielle de l'affection. Non content de cette découverte, M. Pasteur réussit à atténuer la virulence des cultures par l'action de l'oxygène de l'air, et trouva ainsi un véritable vaccin qui, inoculé aux animaux susceptibles de contracter naturellement la maladie, leur confère l'immunité, c'est-à-dire leur donne un choléra atténué en quelque sorte, dont ils guérissent et qui les met à l'abri des atteintes ultérieures du virus le plus virulent.
C'était la première fois qu'on réussissait ainsi à rnodiiier un virus, toujours mortel, au point de pouvoir l'inoculer sans danger aux animaux les plus susceptibles, et, chose merveilleuse, ce virus ainsi atténué devenait le meilleur préservatif contre l'action du virus le plus meurtrier.
Après cette découverte, on pouvait légitimement espérer que la plupart des maladies contagieuses seraient tôt ou tard atténuées, et ainsi transformées en leur propre vaccin ; les vaccinations contre le sang de rate, contre le rouget du porc, contre le charbon syraptomatique, qui évitent tant de perles à l'agriculture, prouvent combien était féconde la voie ouverte par l'illustre savant. ,
n. Choléra des poules spontané.
Les animaux qui contractent le choléra des poules spontanément sont les oiseaux, et particulièrement les oiscnux de basae-cour : pù/eoHs', poules, ccmardi^, oies, dindons, pintades, faisans, etc.
CHOLÉRA DES POULES
L(3 lapin, qui oll're, nous le verrons plus loin, un terrain plus favorable encore que les oiseaux à l'évolution du choléra des poules, contracte rarement la maladie dans les conditions ordinaires de la vie : cela résulte de ce que, dans nos régions surtout, les lapins sont élevés à part, séquestrés et isolés des autres animaux de la basse-cour.
Les oiseaux, les lapins sont les seuls animaux domestiques susceptibles de prendre spontanément le choléra des poules.
C'est par les voies digestives que les oiseaux contractent la maladie. Les matières excrémentitielles, le jetage des narines et du ])ec des sujets malades, contiennent en quantité le virus du choléra. Ces matières souillent le sol de la basse-cour, et se mêlent aux aliments picorés par les sujets sains : tel est le mode d'infection le plus ordinaire.
Les lésions principales constatées à l'autopsie sont les suivantes :
Les muqueuses superficielles présentent une teinte asphyxique très marquée : le bec du sujet est souillé d'une bave visqueuse.
Les poumons sont congestionnés ; le péricarde contient une sérositi; jaune foncé souvent prise en une masse gélatiniforme, tremblotante; les lésions intestinales sont d'autant plus marquées que la mort a plus tardé : la muqueuse intestinale est congestionnée, liémorriiagiquc, et le canal intestinal contient une bouillie grisâtre, mousseuse, striée de samj.
Le sang est noir, asphyxique .
Le sang, les pulpes organiques, la bave, le contenu intestinal sont virulents.
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