II. Choléra du poro expérimental
Le choléra du j)orc peut èlre conféré oxpéri-
tG'
280 MALADIES MICROBIENNES
mentalement aux animaux, soit par les voies digestives, soit par inoculation sous-cutanée.
On infecte les animaux par le tube digestif en mêlant à leurs aliments les produits virulents du cadavre, ou des cultures pures du bacille.
L'inoculation sous-cutanée se fait avec le sang, la pulpe splénique ou ganglionnaire diluée et broyée des animaux infectés, ou avec le produit d'une culture pure.
Les animaux susceptibles de prendre le choléra du porc expérimentalement sont : le jjoi'c, la sou/'is, le lapin, le cobaye et, à un moindre degré, le pigeon.
La poule, le mouton, le veau sont réfractaires.
Le porc n'est pas très sensible à l'inoculation souscutanée : il résiste facilement à de très hautes doses de culture virulente ; l'inoculation des produits cadavériques virulents réussit mieux.
Vinfeclion pur la voie digestive est la véritable manière de conférer au i^orc le Hog-choléra, et les cultures sont, ici encore, moins actives que les viscères d'animaux morts de l'aireclion : 90 p. 100 des animaux infectés par ce mode expérimental succombent, au dire de Salmon, avec des symptômes et des lésions typiques.
A l'autopsie les lésions se présentent sous deux formes principales :
a) Tantôt les lésions sont presque limitées au canal intestinal, et portent sur le côlon, l'estomac, quclquefoisTiléon, très rarement le jéjunum ; elles consistent en une nécrose plus ou moins complète de la muqueuse;
6) Dans l'autre forme, qui amène la mort en six à quinze jours, on trouve les lésion? hémorrhagiques que nous avons décrites à propos de la maladie spontanée ; le foie, les reins, la rate, les ganglions lymphatiques sont tuméliés, noirs; le
CHOLÉRA DU PORC
poumon est atteint aussi. La muqueuse intestinale et celle de l'estomac sont congestionnées ; on trouve sous la muqueuse des suffusions sanguines.
Les souris succombent à l'inoculation sous-cutanée et à l'infection par la voie digestive ; on trouve constamment l'hypertrophie de la rate et de nombreux foyers de nécrose de coagulation dans le foie; au point inoculé existe une légère lésion locale.
Les lapins inoculés sous la peau de la cuisse succombent en trois à huit jours, suivant la dose inoculée, avec une violente congestion pulmonaire, l'hypertrophie de la rate, et de nombreux et remarquables foyers de nécrose de coagulation (taches blanchâtres) à la surface du foie et de la rate; au point inoculé il existe une masse blanchâtre, crémeuse, produit d'une nécrose de coagulation.
Les cobayes inoculés sous la peau meurent en un délai qui varie de trois à huit jours suivant la dose; la lésion locale, les lésions viscérales sont les mêmes que chez les lapins.
Le pigeon résiste à toutes les tentatives d'inoculation par les voies digestives : inoculé dans le muscle pectoral avec une forte dose, qui m doit pas être inft'rieure à quinze gouttes de culture, il succombe en vingt-quatre à quarante-huitheures ; la lésion locale est dans ces cas à peine marquée. Il en est tout autrement si l'animal inoculé avec une dose plus faible survit plus longtemps, ou si on le sacrifie après quelques jours, avant qu'il ait pu se rétablir. Dans ce cas la lésion du muscle pectoral est des plus intéressantes; elle rappelle, en l'accentuant, celle qu'on trouve dans le choléra des poules : la majeure partie du pectoral inoculé est blanchâtre, exsangue, les fibres eu sont friables et s'écrasent facilement sous la pince. Le tissu
282 MALADIES MICROBIENNES
musculaire entourant la partie ainsi nécrosée est gorgé de sang.
Ajoutons que clicz le lapin, le cobaye, et le pigeon, Yinoculaiion intra-pérUonéale, à dose suflisante, réussit parfaitement et tue ces animaux.
III. Le Bacille du choléra du porc. Sa recherche dans les liquides et tissus organiques.
Sur le porc qui vient de succomber à la maladie de forme aiguë, sur celui qui succombe à l'infection par les voies digcstives avec lésions héraorrhagiques généralisées, le bacille se trouve à peu près partout, mais surtout dans la rate, où il est plus abondant que partout ailleurs; le sang en contient assez peu comparativement à la rate.
Sur les porcs qui succombent à l'infection par les voies digestives, mais sur lesquels la lésion est bornée au canal intestinal, le bacille est si rare au contraire dans la rate et les autres organes que la culture seul peut l'y déceler.
C'est encore la rate qui est le siège de prédilection du bacille dans le choléra du porc expérimental de la souris, du lapin, du cobaye, du pigeon ; mais on le trouvera aussi en assez grande quantité dans le foie, les ganglions, le sang, etc.
L'étude du bacille du Hog-choléra peut se faire sans coloration et avec coloration : l'examen avec coloration est préférable pour les pulpes et les li- ([uides organiques.
Le microbe prend bien les couleurs d'aniline, mais ne se colore pas par les méthodes de Gram et de Weigert; nous conseillons surtout la solution hydro-alcoolique faible de violet de gentiane, qui donne d'excellents résultats.
Le bacille du choléra du porc apparaît dans les préparations colorées sous forme d'un petit orga-
CUOLÉUÂ DU PORC.
iiisine ovale, un peu plus long que large, « de 1, 2 à 1,0 (jL de long sur 0,6 [t. de large, ditSalmon ». Cet auteur a écrit encore que le centre du bacille était plus pâle que les contours. C'est exact, mais il faut, pour obtenir cette apparence, une solution colorante faible et un lavage complet de la lamelle : l'aspect signalé par Salmon apparaît nettement surtout avec le bien de méthylène.
Les coupes de tissu seront colorées suivant la méthode de Lofllcr, les méthodes de double coloration échouant, comme nous l'avons dit.