II. Farcin du bœuf expérimental
Le farcin du bœuf peut être inoculé au cobaye, au bœuf\a.um()uto)i. Le véritable rractif expérimental est le cobaye.
Les animaux réfractaires sont : le lapin, le chien, le cheval et Vdne.
Les inoculations se feront avec le pus pris sur l'animal malade, ou avec le liquide de culture.
11 y a plusieurs modes d'inoculation expérimentale du farcin, et ces divers modes donnent des résultats différents.
a) Inoculation hypodermique. — Chez le cobaye, au point d'iuoculalion, il se forme un abcès volumineux; en quelques jours les vaisseaux et les ganglions lymphatiques de la région s'indurent et deviennent le siège d'un énorme plilegmon, dont l'ulcération verse au deliors plusieurs centimètres cubes de pus ; à ce moment l'animal, très amaigri, semble devoir bientôt succomber; mais au contraire il revient peu à peu à son état normal, il engraisse et ne conserve plus de la lésion si grave qu'il avait présentée qu'une induration des lymphatiques et des ganglions atteints.
Chez le mouton et la vache l'inoculation donne un abcès peu volumineux qui s'ulcère de temps à autre, s'indure et semble disparaître, mais plusieurs semaines, plusieurs mois après, un nouvel abcès se montre au voisinage. Une longue observation, qui n'a pu encore élre faite, montrerait seule l'avenir de l'afTection inoculée.
Chez les animaux réfraclaires (lapin, cliieii, cheval, àne), un abcès se forme, peu volumineux, au point inoculé, s'ouvre, se vide et se cicatrice promptement.
h) Inoculation intra-périlonéale. — Ce mode d'inoculation provoque constamment chez le cobaye, dans un délai variable de neuf à vingtjours, des lésions qui simulent à s'y méprendre celles de la tuberculose railiaire. A l'ouverture des cobayes inoculés par le péritoine, la séreuse se montre littéralement farcie de nodules tuberculiformes ; ces nodules SQut surtout confluents dansl'épiploon, qui est transformé en une sorte de boudin volumineux, mamelonné : la pression en fait sourdre quelques gouttelettes de matière puriforme, épaisse, diflicile à dissocier.
Les viscères de la cavité abdominale (foie, rate, reins, intestins) paraissent également farcis de pseudo-tubercules ; mais un examen attentif permet
FARCIN DU BŒUF
de s'assurer que leur enveloppe péritonéale cstseule atteinte; leur parenchyme est tout à fait intact.
Los organes de la cavité Ihoracique ne sont jamais envahis.
c) Injection intraveineuse. — Les injections intraveineuses donnent chez le cobaye et chez le mouton des lésions simulant encore mieux la tuberculose
[■'ii^. ii't. — l'arcin ilii lin-iif. l'oumon do mouton. Vorick, oc. ^,olij.2.
miliaire généralisée; à l'autopsie du sujet d'expériences on trouve tous les viscères, mais surtout le poumon, le foie et la raie, infiltrés d'un nombre considérable de petits nodules tnbcrculiformes.
Chez la vache l'injection intraveineuse provoque des lésions uniilngnes, également généralisées à loiis les parenchymes; mais les animaux résistent si longtemps ([u'ils imt dé être sacrifiés, et qu'il n'rst pas enc'orc iiossibb; de savoir si ces lésions anraiiMit nal urellement provoqué la mort.
MALADIES MICROBIENNES
III. Le bacille du farcin du bœuf. Sa recherche dans l'organisme.
Une seule môLhode convient bien pour la rechcrclie du bacille du farcin de bœuf, qu'il s'agisse de produits pathologiques examinés sur lamelles, de coupes de tissu, de produits de culture : c'est la méthode de Weigcrt.
Dans le pus examiné par cette méthode, au milieu des globules colorés en rose par l'éosine ou le carmin, apparaît en quantité considérable un microbe spécial différent de tous ceux décrits jusqu'ici. C'est un fin et long bacille, se présentant sous forme de petits amas enchevêtrés d'une façon inextricable, la partie centrale figurant un noyau opaque, d'où rayonnent à la partie périphérique une myriade de fins prolongements, dont la plupart semblent ramifiés; on dirait une tête de chou-Ueur, un fagot épineux ou encore une semence de bardane. Sous le rapport des dimensions, ce bacille peut être comparé à celui du rouget de porc.
Les nodules tuberculi formes dos viscères présentent dans leur partie centrale une grande quantité de ces mêmes amas bacillaires en forme de broussailles.