IV. Culture du bacille du farcin du bœuf
La culture de ce microbe se fait aisément dans tous les milieux liquides ou solides, maintenus au contact de l'air, à une température variant entre 30 et 40°. Les tubes de gélatine-peptone ensemencés ne donnent pas trace de culture à la température de la chambre ; si on les met à l'éluve, la semence y pullule en quelques jours.
Le pus recueilli purement au centre d'un abcès ou d'un pseudo-lubcrcule convient à merveille
FARCIN DU BŒUF
pour renscnionccmcnt; il ne renferme pas d'autre microbe que le bacille décrit plus haut.
Sur la gélose, le microbe se développe en petil,s amas irrégulièromenL arrondis, saillants, opaques, plus épais sur les bords, d'une teinte blanc jaunâtre, à surface mamelonnée, terne et comme poussiéreuse; à la longue, ces plaques, d'aspect lichénoide, se réunissent et se confondent, en donnant à l'ensemble de la culture l'apparence d'une membrane épaisse et grossièrement plissée.
Sur la fomme de terre, la culture se fait rapidement sous forme de plaques écaillcuses, très saillantes, très sèches, de couleur jaune pâle, dont les bords comme taillés à pic semblent se soulever au-dessus du niveau du substratum.
Sur le sérum gélatinisé la culture est moins rapide; mais elle a le même aspect que sur la gélose, à cela près qu'elle est plus humide.
Dans les différents houiUons, c'est encore sous forme d'amas irréguliers que se multiplie le bacille, amas blanchâtres, dont la plupart tombent au fond du ballon, dont quelques-uns restent flottants à la surface, où ils s'étalent en une sorte de pellicule arrondie, lenticulaire, de couleur gris sale, avec un reflet verdàtre, d'aspect poussiéreux, qui ne se laisse pas mouiller par le liquide. C'est surtout dans les bouillons additionnés de glycérine et de peptone que la culture revêt cet aspect ; on dirait alors des feuilles de néunphar s'élalaut à la surface d'un étang, ou mieux encore du bouillon gras dont les yeux se seraient figés par le ref roidissemcnt.
La culture réussit encore, moins abondante et moins rapide, dans les milieux dont la réaction est légèrement acide; elle ne parait pas modifier la réaction des bouillons neutres ou alcalins, alors môme qu'on y a ajouté du sucre.
MALADIES MICROBIENNES
Ensemencé dans du lait, le microbe s'y développe avec les mêmes caractères sans en provoquer la coagulation, sans en modifier la réaction.
L'organisme est exclusivement aérobie ; toutes les tentatives de culture dans le vide ou en présence de l'acide carbonique ont échoué.
Quel que soit le milieu de culture, l'examen microscopique montre que le microbe s'y est reproduit en affectant la même disposition qu'il présente dans les tissus vivants ; ce sont toujours les mêmes amas filamenteux, enchevêtrés d'une façon inextricable, dont la nature bacillaire n'est appréciable que sur les bords, où les irradiations ont encore l'aspect ranieux signalé plus haut.
Les colonies anciennes paraissent riches en spores, celles surtout qui se sont développées à la surface des liquides glycérinés; les spores, extrêmement petites, résistent à l'imprégnation par les matières colorantes : elles apparaissent sous forme de lacunes ovoïdes incolores, à l'extrémité des segments bacillaires.
Les cultures conservent longtemps leur virulence et leur végétabilité ; après quatre mois de séjour à l'étuve à 40°, elles poussent avec la même vigueur dans les différents milieux, et les cobayes qu'elles servent à inoculer meurent aussi rapidement qu'au début.