III. Mammite gangrèneuse expérimentale
« h'aruignée est une maladie éminemment inoculable.
<( Si l'on injecte dans les conduits galactophores d'une brebis saine quelques gouttes de la sérosité de l'œdème, ou du luit fourni par la mamelle atteinte, ou une culture pure virulente, on provoque à coup sûr la reproduction exacte de la mammite spontanée. »
Mais l'espèce ovine semble seule apte à contracter la maladie expérimentale, comme elle est seule à présenter la maladie spontanée.
« L'injection d'un centimètre cube de culture virulente dans les tissusgalactophores d'une chèvre laitière ne produit absolument aucun trouble dans la santé de la bête; le lait n'en subit aucune altération ; ijuaranle-huit heures apiès l'injection, il ne renferme plus trace de microbe; son ensemencement ne lionne pas de culture.
« L'injection dans le parenchyme de la glande, à l'aide de l'aiguille de la seringue de Pravaz, donne lieu à une tumeur chaude, douloureuse, un peu œdémateuse, (jui reste localisée et finit par disparaître, en douze à ([uinzo jours, sans laisser d'aul'ii. i)K Miciionu:. jo
MALADIES MICROBIENNES
tre trace qu'une légère induration; à aucun moment, le lait sécrété par la mamelle inoculée ne semble altéré; les bouillons dans lesquels on l'ensemence restent stériles » (Nocard).
» L'injection de cinq gouttes de culture virulente sous la peau d'un chevreau de six semaines ne donne lieu qu'à une tuméfaction œdémateuse, chaude et douloureuse, qui se résorbe rapidement sans laisser de trace. »
« Le cheval, le veau, le porc, le chien, le chat, le cobaye, jeunes ou adultes, ne semblent guère souffrir de l'injection sous-cutanée de fortes doses de cultures virulentes; il se produit au niveau de l'injection un peu d'œdème et de sensibilité, parlois une petite tumeur inflammatoire ; mais le tout disparaît très vite.
« Le lapin supporte moins bien l'action du microbe. En général, il se forme au point de l'inoculation une tuméfaction 'chaude, douloureuse, qui graduellement augmente, gênant le fonctionnement de la région, et qui, après cinq à six jours, se résout en un abcès chaud, dont le pus de lîonne apparence fourmille littéralement du micrococcus de l'araignée ; mais l'animal ne parait pas beaucoup souffrir; il continue à manger comme précédemment. »
« Le microbe de l'araignée semble donc se comporter, à l'égard du lapin, comme celui du choléra des poules à l'égard du cobaye. »
if Une fois seulement un lapin a succombé, quati'e jours après l'inoculation de cinq gouttes de culture virulente; son autopsie a montré des lésions analogues à celles que présentent les moutons qui meurent de l'araignée » (Nocard).
MAMMITE DES liREItlS LAITIÈRES.
IV. Le microbe pathogène de l'Araignée — Caractères morphologiques. — Coloration.
Le microbe pathogène vc se rencontre que duns le lait, et dam la aérosité de Fœdcmc.
<< Le lait le charrie dos le premier jour en quantités considérables. »
La sérosité de rœdème le renferme également, mais en petite quantité. Il est plus rare encore dans la sérosité péritonéale.
L'examen à l'état frais n'est pas aisé, à cause des dimensions si petites de l'organisme.
La coloration donne de meilleurs résultats; elle est très simple; les solutions hydro-alcooliques des couleurs d'aniline (rouges, bleues, violettes), le bleu de Lôlîler réussissent bien ; les procédés de Gram et Weigert donnent de bons résultats.
Le microcoqiie de l'araignée est nn des plus petits qui se puissent voir, « plus petit que chacun des deux grains qui semblent former le microbe du choléra des poules. »
« Dans le lait des brebis malades, comme dans la sérosité de l'œdème, comme dans les difTérents milieux de cultures solides ou liquides, il reste à l'état de microcoques, isolés ou associés quatre à quatre, ou agglomérés en zooglées peu volumineuses : il ne prend pas volontiers la forme en chaînettes ou en chapelet. »