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V. Cultures du microbe de l'Araignée

Le microcoque de l'araignée est aérobie et aussi anaérobie.

« Sa culture est des plus faciles : tous les milieux connus semblent lui convenir pourvu qu'ils soient neutres ou alcalins.

L'ensemencement sera fait avec du lait, de la sé-

MALADIES MICROBIENNES

rosité de l'œdèiiK^ ou 1(3 pus de l'abcès du lapin, recueillis purement.

i° Culture dans les miluîiix liquides a l'air et DANS LE viiiE. — « Dans les lUff'érenU btmiUuni^ le microbe se multiplie avec une prodigieuse rapidité ; en moins de vingt-quatre heures le liquide est trouble, presque lactescent; après quarante-huit heures, le l'oud du vase est couvert d'une épaisse couche blanchâtre, pulvérulente, résultant de l'accumulation d'un nombre infini de micrococcus. Dès le premier jour aussi, le bouillon, neutre ou alcalin au moment de l'ensemencement, est devenu franchement acide, moins acide cependant que s'il avait été ensemencé avec le streptococcus de la mammite des vaches » (Nocard).

« Si l'on a soin de faire chaque jour une nouvelle culture, en prenant comme semence une gouttelette de la culture de la veille, le microbe conserve à peu près intacte sa puissance de puUulation comme sa virulence; mais si on laisse la culture à l'éluve sans la renouveler, le micrococcus perd rapidement la propriété de se reproduire. Pour lui, comme pour le streptococcus de la mammite des vaches, il semble bien que l'acidité qu'il provoque dans le bouillon soit la cause de la mort, car si l'on s'oppose à cette acidification, en ajoutant au liquide un peu de carbonate de chaux stérilisé, la culture se prolonge, et le microbe conserve longtemps la propriété de se reproduire » (Nocard).

La culture évolue plus abondamment et plus rapidement encore dans les bouillons sucrés, mais l'acidité du liquide apparaît plus vite et plus intense que dans les bouillons non sucrés. Très rapidement aussi la culture s'arrête et l'organisme meurt, à moins que l'on n'ait soin d'ajouter au liquide une petite quanlité de carbonate de chaux stérilisé.

MAMMITE DES UHEBIS LAITIÈRES.

Les cultures dans le bouillon à l'abri de l'air, c'est-à-dire dan>t le vide ou en présence de ^az inertes, présentent les naémes caractères.

« Ensemencé dans du lait de vache ou de chèvre, le microbe s'y multiplie avec une grande vigueur; en moins de vingt-quatre heures le lait est coagulé en masse, et le coagulum a une fermeté extrême. La rétraction du coagulum en exprime peu à peu le petit lait, sous l'orme d'un liquide incolore et transparent. Coagulum et petit lait sont très acides et renferment en abondance le microbe ensemencé » (Nocard).

Dans le vide le coagulum du lait ensemencé avec le microbe de l'araignée s'opère aussi vigoureusement que dans les cultures faites en présence de l'air.

2° Culture sur milieux solides transparents et UEMI-TRANSPARENTS. — luoculé cu piqùrc sur la.gélatine-peptone, le microbe se développe rapidement le long de la piqûre ; puis dès le deuxième jour, à 20°, il commence à liquéfier. La culture change alors d'aspect : « Rapidement la liquéfaction augmente en profondeur et en surface, en sorte qu'au cinquième jour ellea envahi une grande hauteur de la gélatine, dessinant dans l'axe de la piqûre une sorte de cône renversé ou de bonnet de coton, au sommet duquel s'accumule la plus grande partie des microbes formés. Dans toute la partie liquide, la gélatine a perdu sa transparence; elle est trouble, un peu acide et fourmille de microbes. »

« Après huit ou dix jours, toute la partie supérieure de la gélatine est liquéfiée, et la liquéfaction continue lentement en dessinant un cône à large hase » (Nocard).

Si l'inoculation est faite en strie, il se forme rapidement un largo sillon blanchâtre autour duquel liquéfie la gélatine.

MALADIES MICROlUENNES.

On peut également faire dos cultures en piqûre sur gélatine, dans le vide, ou en présence d'un gaz inerte.

« La cullure s'effectue le long du trajet de l'aiguille, mais reste maigre et discrète ; la liquéfaction du milieu solide ne commence guère avant huit ou dix jours, et ne progresse que très lentement » (Nocard).

La cullure sur plaques, d'après la méthode de Koch, donne aussi d'excellents résultats. « Dès le deuxième jour, la gélatine est farcie de colonies régulièrement arrondies, blanchâtres, qui se développent aussi bien à la surface que dans la profondeur; seulement celles de la surface grandissent plus vite et provoquent rapidement autour d'elles la liquéfaction du milieu; la surface en acquiert un aspect chagriné tout spécial. Au microscope, la colonie superficielle apparaît comme une taciie l'égulièrement arrondie, brunâtre, homogène, entourée d'une sorte d'auréole à demi transparente. )>

« Cette action liquéfiante, si puissante, du microcoque de l'araignée s'exerce également, mais à un moindre degré, sur le sérum du sang gélalinisé » (Nocard).

Sur la yélose en piqûre, le microbe produit le long du trajet de l'aiguille une cullure dense, blanchâtre, à bords festonnés. En strie sur la gélose, mode de culture préférable au précédent, le microbe forme une pellicule épaisse, d'abord blanche, puis légèrement jaunâtre : cette pellicule s'étale de plus en plus sur la surface de la gélose.

3° CuLTuiiiî SUR MILIEUX opAouES. — La pomme de terre conslitue pour le inicrococcus de l'araignée un milieu de cullure moins favorable que les milieux liquides ou solides transparents : la cullure en effet n'y est jamais très abondante. " Elle y

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affecte la forme d'ane miace couche grisâtre, visqueuse, qui s'étale lentement en surface, dont les Lords, largement festonnés, paraissent plus épais que la partie centrale; là aussi, la culture prend peu à peu une teinte jaune, plus accusée que sur la gélose, mais il est à noter que la zone périphérique de la culture, celle qui est de date récente, a toujours cette teinte grisâtre ou blanc sale qu'on observait au début » (Nocard).

Bèsumè.

Le microbe de l'araignée est un micrococcus aéroanaérobie ne tuant que les brebis soit spontanément, soit expérimentalement, et produisant un abcès clos chez le lapin inoculé. Il se colore par les solutions hydro-alcooliques connues, le bleu Lôfflcr, le bleu Malassez; il prend les doubles colorations de Gram et de Weigert. Il se cultive dans tous les bouillons; surtout dans les bouillons sucrés ; il j perd vite sa virulence à cause de l'acidité qu'il produit. Il liquéfie la gélatine, il se développe sur la gélose et la pomme de terre.

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[Iniidit.)

C'est au mois de mars 1888 (jue nous avons eu pour la première fois l'occasion d'observer et d'étudier cette maladie.

Elle sévissait alors à l'école d'AIfort sur les lapins élevés pour les expériences. Plus de ciu-

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quante sujets furent infectes et moururent dans un délai relativement court.

Koch (1878) a déterminé sur le lapin, par inoculation de macéré de viande putréfiée, une septicémie expérimentale, qui semble être celle que Davaine avait déjà produite sur le même animal par l'inoculation du sang de bœuf putréfié; aussi, dès le^ début, pensions-nous avoir affaire à la même maladie. Mais tandis que les cobayes résistent à Vinoi:ulation du virus de la septicémie des lapins de Koch, tout au contraire l'affection que nous étudions ici est contractée très facilement par le cobaye, qui eu meurt toujours dans un délai plus court que le lapin. Ces deux maladies nous semblent donc distinctes l'une de l'autre.

D'ailleurs la septicémie des lapins de Koch est purement expérimentale. Au contraire, la maladie que nous étudions ici a été observée sur des «nimnux infectés naturellement, fait qui lui donne, au point de vue pratique, une certaine importance.

I. Animaux atteints par la contagion naturelle. — Mode d'introduction du virus. - Principaux symptômes. — Lésions. — Produits virulents du cadavre.

Le lapin prend la maladie i)ar contagion naturelle, suivant le mode médiat. Les sujets malades rendent des excréments qui souillent le plancher des niches, qui se mêlent à la nourriture des animaux sains, et ces derniers absorbent ainsi la matière virulente : l'infection naturelle a donc lieu par les voies digestives.

Le lapin infecté devient d'abord nonchalant : il mange peu; il i-este dans un repos presque continuel. Bientôt il s'isole des autres. Il se tapit alors dans un coin de sa niche, et reste ainsi pelotonné, ramassé sur lui-même, le cou rétracté, le poil hérissé, les yeux fixes, à demi fermés, les oreilles

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tombantes. A cette période, l'appétit a complètement disparu; la respiration est fortement accélérée ; le tlanc bat très vite. Les excréments deviennent quelquefois liquides, et sont rendus sous forme de diarriice. L'animal est plongé dans la torpeur et ne se déplace que par la force. Enfin, dans les derniers moments de la vie, il prend la position décubitale et meurt le plus généralement sans convulsion aucune.

La maladie, dont la durée moyenne est de vingt-quatre heures environ, marche quelquefois avec une rapidité véritablement foudroyante. Dans ([uelques cas, au contraire, elle dure un peu plus longtemps et se prolonge un, deux ou trois jours, suivant la résistance des sujets. Mais son issue, quelle que soit sa durée, est toujours fatale.

A l'autopsie, on constate les lésions particulières aux septicémies ; il n'existe aucune formation de pus.

La face interne de la peau est fortement injectée et parait rougeàtre; les vaisseaux qui la sillonnent sont gorgés d'un sang boueux, noir, de teinte aspliyxique.

Les muscles qui recouvi'ent le tliorax, ainsi que ceux de l'abdomen, sont couleur lie de vin et comme imprégnés d'un li(iuide particulier qui leur donne au toucher une sensation de friabilité visqueuse.

Si on incise l'abdomen sur la ligne blanclie, et qu'en écartant les deux bords de l'incision on regarde dans la cavité abdominale, on voit que l'intestin nage, pour ainsi dire, dans une sérosité abondante, louche, rosée, sanguinolente, albumincuse. Dans d'autres cas, s'il y a peu de liquide, l'épauchement est jaune citron, albumiueux, souvent purulent.

Les intestins sont toujours rougcàtrcs, congés-

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lionnés sur une grande partie de leur étendue ; leur muqueuse est liypcrhémiée, épaissie en certains endroits, et enduite d'un liquide rouge-brun, mousseux, quelquefois sanieux.

Les vaisseaux du mésentère et de l'épiploon sont distendus par la grande quantité de sang qu'ils contiennent.

La rate et le ioie ne présentent pas de lésions macroscopiques bien sensibles, si ce n'est une légère augmentation de volume et une teinte générale plus foncée qu'elle ne l'est normalement.

Dans la cavité thoracique, on voit de la pleurésie plus ou moins accusée ; le poumon, souvent très congestionné, ecchyraosé, semble nager dans un épanchement rougeàtre, allnimineux. Le péricarde est toujours rempli d'un liquide, rarement sanguinolent, le plus souvent au contraire incolore, légôrcmentlouche, mais toujoursalbumineux.

Dans la vessie, l'urine, s'il y en a, est très fortement alburaineusc.

Telles sont les principales lésions macroscopiques que l'on constate sur les sujets succombant à l'infection naturelle.

Les produits virulents du cadavre sont : le contenu de l'intestin, les difl'érents épanchements que nous avons signalés ci-dessus : sérosité péritonéale, liquide péricardique, épanchement pleural. Le sang, les pulpes de rate et de foie sont aussi virulents, mais à un plus faible degré; ils contiennent peu de microbes : il faut, avant de les inoculer, les exposer à l'étuve (37°).

II. Animaux d'expérimentation; choix des sujets à inoculer. — Matières d'inoculation. — Symptômes et durée de la maladie expérimentale. — Lésions.

La maladie est transmissible par inoculation au lapin, au cobaye, et à tous les oiseaux : poule, ^nn-

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tade, faisan, dindon, oie, canard, pigemi cl moineau.

Los inoculations se l'ont soit avec les produits virulents des cadavres recueillis parenient, suit avec les cultures.

Nous conseillons surtout, d'inoculer le sang ou les pulpes de rate et de foie recueillis |uirement ; niais lorsque ces matières proviennent de lapins ou de cobayes, il faut, avant de les inoculer, adopler la techni(jue suivante, car, généralement, et surtout quand les animaux sont morts rapidement, elles contiennent peu de microbes :

Le sang (ou les pulpes) est recueilli purement dans une pi[ietto Pasteur dont on ferme l'extrémité effilée à la lampe ; cette pipette est placée à l'étuve Pasteur (37") pendant quinze heures en moyenne. Cràce à la température de l'étuve, les ([uclqucs microbes cont(;nus dans le sang évoluent dans celui-ci, qui devient pour eux un véritable milieu de culture liquide. Au bout de douze heures, ils accusent leur multiplication par un fort dégagement de gaz acide carbonique, formant de petites bulles gazeuses, très visibles à travers les minces parois de la pipette, dans le sein du liquide

A. — Inoculatio.n au lapin. — L'inoculation se fait à l'aide de la seringue de Pravaz dans le péi'itoine, dans les veines ou bien, simplement, dans le tissu conjonctif sous-cutané du plaide la cuisse.

L'infection peut se faire par les voies digestives en mêlant la matière virulente aux aliments de l'animal.

Ladurée de la maladie expérimentale, qui est en moyenne de vingt heures, dépend non seulement de la quantité! et de la qualité du virus emiilové, mais aussi du mode d'inoculation. C'est ainsi fpi'inoculés dans le péritoine, les lapins meurent plus vite que si la matière virulente a été inlixiduite dans le lisau conjonctif sous-cutané.

Les symptômes et les lésions de la maladie sont identiques à ceux (juc nous avons décrits plus haut.

B. — Inoculation au cohayiî. — Le cochon d'Inde prend bien la maladie expérimentale, et en meurt aussi vile que le lapin.

C'est là un fait important, et qui sépare la maladie qui nous occupe de la septicémie expérimentale du lapin de Kocli, et du rJiolvra des poules de Pasteur.

La matière virulente sera inoculée dans le péritoine ou bien dans le tissu conjonctif sous-cutané : la région du plat de la cuisse, dans ce dernier cas, sera choisie de préférence.

Deux gouttes de sang traité comme nous l'avons dit plus haut, ou deux gouttes de culture suffiront à tuer le sujet en moins de vingt heures.

Nous recommandons, pour l'étude, d'inoculer deux cobayes, l'un dans le péritoine, l'autre dans le tissu conjonctif sous-cutané. Le premier mourra plus vite que le second et, à l'autopsie, on constatera toutes les lésions septiques que l'on rencontre chez le lapin; mais, comme nous le verrons plus tard, les préparations ne montreront dans ce cas que peu de microbes, car le cobaye inoculé dans le péritoine meurt plutôt des suites de rintoxication due aux produits sécrétés par les microbes qu'il ne succombe aux lésions anatomiques causées par eux.

Sur le cobaye tué par l'inoculation intra-péritonéale, les lésions sont les mômes que celles que nous avons décrites chez le lapin mort par suite d'infection naturelle.

Voici les lésions que l'on remarque chez le sujet tué par l'inoculation sous-cutanée.

Le point d'inoculation, la région de la cuisse et de l'aine correspondant à l'introduction de la matière virulente, sont tuméfiés, o'démateux ; le membre entier est rétracte.

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La face inlorne de la peau est rouge ; les vaisseaux qui la sillounenl sont gorgés de sang.

Le tissu coujonctif sous-cutané est envahi par un œdème gélatineux, comparable à celui que l'on voit sur le cobaye mort du charbon bactéridien. Cet œdètnc est souvent généralisé, mais toujours plus abondant au imint d'inoculation que partout

Kig. .S7. — Septicémie spoutiinoe du lupin.

A, Moineau. Pulpe de rnto. Loilz, oc. 3, obj. 1/12.

B, .Surface lUi foie. Cohiiye. Même grossissement.

ailleurs. Dans cotte région, correspondant au plat de la cuisse et à l'aine, il est toujours sanguinolent.

Tous les muscles superricicls ou profonds sont de teinte lie de vin. Au loucher, ils donnent une sensation molle et vis(|ueuse.

L;i cavité abdominale contient toujours un épanchement i)lus ou moins abonilant, dont les PH. DK MrcitnniK. I 0

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qualilés physiques variciil : quelquoFois il est jaune ovungé, peu abondaul, albumiueux ; dans certains cas il est abondant et sanguinolent. Les vaisseaux des séreuses sont remplis d'un sang noir et coagulé.

Les intestins, dilatés par les gaz, présentent en certains points de véritables ecchymoses à contours ii'réguliers.

Le poumon, toujours quelque peu congestionné, nage dans un épanchement pleural, souvent sanguinolent.

Le péricarde est distendu par un liquide séreux, albumineux, incolore et légèrement louche.

La vessie renferme souvent de l'urine, qui toujours est albumineuse.

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