‹ Précis de microbieChapitre 132 sur 156 · G. — L\0CIILAT10N AU PIGEON, A I.A POULE OU A · texte numérisé non relu

G. — L\0CIILAT10N AU PIGEON, A I.A POULE OU A

TOUT* Auxniî OISEAU. — Le virus peut ici être inoculé dans les veines, dans le péritoine ; mais nous l'inoculons de préférence dans un des muscles pectoraux. On peut aussi infecter l'animal par les voies digestivcs en mélangeant la matière virulente aux aliments.

Les symptômes que l'on observe chez les pigeons, les poules inoculés, sont en tout semblables à ceux du choléra des poules.

Quelques heures après l'inoculation, l'oiseau devient triste, nonchalant, ses déplacements sont moins fréquents ; il s'isole des autres, se ramasse en boule, les plumes hérissées, les ailes traînantes, le cou rétracté, les yeux presque entièrement ferniés.

A cette période, l'appélit, d'abord irrégulier, a disparu complètement. Des symptômes asphyxiqucs apparaissent alors : les muqueuses apparentes, de roses qu'elles étaient, deviennent lernes, puis bleues. Le sujet tombe ensuite dans un coma profond; il est souvent pris de coliques. Bientôt il

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est complètement incapable de se tenir sur ses pattes, et finit par mourir dans un coma profond, le plus souvent sans convulsions.

La maladie marche avec une grande l'apidité. Nous avons vu des sujets mourir en moins de quinze heures : les lésions sont alors peu accusées. Mais si, au contraire, l'animal résiste un jour ou deux, ce qui arrive lorsiiu'on inocule le virus atténué, il se produit au point d'inoculation un véritable séquestre comparable à celui qui se forme dans le cas de choléra des poules expérimental, et dans le hoj^'-choléra expérimental des oiseaux.

Le muscle pectoral dans lequel a été faite l'inoculation est tuméfié ; à son niveau, le tissu conjonctif sous-cutané est infiltré d'une sérosité souvent sanguinolente ; la face interne de la peau est rouge et les vaisseaux qui la sillonnent sont distendus par le sang.

Le point inoculé est le siège d'une tumeur, de volume variable, comparable le plus souvent à celui d'une noix. Elle est dure, jaune à sa surl'ace; elle crie sous l'instrument tranchant ; sur la coupe, on voit qu'elle se continue dans le muscle, en formant des prolongomenis jaunes, fibreux, irréguliers, à bords finement dentelés.

La cavité péritonéale contient souvent un épanchement séreux, rarement sanguinolent.

La rate est hyportropiiiée ; sa forme, modifiée par la tuinéfaclion, ra[)pelle celle d'un haricot; quelquefois môme elle (!st comparable aune olive. Son tissu est toujours très friable.

Le foie no présente rien de particulier, si ce n'est une légère augmentai ion de. volume, uiu; extr ême friabilité et une teinte cuite ]Kirticulière.

Le iiounion, congestionné nage dans un épanchcment pleural peu abondant, jaune citron ou sanguinolent.

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Le péricarde contient toujours un liquide ordinairement incolore, transparent, toujours alburaineux.

Telles sont les principales lésions que l'on rencontre et qui, comme on le voit, sont en tous points identiques à celles du choléra des poules.

Le sang et les^ pulpes des organes parenchymateux constituent par excellence les matières virulentes du cadavre. Mais en somme, tout dans le cadavre est virulent, le microbe évoluant partout où il y a du sang : la moelle osseuse elle-même est virulente. Les épanchements pleural, péricardique et péritonéal le sont également.

III. Le microbe pathogène; sa recherche dans les liquides, les sécrétions pathologiques et les tissus organiques. — Sxamen microbiologique avec et sans coloration.

La l'orme et l'babilat préiëré du microbe pathogène semblent changer, suivant l'espèce sur laquelle il évolue : c'est ainsi que chez le lapin et le cobaye il prend presque exclusivement la forme d'un micrococcus ou d'un diplococcus, tandis (jue chez les oiseaux on le voit de préférence affecter la forme d'un bacille à espace clair, semblable à celui du choléra des poules, que l'on rencontre particulièrement dans le sang et les organes parenchymateux de la cavité abdominale. Nous allons donc, pour la clarté du sujet, l'étudier d'abord sur le lapin et le cobaye, ensuite sur le pigeon.

1. Éti:de DLi JucnoBE sun i.e l.\pin ou sur le coi5.\YE. — Dans ces deux espèces, le microbe évolue de la même façon, produit à peu de chose près les mêmes lésions sepliques; ce i[ue nous dirons du lapin s'appliquera doue également au cobaye.

On recueillera purement sur le cadavre de la sérosité périlonéale, pleurale ou péricardique, que

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l'on examinera sans coloration (Vérick : oculaire 1, obj. 8). On verra clans la préparation une quantité infinie de petits points isolés ou réunis deux à deux, mobiles, se mouvant autour de leur axe dans le liquide séreux, rempli de débris de cellules, et souvent de globules du sang. Ces petits points ne sont autre cliose que les microbes de la septicémie du lapin.

Après cet examen sommaire, on colorera sur lamelles ces différents liquides, oumieux, on appliquera simplement des lamelles sur la surface du foie. On colorera ensuite dans les difl'érentes solutions hydro-alcooliques connues, violettes, rouges ou bleues; cinq minutes de contact suffisent pour obtenir la coloration. On examinera alors au microscope, à l'éclairage Abbe et avec l'objectif à immersion. On se rendra ainsi compte de la forme en diplococcus des microbes et de leur grande abondance.

On examinera ensuite le sang, dans lequel, si l'autopsie a été faite aussitôt après la mort, on verra peu de microbes.

La quantité de micro-organismes rencontrés dans les i)réparations dépendra de la durée de la maladie et du moment plus ou moins tardif auquel on a fait l'autopsie.

Dans les cas foudroyants, on verra peu de microbes, car ils ont à peine eu le temps d'évoluer et le sujet a succombé à l'intoxication par leurs produits de sécrétion. Il en est tout autrement quand la maladie a duré plus longtemps et que l'autopsie n'est pas faite aussitôt après la mort.

Les procédés de douljle coloration de Gram ou de VVeigert ne donnent ici aucun résultat.

Il est avantageux d'employer le bleu de Lôl'ller ou la ]i(jueur colorante de Malassez ; on obtient ainsi de très fines préparations.

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2. Étude du MiciioBii sur le pigeon. — Ouclles que soient les espèces volatiles inoculées, le microbe évolue de la même façon dans les unes comme dans les autres : il y prend la même forme; aussi ce que nous allons dire ici pour le pigeon s'appliquera à tous les autres oiseaux.

A l'examen du sang sans coloration, on verra les globules ovoïdes, à noj^au, nager dans le sérum, puis une multitude de points réfringents, unis deux à deux et mobiles, donnant l'illusion de diplococcus, semblables à ceux du choléra des poules.

On fera ensuite des préparations de sang sur lamelles que l'on colorera dans les solutions liydro-alcooliqucs diverses. Nous conseillons de préférence une solution faible de violet de gentiane qui donne de belles préparations, dans lesquelles les globules seront colorés en violet pâle, leurs noyaux en teinte plus foncée ; entre les globules, on aperçoit une grande quantité de bacilles à espace clair identiques à ceux du choléra des poules, dont les deux pôles seront fortement colorés en violet, et reliés entre eux par deux lignes fines, légèrement teintes, circonscrivant l'espace clair. Les bacilles apparaissent ainsi lorsque leur grand axe est parallèle au diamètre du champ microscopique; si au contraire il lui est perpendiculaire, le microbe vu seulement par un pôle apparaît comme un point rond, fortement coloré.

Dans le sang, les bacilles sont le plus souvent isoles, quelquefois réunis deux par deux. Dans les pulpes de rate ou de foie, on les verra souvent former de véritablesrubans contenant trois, quatre, cinq ou six bacilles placés les uns au bout des autres.

On retrouvera les bacilles non seulement dans les épanchements pathologiques contenus dans la cavité abdominale, pleurale, ou dans le péricarde.

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mais aussi dans l'œdème superficiel avoisiiiaul le point d'inoculation, ainsi que dans la moelle des os.

On examinera ensuite la tumeur qui s'est formée au point d'inoculation. Dans ce but, on l'incisera d'un seul coup avec un liistouri bien propre passé plusieurs fois au travers de la flamme de la lampe à alcool ou d'un bec Bunsen. On grattera alors l'une des surfaces de section et l'on obtiendra une pulpe jaunâtre que l'on écrasera entre deux lamelles, placées ensuite dans les solutions colorantes. On y verra une grande quantité de bacilles.

On colorera ensuite des coupes de rate, de foie et de la tumeur. Dans ce but, on se servira de la méthode de Loffler. On sera frappé de la quantité prodigieuse de bacilles contenus dans le foie ou la rate : ils y forment de véritables amas abords irréguliers occupantquclquefois tout le cbamp microscopique.

Les coupes de la tumeur sont également très intéressantes à étudier. On les traitera par la méthode de Loffler ou celle de Malassoz. Les faisceaux striés, teintés en bleu pâle, sont cassés en certains endroits, en voie de dégénérescence : les stries sont par places à peine visibles, tandis que lesarcolemme, rempli de cellules embryonnaires, contient une grande quantité de microbes pathogènes. Il se produit ici, exactement, ce qui se passe dans le cas de choléra des poules. Nous ne nous étendrons pas davantage sur l'étude histologique de ce séquestre; nous tenons simplement à faire remarquer son analogie avec celui du clioléra des poules.

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