V. Recherche des microbes dans les coupes de tissus
Nous ferons précéder ces divers articles de quelques mois sur les instruments nécessaires à l'examen : lames, lamelles, microscopes.
Lames ponTE-OBJETS, lamelles, microscopes.
Lames. — Ce sont des plaques rectangulaires de verre ou de glace, rodées ou non, sur lesquelles seront montées les préparations. Elles doivent être aussi minces que possible; elle seront soigneusement essuyées au moment de l'usage.
Lûmes creuses. — Ces lames, un peu plus épaisses que les précédentes, sont creusées en leur milieu, sur une des faces, d'un godet arrondi : elles servent aux cultures en cellides (V. ci-après).
Lamelles. — Ce sont de petites plaques de verre très minces, de forme ronde, carrée ou rectangulaire. Elles servent à recevoir les cultures ou les liquides organiques à examiner, et à recouvrir les coupes montées sur lames.
On les conserve dans de l'alcool, et on ne les retire de ce liquide qu'au moment d'en faire usage.
Microscopes. — Nous n'insisterons pas, et pour cause, sur la description de cet instrument; nous allons seulement indiquer les conditions que doit remplir un microscope destiné à l'usage bactériologique.
Ce microscope doit être pourvu d'une lai'gc platine pour les examens des cultures sur plaques ; d'un éclairage Abbe ; d\in revolver porte-objectif il 2 ou 3 branches qui permet d'amener sans aucun changement de position, sur le cliamp de la préparation choisi, des objectifs fournissant les divers grossissements les plus usités.
Enfin il est de loule nécessité de posséder îi?i objectif à immersion homogène, en outredes divers objectifs ordinaires donnant des grossissements variés.
Les maisons Verick et Nachet de Paris, Zeiss et Leitz (.Vllemagne), Powell (Angleterre), fournissent d'excellents instruments.
I. Examen des cultures liquides et solides sans coloration. Cultures en cellules.
On doit bien se familiariser avec le mode - -4'examen des micro-organismes sans coloration, car c'est le seul qui permette d'observer les microbes, aussi naturellement que possible, leur forme n'étant pas modifiée parles réactifs, et leur volume n'étant pas augmenté ou diminué par les matières colorantes. JJe plus, on les voit ainsi vivants, et on se rend compte des mouvements propres à certaines espèces.
a. Examen des cultures liquides sans coloration.
Pour faire cet examen, on dispose à sa portée une lampe à alcool, une ou plusieurs pipettes Pasteur stérilisées, et le matras contenant la culture à examiner. On effile finement à la lampe l'extrémité d'une pipette, en donnant à la partie étirée une direction un peu oblique: l'effilure de la pipette est ainsi terminée par un petit tube plus fin, obliquement dirigé; on brise l'extrémité de ce [>elit tube, et on flambe l'eflilure sur la llamme de la lampe à alcool. Ou ouvre le matras on prenant toutes les précautions f|ue nous avons indiqui'cs au chapitre IV, on y plonge la idpctte et on aspire une petite quantité de liquide. On retire et on bouche le uiatras. On prend alors une lamelle (les lamelles, nous l'avons dit, doivent être conservées dans l'alcool]; on l'essuie avec un linge fin; on verse alors à sa surface une gouttelette de la cul-
ture contenue dans la pipette; on prend une lame propre sur laquelle on place la lamelle, la face chargée de la gouttelette reposant sur la lame; on a soin de ne pas laisser introduire d"air entre la lame et la lamelle.
Il ne reste plus qu'à examiner au microscope au grossissement voulu, en écartant le condensateur Abbe, et en se servant du miroir concave. On voit aloi's des points, des bâtonnets ou des filaments suivant la culture que Ton examine, réfringents, entraînés dans le courant du liquide ou doués de mouvements propres.
On peut aussi examiner les cultures en se servant d'une lame creuse, c'est-à-dire du i^rocédé de culture en cellules.
On lave la lame creuse représentée ci-contre (fig. 39 et 39 bis) à l'acide sulfurique, on l'essuie; on la passe plusieurs fois dans la flamme de la lampe à alcool; lorsque la lame est refroidie, on applique sur sa parlie creuse la lamelle sur laquelle on a versé une goutte de la culture à examiner : il faut prendre garde que cette goutte ne touche pas les bords du disque creux, sans quoi, par capillarité, elle disparaîtrait entre la lame et la lamelle. Ceci fait, on enduit avec un pinceau les bords de la lamelle de vaseline blanche, afin d'éviter l'évaporation de la goutte. On obtient ainsi une véritable chambre humide, dans laquelle on voit, sous le microscope, l'évolution naturelle de la culture. Koch a employé ce procédé pour étudier le cycle de la bactéridie charbonneuse, ei il est en effet facile, pour faire évoluer la culture, de porter la lame creuse dans l'étuve à la température favorable ; en l'examinant fréquemment on suivra les diverses phases de l'évolution du microbe. On donne à ces sortes do préparations le nom de cultures en cellules.
b. Examen des cultures en provenance de milieux solides sans coloration. ■ — Sur une lamelle bien propre, on dépose, avec une pipette finement effilée à son extrémité, une gouttelette de bouillon stérile. Avec un fil de plaline fin et stérile, on va prélever une l)-ace de la culture à examiner, et on
Fig. 39. Fig. 39 bis.
Fig. 39. — Lame creuse.
Fig. 39 bis. — Coupe de la lame creuse au niveau du godet.
dépose cette trace sur la goutte de bouillon. L'opération s'achève ensuite comme ci-dessus.
La culture en cellules avec une culture en provenance de milieu solide est également facile. On ensemence avec une trace de la culture choisie, portée à l'extrémité d'un fil de platine, la gouttelette de bouillon stérile déposée sur une lamelle; on renverse cette lamelle sur l'excavation de la lame creuse, et on achève comme ci-dessus.