Les réactions vis-à-vis des matières colorantes
1. Caractères biologiques. — Ils comprennent : La forme du microbe : bacille, microcoque, ou
spirille ;
Le mode de reproduction (sporulation s'il s'agit d'un bacille, forme et caractères de la spore) ; La mobilUé ou VimmobiUlé;
Le caractère aérobie, ou anaérobie, ou encore aéro-anaérobie ; il faudra déterminer dans ce dernier cas quel est l'état le plus favorable au développement du micro-organisme : la vie en présence de l'air ou à l'abri de l'air;
La résistance à la chaleur, au froid, à la lumière, à la dessiccation ; le degré thermométrique auquel le microbe cesse de vivre; si le micro-organisme a une spore, il faudra déterminer le degré de résistance de cette spon; à la chaleur (1).
2. Réactions vis-à-vis des divers milieux artificifb de culture. — La série des divers milieux connus
(I) L'elalilisscmniit cnmpletdo ces oarîiotoi'es l)i()li)gii]iios d'iin microbe a une portée plus haut<! encore : c'est là que se trouvent les plus solides bases étiologiques d'une maladie infectieuse. En niuii- Irant que la spore charbonneuse se conserve dans le sol indrliuiment, résistant à toutes les causes de destruction, et n'attendant que le moment où elle sera absorbée par l'animal avec ses aliinenls
INTRODUCTION
devra être passée en revue, car ici intervient un caractère diagnostique important. Certains microbes prennent sur tel ou tel milieu artificiel, et en particulier la gélatine et la pomme de terre, une apparence spéciale qui leur est particulière et est presque pathoguomonique : tels le rouget du porc dans la gélatine en piqûre, la morve sur la pomme de terre, etc.
On devra déterminer les températures les plus favorables au développement, les maxima et les minima auxquels s'arrête ce développement.
3. Réactions vis-à-vis des matières colorantes et des ptocédés de coloration. — ^ On recherchera quelles colorations sont le plus favorables, et ici nous rencontrons encore des caractères diagnostiques d'une réelle valeur. Tel microbe peut se colorer par un procédé qui échoue sur tous les autres : il en est ainsi du bacille de la tuberculose et de celui de la lèpre qui sont colorés par le procédé d'Ehrlich, alors que tous les autres micro-organismes actuellement connus ne résistent pas à la décoloration par l'acide nitrique à 1/10"^ qui est la base de cette méthode.
Un caractère de premier ordre encore est de savoir comment se comporte un microbe traité par les méthodes de Gram ou de Weigert; on peut d'une faço7i schématique établir dans les microorganismes pathogènes deux groupes : dans l'un on rangerait ceux qui se colorent par l'une de ces méthodes ou les deux, dans l'autre ceux qui ne peuvent être colorés par elles.
Enfin dans les bains colorants quelques micro-
pour repi'ontli'e sou cycle vital, Pusteiir a établi l'éliologie du cliarbon sur dos bases inébraulahles.
En mouti'aut la destniclion du vibrion du choléra asiatique par la dessiccation, sa vitalité dans l'eau, les milieux humides. Koch nous a donni la clef étiologique de cette alfection.
DE LA DEUXIÈME PARTIE
bes prennent des formes assez remarquahles, auxc[uelles il faut d'ailleurs se bien garder d'attacher une signification diagnostique exagérée : tels les bacilles granuleux delà morve et de la tuberculose, les bacilles en battant de cloche du charbon bactérien, etc., etc.
C) Il reste eulin, et c'est là la caractéristique la plus importante, à faire la preuve que le microbe que l'on a trouDd, caractérisé biologiquement, cultivé, coloré, est bien l'agent pathogène de l'affection en cause, que cette affection est fonction de la vie du microbe et de lui seul. Cette preuve est donnée par ï iiioculation des cultures pures du microbe à l'espèce animale qui présente la maladie spontanée, etpar la reproduction typique de cette maladie à la suite de cette inoculation expérimentale.
Ainsi donc : existence d'un microbe particulier dans l'organisme atteint d'une maladie infectieuse, et localisations anatomiques de cet agent pathogène; caractères biologiques de ce microbe; réactions vis-à-vis des milieux de culture et des mat tières colorantes; loproduction de la maladie par l'inoculation des cultures pures aux animaux : tel est le cycle que doit parcourir l'étude complète delà microbiologie d'une maladie infectieuse.
Cette étude complète est possible pour quelques maladies infectieuses (tuberculose, morve, charbon bactérien, rouget du porc, charbon symptomali- ([ue, etc.) ; elle est à peine ébauchée ou très incomplète pour quelques autres, et notamment pour les maladies humaines.
Voici par exemple le ciioléra : l'existence d'un microbe spécial chez le cholérique est démontrée; les caractères biologiques, les réactions de culture et de coloration do ce microbe sont déterminés et vraiment .spéciaux, mais la preuve absolue de l'action pathogène, c'est-à-dire l'inoculation à
INTRODUCTION
l'homme ou aux animaux et la reproduction expérimentale de la maladie spontanée, manque. Cependant les caractères bien tranchés du microbe, le fait qu'il ne se trouve que chez le cholérique et là seulement où existent les lésions, c'est-à-dire dans l'intestin, tout cela constitue un faisceau de preuves suffisant en faveur de l'action pathogène du microbe de Koch.
Voici encore la fièvre typhoïde : la preuve finale manque aussi, c'est-à-dire la reproduction de la maladie sur l'homme ; le microbe de la fièvre typhoïde inoculé à quelques animaux leur donne une septicémie mortelle, mais ce n'est là qu'une expérience intéressante, et non décisive; elle ne prouve rien pour la spécificité du microbe. Cependant les caractères tranchés du bacille d'Eberth, sa présence constante dans l'organisme malade, et là seulement, forment un ensemble suffisant, sinon complet pour la démonstration.
Plus incomplètement prouvée encore est l'action pathogène du bacille de la lèpre (bacille de Hansen). Ce bacille ne se cultive pas, et ne produit aucun trouble chez les animaux auxquels on l'inocule. On peut admettre cependant sa spécificité en considérant ses caractères vraiment spéciaux de coloration, et sa présence en quantité innombrable dans les lésions lépreuses, et là seulement.
Il est encore dans l'élude des microbes pathogènes des questions de haut intérêt, mais qui sortent tout à fait du cadre élémentaire de notre Précis : nous voulons parler de la question des substances solubles toxiques (ptomaïnes) sécrétées par les microbes, et des atténuations de virulence, en d'autres termes des vaccinations, découvertes qui sont la gloire de l'école française : nous renvoyons nos lecteurs aux communications de M. Pasteur, de M. Chauveau, et aux divers articles
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de MM. Houx et Ghamberland pour les notions sur ces belles études.
Voici dans ses lignes générales le plan élémentaire que nous suivrons dans l'exposé des quelques maladies infectieuses que nous passerons en revue : ce plan Cf^t conçu de façon àijonvoir être répété ■presque complètement dans les laboratoires d'étude.
Nous indiquerons d'abord pour une maladie donnée quelles espèces animales sont soumises à la contagion naturelle, quelles autres sont réfractaires; puis en quelques mots nous dirons les voies de la contagion naturelle.
Nous ferons ensuite connaître les principales données depathologie expérimentale de l'affection, c'est-à-dire quels animaux sont susceptibles d'être infectés expérimentalement. Nous indiquerons l'espèce animale qui doit être considérée comme le meilleur réactif expérimental de l'aflection. Nous dirons ensuite quels sont les animaux réfraclaires, ce qui, dans l'espèce, ne présente pas, on le sait, un moindre intérêt.
Les diverses manières d'infecter expérimentalement les animaux, colles qui conviennent exclusivement à telle ou telle espèce, seront indiquées.
Arrivant alors à l'agent pathogène, nous décrirons ses localisations dans l'organisme, ses caractères biologiques, ses réactions vis-à-vis des matières colorantes et des cultures.
Enfin nous terminerons par un rapide résumé où les caractères diagnostiques du microbe seront condensés.
A ces points principaux nous joindrons accessoirement quelques lignes sur les lésions causées par la maladie spontanée, sur les ]iliénonièiies symptomatiqucs et les lésions de la maladie expérimentale.
INTRODUCTION
Ce cadre ne sera pas toujours rempli, il s'en faut; dans les affections exclusives à l'homme il y aura plus d'une lacune, ce qui se conçoit sans qu'il soit besoin d'insister.
Nous n'admettrons dans notre description que les maladies dont la preuve bactérienne est aujourd'hui indiscutable, rejetant toutes celles qui ne présentent pas un caractère de certitude absolue.
Notre classification est des plus simples.