II. Charbon bactëridien spontané
Le charbon bactéridien est une maladie commune aux animaux et à l'homme.
(I) Il est bien entendu que ce terme sponla/w iippliqii6 ii une maladie microbienne quelconque indique ruiïcction Cdutriiclco piU' contagion naturelle et non artificielle. Le terme " sponlané >■ s'oppose ainsi au terme « expérimental ou inoculé «.
a) Charbon siponlané des animaux. — La voie d'introduction naturelle du charbon chez l'animal est le tube digestif : c'est en ingérant avec leurs aliments des bactéridies sous la forme de spores que les animaux prennent le charbon.
Des animaux domestiques, les uns sont doués de réceptivité pour le charbon ; les autres sont réfractaires à la maladie.
Les animaux de la première catégorie sont : le mouton, le bœuf, le cheval ; le mouton et le bœuf offrent une réceptivité plus grande que le cheval.
Les animaux réfractaires sont le chien, le chat, le porc, les oiseaux, etc., etc.
L'immunité naturelle peut cependant être vaincue dans certaines circonstances rares et toutes spéciales. Il existe des faits authentiques de charbon chez des porcs et chez des chiens qui avaient mangé de la viande ou des viscères d'animaux charbonneux; dans la plupart de ces cas, la maladie affectait la forme d'angine ou de glossanthrax. M. Nocard a cité l'exemple d'un chat qui mourut d'une amygdalite bactéridienne.
b) Charbon spontané de lliommo. — L'organisme humain ne constitue pas un milieu très favorable au développement de la bactéridie; l'homme peut cependant contracter le charbon de trois façons différentes :
1° Par inoculation cutanée accidentelle : blessure, piqûre, excoriation de la peau chez les individus qui manient les cadavres charbonneux (vétérinaires, bergers, bouchers, équarrisseurs) ou les peaux d'animaux morts de charbon (tanneurs, mégissicrs).
L'accident initial dans cette forme, qui est la plus fréquente, est la pustule maligne.
2° Par les voies digestives : c'est Iq charbon intef;tinal, résultant de l'ingestion de substances souil-
CHARBON BACTÉRIDIEN.
lées de bactéridies ou de spores charbonneuses (viandes charbonneuses, etc., etc.).
3° Par les voies respiratoires : c'est le charbon pulmonaire, forme rare, décrite chez les chiffonniers de Vienne, et chez les trieurs de laine de Bradford en Angleterre (Woolsorters' disease), qui est évidemment le résultat de la pénétration dans les voies respiratoires de poussières chargées de spores charbonneuses.
Les lésions macroscopiques trouvées à l'autopsie d'un sujet charbonneux (homme, mouton, bœuf, cheval, etc.) sont identiques dans leurs traits principaux, ceux-ci étant d'ailleurs plus ou moins accusés suivant l'espèce : sang noir, poisseux, incoagulable ; veines gorgées de sang et congestions viscérales diverses; raie énorme, noire, diffluente; muqueuses de l'intestin grêle, du gros intestin, parfois de Veslomac, parsemées d'ecchymoses noirâtres, et de saillies d'aspect furonculeux, noirâtres, brunâtres ou verdàtres, ulcérées ou non, en partie gangrenées ; poin?io?J présentant des foyers congestifs ou apoplectiques; putré faction rapide du cadavre, etc., etc.
Le sang, les pulpes organiques et la rate au premier rang, la moelle osseuse, les ganglions, etc., sont virulents.