II. Tuberculose spontanée
La tuberculose est une maladie commune à l'homme et aux animaux.
L'homme est extrêmement sensible à la tuberculose spontanée, et la maladie affecte chez lui les allures les plus variées. L'organe préféré de la tuberculose humaine est assurément le poumon, où l'alTection se montre sous diverses formes : phtisie aiguë (granuleuse ou pneumonique) et phtisie chronique. La tuberculose peut aussi se localiser chez l'homme, et souvent pendant un temps fort long, à d'autres organes (bouche, pharynx, larynx, intestin, testicule, cerveau, os, articulations, etc.). La terminaison habituelle de ces tuberculoses locales est la propagation au poumon.
Enfin il existe une forme aiguë de tuberculose rjdnéralisée qui conduit rapidement à une terminaison funeste, et dans laquelle tous les viscères sont couverts de granulations tuberculeuses : cette l'orme (granulie d'Empis) est tantôt primitive, et tantôt secondaire, terminant l'évolution d'une tuberculose locale ([uelconque.
La tuberculose a chez l'homme pour porte d'entrée p'rincipale les voies respiratoires, et c'est le crachat du plitisique, chargé de bacilles de Koch, qui constitue le plus grand danger de contagion tuberculeuse pour l'homme sain.
Dans quelques cas rares la tuberculose peut provenir d'une inoculation accidentelle.
MALADIES MICROBIENNES
Elle peut, plus fréquemment, être contractée par la voie digestive : c'est ainsi que l'usage du lait cru provenant d'une vache atteinte de mammite tuberculeuse offre pour des jeunes enfants un réel danger; théoriquement on peut admettre que la viande d'animaux tuberculeux puisse offrir quelques dangers, mais seulement dans des circonstances absolument exceptionnelles. Enfin on a quelques raisons de penser que l'infection tuberculeuse peut se produire par la voie génitale.
Tuberculose spontanée des animaux. — Des espèces animales domestiques, les unes sont spontanément tuberculisables, avec un plus ou moins grand degré de fréquence, les autres sont réfractaires à la tuberculose spontanée.
Parmi les animaux de la première catégorie il faut citer :
Le bœuf au premier rang ;
Le jjorc à un degré beaucoup moindre que le bœuf;
Le cheval, dont la tuberculose a été longtemps niée : la maladie est en effet rare chez lui ;
Le chien jouit lui aussi d'une grande immunité; la tuberculose peut cependant se rencontrer chez cet animal;
La tuberculose spontanée du chat est de toute rareté; une des figures de cet ouvrage atteste cependant que le chat peut dans des circonstances tout à fait exceptionnelles se tuberculiser ; ' Les oiseaux de basse-cour deviennent assez fréquemment tuberculeux dans les conditions naturelles.
Les animaux réfractaires sont le mouton et la chèvre : « Je n'ai pas observé un seul cas de tuberculose naturelle chez ces animaux » (Nocard).
Le cheval et surtout le chien et le chat, s'ils ne sont pas absolument réfractaires, peuvent à bon
TUBERCULOSE
droit être considérés, nous l'avons vu, comme relativement très peu prédisposés à la tuberculose spontanée.
Chez le bœuf la tuberculose est surtout pulmonaire, ce qui indique que la porte d'entrée est principalement respiratoire ; les poumons, les plèvres, les ganglions bronchiques sont le siège principal des lésions tuberculeuses, qui, dépassant d'ailleurs le thorax, portent aussi sur les ganglions mésentériques, sous-lombaires et du bord convexe de l'intestin, sur le foie et sur les organes lymphoides de l'intestin (follicules clos et plaques de Peyer), sur la rate à un moindre degré, et rarement sur le rein.
La tuberculose peut dans quelques cas chez le bœuf porter exclusivement sur les voies digestives (ganglions mésentériques, intestins, foie, rate, péritoine), les poumons restant absolument sains : l'infection se fait dans ces cas par les voies digestives.
Porc. — Peut-être faut-il rapporter à la tuberculose la maladie désignée sous le nom de scrofule du porc. En tout cas 1^ tuberculose pulmonaire existe chez le porc, si rare y soit-elle (Nocard).
Cheval. — La tuberculose équine se présente sous cleux types distincts :
« Le ])remier type de beaucoup le plus fréquent se rattache à la tuberculose abdominale : hypertrophie énorme des ganglions mésentériques et souslombaires, de la rate et du foie; ulcérations profondes et étendues des plaques de l'eycr Il est
liors de doute que, dans cette forme de la maladie, l'infection s'est faite par les voies digestives; ce qui le prouve encore, c'est le peu de gravité et l'âge peu avancé des lésions pulmonaires qui surviennent il la dernière période de l'alTection
Dans le deuxième type, la tuberculose parait avoii'
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débuté d'emblée par le poumon; au moins les ganglions bronchiques et le poumon semblent-ils seuls atteints » (Nocard). La lésion se présente sous une forme singulièi^e : « On croirait avoir affaire à une néoplasie, à un sarcome, par exemple, qui se serait généralisé à toute la trame du poumon. »
C'est seulement chez les chiens vivant au contact de tuberculeux, chez les chiens léchant les produits d'expectoration de leurs maîtres tuberculeux, que la tuberculose s'observe.
C'est à l'alimentation par un lait suspect que devait être rapportée la tuberculose du jeune chat dont une ligure de ce livre montre les lésions hépatiques.
Chez les oiseaux de basse-cour, la règle est « que les lésions sont confluentes sur les organes annexes du tube digestif : le foie, la rate, l'intestin sont le plus souvent farcis de lésions tuberculeuses énormes et calcifiées ; il est exceptionnel que le poumon soit envahi ; quand il l'est, c'est à la dernière période de la maladie, et les foyers sont beaucoup moins nombreux que ceux du foie et de la rate » (Nocard). L'infection se fait par les voies digestives, l'animal picorant des produits tuberculeux d'expectoration humaine, ou des produits d'excrétion intestinale tuberculeux rejetés par d'autres oiseaux de la même basse-cour atteints par la maladie ; parfois aussi la tuberculose provient de ce que les animaux sont nourris avec des issues venant d'animaux tuberculeux.
La tuberculose afï'ecle parfois chez les volailles une forme toute particulière éminemment dangereuse pour le consommateur : « L'animal est en bon état de cliair ; le foie, un peu volumineux et pâle, semble en voie d'infiltration graisseuse; on n'y trouve pas trace de ce piqueté blanchâtre qui caractérise le premier stade du développement des
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tubercules » et cependant ce foie est rempli de bacilles de Koch.
Produits r.irulentii de l'organisme tuberculeux. — Toutes les lésions tuberculeuses, les crachats et le jetage de l'homme et des animaux tuberculeux sont virulents.
La virulence du sang est absolument exceptionnelle et passagère. — Nous tenons pour parfaitement démontré par les expériences de Nocard, expériences relatées au Congrès de la Tuberculose de 1888, que les muscles d'un animal tuberculeux ne sont virulents que dans des cas tout aussi exceptionnels que le sang, et d'une façon tout aussi passagère. — Le lait ne contient le bacille de Koch qu'autant qu'il provient d'une mamelle tuberculeuse.