Inoculation intravasculaire
4. Inoculation dans la chambre antérieure de l'œil. '6. Infection par les voies digeslives (2).
Les matières d'inoculation sont très diverses : on peut faire usage de crachats ou de jetagc tuberculeux, de pus tuberculeux, de pulpes d'organes tuberculeux (ganglions, rate, foie, moelle osseuse) écrasées et diluées dans de l'eau ou du bouillon stérilisés, enfin de cultures pures.
L'inoculation sous-cutanée peut être pratiquée avec un quelconque de ces pr-oduils; il en est de
l'I) Ijiiwi^ulntion supurficielle, h la lancfUo, ost un niovoii presiiuo inefficace de nonfiTer la luben-nlose.
(2) Nous omettons les inhalations de matières tiiborculeuses, qui ne sauraient entrer dans la |irati(]ue courante.
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même de l'infection par la voie digestive, qui sera réalisée en faisant ingérer à l'animal avec ses aliments le produit virulent choisi, jetage, crachat, pus, pulpe organique, etc.
Mais l'inoculation intrapéritonéale, l'injection intravasculaire, l'inoculation dans la chambre antérieure de l'œil, réclament des produits virulents d'une pureté absolue : il faudra donc rejeter le jetage, les crachats, le pus, et n'utiliser que les pulpes organiques pures et les cultures; en outre pour les injections intravasculaires le virus, s'il s'agit de pulpes organiques, devra être soigneusement filtré avant d'être introduit dans le vaisseau.
Les diverses espèces animales réagissent de façons différentes vis-à-vis delà tuberculose expérimentale et ses divers procédés.
Les équidés sont entièrement réfractaires aux inoculations sous-cutanées : c'est à peine si l'inoculation donne lieu à une légère lésion locale. L'injection intravasculaire donne à l'àne, ainsi que M. Ghauveau l'a montré, une tuberculose pulmonaire semblable à la granulie de l'homme, mais il faut, pour saisir la lésion, sacrifier l'animal du vingt-cinquième au trentième jour, car cette tuberculose expérimentale guérit naturellement.
Le porc, le chien, le chat sont absolument réfractaires à l'inoculation sous-cutanée ; l'infection par les voies digestives réussit mieux, surtout chez le chat.
Le mouton est réfractaire à l'inoculation souscutanée comme à la tuberculose spontanée. Il prend cependant la tuberculose par infection digestive, et l'injection intravasculaire lui donne une belle granulie pulmonaire.
Les oiseaux de basse-cour sont réfractaires aux inoculations sous-cuLaiiécs et à l'infection expérimentale par les voies digestives. L'inoculation in-
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travasculaire leur confère une tuberculose toute spéciale sur laquelle nous reviendrons ci-dessous.
La pratique de laboratoire, la pratique courante des recherches d'étude ou de diagnostic, ne portera guère sur les animaux que nous venons de passer en revue ; ces animaux en effet sont réfractaires à l'inoculation sous-cutanée, et ne sont tubcrculisables que par le mode tout spécial, et d'une technique un peu malaisée, de l'injection iutravasculaire, ou par l'infection digestivc, qui exige trop souvent des doses énormes et prolongées de matières virulentes et est en somme assez infidèle.
Les véritables animaux de pratique courante sont le lapin et le cobaye. Le cobaye est un réactif de la tuberculose bien supérieur au lapin : c'est le véritable réactif pratique de cette affection :
La maladie sera conférée aux lapins et aux cobayes :
1° Par inoculation ?ous-culanée ;
2" Par inoculation intrapéritonéale.
Symptômes et lésions de la tuberculose inoculée au lapin et au cobaye. — Les symptômes majeurs sont l'amaigrissement et la cachexie progressive : ce sont les seuls qu'on puisse noter dans les cas d'inoculation intrapéritonéale. Lorsque l'inoculation a été sous-culanée, on note chez le cobaye un abcès tuberculeux au point d'inoculation (chez le lapin l'accident initial est moindre), et parfois des abcès dans les ganglions accessibles à l'examen.
La durée de la survie est variable : elle est do trente à quarante jours dans les cas d'inoculation intrapéritonéale; un peu plus longue et assez variable dans les cas d'inoculation sous-cutanée.
Antopsie. — Les lésions sont subordonnées au modo d'inoculation et à l'espèce de l'animal.
Chez le cobaye, le virus suit une marche toujours identique. Si l'inoculation est prulUmée à la
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face interne de la cuisse, ce sont d'abord les lymphatiques de cette région qui s'enflamment; puis consécutivement les ganglions inguinaux s'engorgent etsuppurent. Le virus franchissant successivement les dilTérentes barrières que lui oppose chaque masse ganglionnaire envahit bientôt une grande partie du système lymphatique; les ganglions sous-lombaires et mésentériques s'hypertrophient, la raie se montre parsemée d'une multitude de points blanc-grisàtre renfermant de la matière caséeuse, qui i^arfois triplent, quintuplent ou décuplent son volume. 11 en est de même pour le foie, quoique les lésions y soient rarement aussi accusées que dans la rate.
Si ïinoculaiion est prai/^/w^e à l'oreille, ce sont d'abord les ganglions prépharyngiens qui sont pris, puis les ganglions bronchiques et enfin le poumon. Ce dernier présente des myriades de points blanchâtres analogues à ceux que nous avons signalés dans le foie et la rate.
Chez le lapin, inoculé dans le tissu sous-cutané, quand l'expérience réussit, « l'évolution de la maladie est bizarre, et semble subordonnée à la susceptibilité individuelle. Ainsi on a vu des sujets chez lesquels l'inoculation à la lancette d'une petite quantité de matière tuberculeuse déterminait une tuberculose effroyable, tandis qu'à côté l'inoculation d'un produit très virulent produisait une maladie insidieuse et très lente » (Nocard).
L'inoculation intrapéritonéale donne chez le cobaye et le lapin une tuberculose des organes abdominaux: foie, rate, ganglions, mésentère.
TUUERCULOSE EXPERIMENTALE DU LAPIN ET DES VO- LAILLES PAR INJECTION iNTRA-VASCuLAiRE. — Lorsqu'on injecte dans la veine de l'oreille du lapin ou dans la veine du bras des volailles la pulpe d'un organe tuberculeux finement broyée, diluée
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et passée sur le filtre, ou une culture ])uve du bacille de Koch, on obtient une tuberculose toute spéciale que Nocard et Roux ont fait connaître, et qui rappelle entièrement, chez les volailles, cette forme de tuberculose spontanée où le tubercule anatomique faisant en apparence tout à fait défaut, certains organes, comme le foie, sont farcis de bacilles de Koch.
Les symptômes sont marqués par un amaif^rissement rapide et extraordinaire : les animaux perdent pendant l'évolution de la maladie la moitié ou le tiers de leur poids; chez les coqs et les poules la crête pâlit, devient anémique, flasque, tlétrie ; elle prend, à l'approche de la mort, une teinte violacée. Les animaux succombent en quinze à vingt jours.
A l'autopsie il n'y a pas ordinairement trace de tubercule macroscopique ;le foie est hypertrophié, la rate est énorme ; chez les volailles elle acquiert souvent un volume qui égale dix fois et plus le volume normal; et ces deux organes ainsi que la moelle des os renferment des myriades de bacilles de Koch.
IV. Recherche du bacile de Koch dans les tissus organiques et les produits de sécrétion pathologiques.
Une seule et même technique convient à l'examen de tous les produits qui contiennent le bacille de Koch : jctagc, crachats, pus, pulpes tuberculeuses, coupes d'organes, cultures : nous allons exposer cette technique en tète de cet article.
Depuis que Koch, par l'emploi du bleu de méthylène et de la vésuvine,eut démontré nettement l'cxislcncc des bacilles de la tuberculose, les procédés imaginés pour colorer ces bacilles se sont multipliés pour ainsi dire à l'infiui. Peu de temps après la découverlo do Kocli, Elii licli lit connaitro
un procédé auquel son nom est resté attaché.
Frânkel imagina un procédé de coloration rapide des crachais; Gibbes, Van Erraengem, Neelsen, Ziehl, Lubimofl' ont indiqué de bonnes méthodes; enfin les techniques de Weigert et de Kùhne conviennent aussi à la coloration du bacille de Koch.
De tous ces procédés celui d'Ehrlich est sans contredit le meilleur; celui de LubimofT donne aussi de bons résultats. Nous conseillons au lecteur de sen tenir à ces deux méthodes.
Celle d'Ehrlich a été indiquée au chapitre vi : le lecteur s'y reportera. Voici maintenant la méthode de LubimofT :
« Dans 20 centimètres cubes d'eau on introduit Osi^jS de cristaux d'acide borique, dont on hâte la solution en versant 15 grammes d'alcool absolu. Lorsqu'il ne reste plus que quelques cristaux non dissous, on ajoute Oe^.^ de fuchsine (rubine) qui se dissout par l'agitation. On obtient ainsi un liquide qui se conserve et est toujours prêt pour l'emploi, sans filtration nouvelle » (Duclaux in Aymalcft Pasteur).
Les lamelles couvertes du produit tuberculeux seront plongées dans le bain colorant qui sera chaufl'é pendant quelques minutes. On décolore dans une solution d'acide sulfurique à I/o, on lave à l'alcool, et on fait la double coloration dans une solution alcoolique saturée de bleu de méthylène; on lave et on monte.
(( Pour colorer les tissus, on les chauffe pendant une ou deux minutes dans un bain de matière colorante qu'on porte presqu'à l'ébullition; on leur fait passer quelques secondes dans un bain d'alcool ; puis on les immerge pendant une ou deux minutes, suivant leur épaisseur, daps la dilution (à I/o) d'acide sulfurique; on lave à l'alcool, et on plonge une demi-minute ou une minute dans
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une solution alcoolique saturée de bleu de méthylène étendue de trois fois son volume d'eau distillée » (Duclaux,ibid.). On déshydrate et on monte.
Le bacille de Koch peut être coloré par la méthode d'Ehrlich en rouge ou en violet ; les autres éléments de la préparation seront colorés en brun
Fig. 4i. — Tuberculose.
A, Crachais de phthisiqiie. Leitz, oc. 3, ol)j. 1/12. H, Tiihcrculosu du cheval. Pulpe de gauglioii. Même grossissement.
C, Culture. Même grossissement.
(vésuvine ou brun de Bismark), en bleu, nu en roug(!.
Le procédé de Lubimofi" colore le bacille en rouge; les autres éléments seront teints en bleu ou en brun.
Avec ces deux procédés il sera toujours aisé d'obtenir une belle préparalion des bacillosdc Koch.
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La méthode crEhrlicli possède encore un précieux avantage : c' esiune mal hode diagnostique, (illovs(\\i'(.ni soupçonne la nature tuberculeuse d'une lésion donnée, il faut d'abord soumettre les pièces à ce procédé : lotil bacille qui se dc'coloi'e, traité j^ar la méthode d'Elirlidi, nest pus le bacille tubercidevx ; seuls jusqu'ici les bacilles de Koch et de la léipre se colorent par celle méthode.
Le bacille de la tuberculose est d'une extrême finesse; il nécessite pour être vu dans tous ses détails les forts grossissements des objectifs à immersion homogène et l'éclairage Abbe. Dans les coupes ilsera de toute utilité d'examinerd'abord à un faible grossissement : les amas bacillaires apparaissent comme des masses informes rouges ou violettes au milieu du tissu : leur topographie sera ainsi parfaitement saisie ; l'emploi des forts grossissements renseignera ensuite sur la forme des bacilles formant les amas.
La longueur des bacilles de Koch est assez variable suivant les cas; leur apparence diffère également dans une môme préparation ou d'un cas à un autre ; c'est ainsi que tantôt le bacille est coloré uniformément, tantôt au contraire il est parsemé de zones claires qui alternent avec les zones colorées ; en d'autres termes il est granuleux : c'est un caractère qui le rapproche beaucoup du bacille de la morve, qui lui ressemble encore par sa finesse.