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MOUVEMENT DES MICROBES

sang provcnanl d'un sujot mort de la sopUccmie de Pasteur, depuis quelques heures déjà.

Nous verrons les glo tuiles sanguins entraînés dans le courant du sérum; puis de longs filaments réfringents, ondulés, mais dont les courbes d'ondulation varient à chaque instant.

Aussitôt que le courant du sérum aura cessé, nous verrons ces longs filaments, qui ne sont autre chose que des vibrions septiques, se mouvoir au milieu des globules immobiles à la manière des serpents : tout en écartant les gloiniles sanguins pour se livrer passage, ils décrivent soit un grand cercle, et prennent dans ce cas la forme d'un arc, soit des lignes sinueuses : ils sont alors ondulés.

Les mouvements amiboides de certains microbes semblent dus à des cils, à de véritables flagellums qui seraient constitués par des prolongements filiformes du proloplasma cellulaire ou de la membrane d'enveloppe. Ces mouvements sont variables suivant les espèces ((ue l'on examine.

Certains microbes, notamment ceux qui se rattachent au genre leptothrix, décrivent de véritables courbes géométriques, (|ui s'opposent souvent les unes aux autres et pro(Uiisent ainsi l'effet d'une v(Mitablo reptation. Au contraire, d'autres, et ce sont les plus nombreux, senililont s'agiter autour d'un ax(! centrai et donnent ainsi liiui à des oscillations variées : ce mode de déplacement restreint se rencontre surtout chez les microbes affectant la forme l)acillaire.

Ces mouvements, quels r|u'ils soient d'ailleurs, ne [leuvent avoir lii'ii qifii (•citaines condilinns ambiantes indisfiensaliles. I*(uir qu'il en soit ainsi, il faut f|ue les microbes se trouvent placés dans un milieu lif[uidc, exposé ;i une tmii pi'ial ure voisine de celle du corps (37").

Les mouvements seront d'autant plus accentués que le milieu sera moins visqueux ; c'est pourquoi l'agitation cesse au bout d'un certain temps sur les préparations non lutées dans lesquelles, par suite de l'évaporittion, la partie liquide finit par disparaître. Cette condition de milieu nous parait plus indispensable que celle de température; cependant, lorsqu'on aura à faire un pareil examen, il sera bon de se servir d"un microscope à platine chauffante.

4. Modes de reproduction des microbcx. — Sur ce point, la microbiologie est encore peu avancée; aussi traiterons-nous cette question le plus simplement possible.

Jusqu'ici on peut dire que les microbes se reproduisent suivant deux modes distincts , les uns par scissiparité, les autres par sporulation; ou, suivant la terminologie de de Bary, la reproduction se fait par arthrosporulation pour les premiers, et par enclosporidation pour les seconds.

La reproduction par scissiparité parait èlre le mode exclusif que l'on observe chez les germes affectant la forme de coccus, tandis que la sporulation fait partie du cycle des microbes filiformes, c'est-à-dire de ceux classés dans la forme allongée : bacilles, leptothrix, etc.

La reproduction par scissiparité s'effectue de la façon suivante : le micrococcus de rond qu'il était prend une forme ovale, sa partie moyenne se rétrécit et finalement donne naissance par segmentation à deux cellules filles qui ne tardent pas à prendre la forme arrondie de la cellule-mère. Si le micrococcus primitif est isolé des autres il donne ainsi naissance à un diplococcus; si au contraire plusieurs micrococcus sont les uns près des autres, il en résulte une zooglée.

Si la scissiparité se fait dans une seule direction

MODES DE REPRODUCTION. ■! 3

rectiligne, les cellules filles se trouvent les unes au bout des autres et forment ainsi un véi'itable chapelet désigué,nou3 l'avons déjà dit, sous le nom de streptococcus ou de torula.

Si la scissiparité s^etTectue suivant deux directions distinctes, perpendiculaires l'une à l'autre, il en résulte une disposition des cellules lilles en tétrades.

Si la segmen talion s'efTeclue en plusieurs sens différents, et sans aucun système géométrique ([uelconque, elle donne naissance à une réunion diffuse de cellules lilles, connue sous le nom de slapiiylococcus.

Mais il faut bien remarquer que chacun de ces différents modes de reproduction par segmentation est toujours le môme pour une espèce donnée ; c'est ainsi qu'un streptococcus donnera toujours naissance à des streptococcus; qu'un germe en tétrades reproduira toujours des tétrades qui, par leur agglomération, simuleront parfois une zooglée; mais, avec un peu d'attention, il sera facile de voir que cette « fausse zooglée » est constituée par l'union de plusieurs tétrades.

La repioduction par sporulation est un mode de génération fil us élevé que le précédent et semble ainsi app.irlenir à des espèces plus complexes qu(! celles qui se mulliplient par simple scissiparité. Les germes de forme i>acillaire prcsonlent seuls ce phénomène île reproilucfion.

Dans ce cas, il se foi nie », certains points de la longueui- du bacille, de véritables condensations ]iri)tOf)lasniiqucs rpii deviennent d'aspect di- jilus en plus 7 éfringiMit ; ces points réfringents s'ai'rondissent, tandis que le prolojilasma qui les eu- ^'lohe finit par dis|)arailre par résorption.

Ces petits points réfringents connus sous le nom de spores, ou de corpuscules-germes (l'astcur).

sont ainsi mis en liberté. La spore possède une enveloppe extrêmement résistante qui lui permet de résister aux causes naturelles de destruction et d'attendre les conditions de milieu et de température propices à sa fructification.

Tandis que les bacilles meurent aussitôt que le milieu où ils se trouvent ne contient plus les éléments nécessaires à leur vitalité, les spores au contraire vivent pour ainsi dire à l'état latent. Elles sont en tout point comparables à la graine (les plantes que l'on peut conserver indéfiniment et qui n'attend pour donner naissance à la plante adulte que d'être placée dans un milieu favorable à son développement.

Tandis que la ])actéridic filamenteuse est détruite à une température inférieure à 63°, la spore charbonneuse résiste à l'eau bouillante, à moins que cette action ne soit prolongée pendant deux heures. Desséchées, les spores charbonneuses peuvent résister momentanément à 1 30° (Pasteur et Jouiiert), température élevée à laquelle aucune l'orme adulte ne serait susceptible de conserver la vie .

La résistance des spores à l'état latent est donc considérable; mais lorsqu'elles sont en formation ou en fructillcation surtout, elles sont bien moins résistantes, quelquefois même moins résistantes que le bacille adulte lui-môme : se qui se comprend facilement. L'enveloppe de la spore, en elTet, au moment de la fructification, devient de moins en moins résistante, presque gélatineuse, afin de permettre rnllongemont du jeune bacille auquel elle va donner naissance : on conçoit aisément qu'à ce stade de développement, la spore ait une résistance moins grande que celle du bacille adulte lui-inèinc.

Outre l'état sporulaire et l'élat adulte, il existe une grande variété do formes bizarres connues

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sous le nom do formes << involulives ». On n'est pas bien fixé sur la cause et la signiticalion des formes involulives; on les considère généralement comme l'expression d'un trouble dans la nutrition ou l'évolution du microbe; nous n'y insisterons pas pour le moment.

0. Nutritum des microbes; les aérobies, les anadrobies. — Leur diffusion dans la nature : microbes de iair, de l'eau, du sol.

Les microbes saprogénes, chromogènes et pathogènes. — Les microbes, comme tous les végétaux privés de chlorophylle, ne possèdent point le pouvoirqu'ont les cellules chlorophylliennes de puiser directement dans l'air ou dans le sol les éléments nutritifs.

Ainsi que les animaux et les champignons, il leur faut pour vivre et se développer des matériaux organiques tout préparés, des combinaisons hydrocarbonées et azotées. Ils trouvent ces matériaux dans les humeurs ou les tissus sur lesquels ils vivent en parasites; ou bien, en dehors de l'organisme animal vivant, ils les puisent dans les produits moi'ts d'origine animale ou végétale.

Ce qui est reinar(|uable, c'est l'avidité qu'ils ont pour l'o.xygène.

Ils s'emparent de ce gaz de deux façons différentes: les uns le prennent directement dans l'aii', les autres l'empruntent à certains milieux organiques ou végétaux, en les décomposant, donnant ainsi naissance à des combinaisons cbimif|ues spéciales, dégageant toujours une certaine quaiililé d'acide carbonique.

On appelle " ai'rohies » les microl)es ([ui vivent en présence de l'air, et « anaéroliies ceux ipii se niullipiicnt dans drs milieux divers, privés d'air.

Qufi(|ues micr(d)<;s sont suscepi iblfs de vivre des deux i'acons que nous venons d'indiquer : ce

sont les « aéro-anaérohies ». Ils vivent donc aussi bien en présence de l'air que sans air. On leur donne encore le nom « A'aérohic» facultalifs » par opposition aux <i aérobies stricts » qui ne peuvent se multiplier qu'en présence de l'oxygène libre.

C'est en étudiant les l'ermentations que M. Pasteur a découvert que certains germes pouvaient vivre sans air, tandis que d'autres ne pouvaient se multiplier qu'en présence de l'air.

Nous ne pouvons faire ici une étude complète du rôle des microbes dans la fermentation, pas plus que des réactions chimiques auxquelles ils donnent naissance; mais nous étions obligés d'en parler quelque peu dans le but pratique de faire comprendre au lecteur ce qu'on entendait par microbe aérobie strict, aérobie facultatif ou anaérobie. Ce sont des expressions qualificatives qui demandaient à être expliquées au début de cet ouvrage, car nous les emploierons souvent en traitant de l'histoire dos microbes en particulier.

On appelle microbes sa2:>rogL'nps ceux qui, en provoquant des putrétactions A'ariables, dégagent en même temps une odeur spéciale, presque toujours désagréable.

On nomme microbes chromogcnes, ceux qui, en se développant sur les milieux de culture artificiels, produisent une culture colorée en brun, en rouge, en jaune, etc.

Enfin, on nomme microbes pdthogcnes ceux qui vivent en parasites dans l'économie de l'homme ou des animaux et v déterminent des lésions diverses, généralement très graves, qui ne tardent pas àamener la mort ra])ide des sujets infectés.

Ce sont surloulcps bactériespathogènes qui nous intéressent au plus haut point, et c'est à cause d'eih>s (jiie la microbiologie a pris une place si importante dans les études médicales.

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Les microbes pathogènes donnent lieu à des maladies de l'orme pyémique ou de forme seplique. Une bactérie donnée peut, suivant l'espèce animale dans laquelle elle se multiplie, provoquer une maladie pyémique ou une septicémie. C'est ainsi que le microbe du choléra des poules tue rapidement les oiseaux par septicémie, sans que jamais on trouve trace de pus à l'autopsie, tandis qu'au contraire il produit chez le cobaye une afl'ection bénigne, se traduisant par la formation d'un abcès clos au point d'inoculation.

Les microorganismes pathogènes agissent sur l'organisme de l'homme ou sur celui des animaux, non seulement par les troubles fonctionnels qu'ils y provoquent, mais aussi par les détritus qu'ils y laissent. Ces détritus, véritables produits de déchet des microbes sont des substances solubles, toxiques, produisant des effets aussi terribles que ceux des poisons les plus violents : ils sont connus sous le nom de iiluinniues. Mais jusqu'ici leur étude chimique est très imparfaite. Quelques-uns d'entre eux sont tellement toxiques, que les sujets meurent en quelques heures, et qu'.à l'autopsie on est étonné de la petite quantité de microbes que l'on rencontre dans les tissus.

Les microbes qui paraissent produire les plomaïnes les plus toxiques sont ceux qui donnent lieu aux septicémies. Dans cfis maladies, en cHct, les sujets atteints meurent avec um; rapidité surjirenante; ([uoiqucl'ois on constate même des cas foudroyants.

La plu|)art des microbes iiatliogènes ne sont pas chromogènes, c'est-à-dii'e ([ue, cultivés sur certains milieux solides, opaques ou transparents, leur cullure reste blanclie, mais ne prend januiis de leinte spéciale jaune, roupie, verte, etc. 11 est (|uelques exceptions pourtant, dont la plus rennirquable est la

culture du bacille de la morve sur la pomme de terre .

Les microorganismes sont répandus en grand nombre surtout ce qui nous environne : on en rencontre dans l'air, dans les eaux de toutes natures, sur le sol et même dans la profondeur de la terre.

L'air contient notamment un grand nombre de microbes chromogènes et ce n'est, nous le pensons du moins, que très exceptionnellement qu'on y observe des germes pathogènes. C'est qu'en effet les microbes, comme d'ailleurs toutes les granulations, même les plus tenues, subissent l'action de la pesanteur tout comme les autres corps, de sorte qu'ils tendent toujours à se déposer sur la surface du sol. En un mot Tair ne leur sert que de véhicule.

Il faut d'ailleurs ne pas oublier que ces microbes pathogènes émanent des débris ou des excréta des animaux infectés; or, ces matières sont plus ou moins humides et retiennent ainsi les microbes emprisonnés comme dans une sorte de bouillie, de sorte que la contagion volatile ne se peut faire qu'à la condition que ces matières soient d'abord desséchées, puis réduites en une poussière assez fine pour pouvoir être diffusée dans l'atmosphère par les courants d'air ou les coups de vent.

A ce point de vue, on peut considérer l'eau comme le véhicule le plus ordinaire des inicrohes pathogènes. L'histoire de la lièvre typhoïde et du choléra en est un exemple frappant. On peut donc dans certaines circonstances y rencontrer des germes virulents. Les eaux de source seules passent pour être pures de tout germe vivant.

Il existe à la surface du sol une grande variété de germes zj'mogèncs, chromogènes et pathogènes.

L'intérieur du sol en renferme aussi un grand nombre; mais nous ne pouvons insister sur tous ces détails : ce serait sortir du cadre que nous nous sommes tracé.

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