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PROCÉDÉS

COLIBACILLE

1 BACILLE D’EBERTH

Pomme de terre.

Colonies épaisses, jaunâtres, ou minces et vernissées, presque invisibles.

Colonies minces, vernissées, presque invisibles.

Artichaut.

Culture abondante. Artichaut vert.

Culture invisible. Artichaut normal.

Bouillon lactosé et carbonate.

Gaz abondants.

Pas de gaz. .

Bouillon au neutralroth.

Vert, fluorescent.

Rouge.

Bouillon caféine.

Pas de développement.

Développement habituel.

Bouillon lactosé et tournesolé.

Rouge ; gaz .

Bleu ; pas de gaz.

Lait.

Coagule.

Ne coagule pas.

Indol.

Réaction positive.

Réaction habituellement négative.

Sérum antityphique.

Pas ou très peu agglutiné.

Agglutiné au moins après quelques générations artificielles.

Inoculations répétées au cobaye.

Sérum n’agglutinant pas ou agglutinant très peu le B. typhique.

Sérum agglutinant le B. typhique.

Inoculation simultanée de sérum antityphique.

Pas de préservation.

Préservation.

4° Procédés d'analyse qualitative (B. Eberth et surtout Colibacille). — On peut faire une analyse quantitative de l’eau et, prenant un à un les échantillons, essayer de les caractériser par la recherche deè caractères ci-dessus énoncés. Il vaut mieux s’adresser à des procédés qui rendent inutile la première opération d’isolement de tous les microbes d’une eau.

Les différents procédés (ils sont innombrables) reposent sur une des propriétés fondamentales du Colibacille et du B. d’ Eberth. Beaucoup sont mixtes.

RECHERCHE DU BACILLE TYPHIQUE DANS l’eAU 423

En principe, on ne recherche que le Colibacille ; les cultures obtenues on s’adressera à un des caractères décrits plus haut ? pour savoir si certaines contiennent du B. d’Eberth.

A. Procédés a l’acide phénique. — C’est Chantemesse et Widal qui ont découvert la résistance du Colibacille et du B. d'Eberth à l’acide phénique (1887).

a. Procédé de Chantemesse et de Widal. — On ajoute 4 à 5 gouttes d’une solution d’acide phénique à 1/20 par 10 centimètres cubes de gélatine ; on coule en tubes. On fait des cultures en boîtes

3 de Pétri ou en tubes d’Esmarch. L’acide phénique fait une sélection : la plupart des microbes autres que le B. cl'Eberth et le Colibacille ne végètent pas.

b. Procédé de Vincent (1890). Procédé de choix. — Vincent a combiné l’acide phénique et l’action de la .température (voir plus loin).

Voici la technique définitive de Vincent.

Si on a affaire à une eau très souillée, on a une série de ballons de bouillon contenant 10 centimètres cubes de bouillon et 5 gouttes d’une solution phéniquée à 5 p. 100. On ensemence ces ballons avec une goutte d’eau (comme pour l’analyse quantitative, page 406). On met à l’étuve à -j-42°. Les ballons qui se troublent en vingt-quatre heures contiennent (sauf rares exceptions) du Colibacille. La numération se fait au bout de vingtquatre heures ; on ne tient pas compte des ballons qui se troublent ensuite. On a le nombre des Colibacilles au centimètre cube par le nombre des ballons qui se sont troublés, un centimètre cube ayant été ensemencé en totalité (en général 60 à 80 gouttes par centimètre cube).

Si l'eau est peu souillée, on compte autrement. Il faut ensemencer de grandes quantités d’eau : 10, 50, 100, 150 centimètres cubes et jusqu’à un litre entier. Pour cela, on opère avec de grands ballons de 10, 50, 100, 150 centimètres cubes. On met 10, 50, 100, 150 centimètres cubes de l’eau à analyser. On a une solution mère concentrée de peptone, et une solution mère concentrée d’acide phénique. On ajoute à chaque ballon

424 ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE L’EAU

20 gouttes de la solution peptonée et 20 gouttes de la solution phéniquée par 10 centimètres cubes d’eau. On agite. On met à + 42°. On examine au bout de vingt-quatre heures ; les ballons troubles (à de rares exceptions) contiennent du Colibacille. On dit alors que l’eau contient du Colibacille à partir de 10, 50, 100, 150, 200 centimètres cubes, etc. En d’autres termes, il faut ensemencer jusqu’à 10, 50, 100, 150 centimètres cubes, etc., pour rencontrer du Colibacille.

Le procédé de Vincent est donc à la fois un procédé de recherche simple et un procédé de numération. 11 est excellent, commode, un peu moins sensible toutefois que les procédés au neutral-roth (p. 427).

On ferait les réactions spéciales au B. d’Eberth, si on le soupçonnait. En général, on s’en tient à la recherche du Colibacille.

G. Roux fait justement remarquer que le B. subtilis et le B. mesentericus vulgatus résistent bien à l’acide phénique et poussent à la température de -f- 42°. Mais il est impossible de les confondre avec le B. coli ou le B. d’Eberth, car ils poussent en voile épais à la surface. Il faut savoir aussi que le B. d’Eberth cultivé en bouillon phéniqué, est devenu à peu près immobile et très court.

c. Procédé de Péré (1891). — Péré se sert aussi de l’acide phénique ; mais au lieu d’ensemencer l’eau en petites, quantités dans un bouillon phéniqué, il transforme un certain volume de l’eau en un milieu nutritif et phéniqué. De cette façou le Colibacille et le B. d’Eberth ne peuvent échapper.

On met dans un matras stérilisé d’un litre : 150 centimètres cubes de bouillon peptoné, 6 à 700 centimètres cubes de l’eau à analyser, et 20 centimètres cubes d’une solution phéniquée à 5 p. 100. On répartit le tout dans 10 ballons stérilisés, et on porte ceux-ci à une température qui peut varier entre + 32° et -f- 36° à -f- 34° en moyenne. Le trouble ne se produira pas ou se produira d’autant plus rapidement que la pollution est plus forte (douze à trente heures). Dès que le trouble est évident, on prélève de la semence pour fertiliser du bouillon normal et du bouillon phéniqué. On fait ainsi trois passages en

bouillon phéniqué pour avoir le Colibacille à l’état de pureté, car les autres espèces périssent pendant ces passages.

d. Procédé de Parietti 1. — Se basant sur ce fait qu’une forte dose de semence de Bacille typhique peut triompher d’une solution phéniquée qui stérilise une petite quantité de culture, Parietti prépare des tubes de bouillon de 10 centimètres cubes dans lesquels il ajoute 3, 6 et 9 gouttes (chaque goutte équivalant à 1 /30e de centimètre cube) d’une solution préparée d’avance ainsi composée :

Acide phéniqué 5 grammes.

Acide chlorhydrique 4 —

Eau distillée 100 —

Ces tubes sont ensemencés par série avec une, deux, trois, etc., gouttes d’eau à analyser. Les eaux sans bacilles typhiques ne troublent au bout de quarante-huit heures que les bouillons renfermant peu d’acide phéniqué et beaucoup d’eau. Au contraire le Colibacille ou le B. d’Eberth amènent un trouble en vingt-quatre heures.

B. Procédé a la caféine. — Hoffmann et Ficker ont recommandé une méthode basée sur l’emploi de la caféine.

On verse dans un ballon 900 centimètres cubes d’eau à examiner -f 100 centimètres cubes d’une solution à 1/5 de nutrose -j- 25 centimètres cubes d’une solution de caféine à 1/5 -j- 10 centimètres cubes d’une solution fraîchement préparée de cristal-violet à 0,1 p. 100. On porte à + 37° pendant douze ou treize heures. Seul le B. d’Eberth pousserait. En tous cas, certains B. d’Eberth peuvent ne pas pousser.

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