METHODES DE DIAGNOSTIC
6° On peut faire agir le sérum des animaux infectés sur les produits solubles élaborés par le microbe (précipitation de la malléine, des cultures filtrées du bacille tuberculeux par le sérum des animaux morveux ou tuberculeux).
On se servira de l’une de ces méthodes, suivant les cas.
Avant de donner les indications nécessaires pour faire le diagnostic spécial de chaque infection, lorsque ce diagnostic bactériologique est possible et utile en pratique, insistons sur quelques principes généraux.
En pathologie infectieuse, le diagnostic étiologique est indispensable, le diagnostic symptomatique n'en est que la préface. Ces deux diagnostics se confondent pour certaines affections spécifiques : tuberculose, morve, charbon, etc. ; ils sont absolument distincts dans beaucoup de cas. Dire qu’un malade a une pleurésie, un abcès, une mammite, c’est indiquer seulement le point sur lequel doit être tenté le diagnostic bactériologique, c’est-à-dire étiologique, le diagnostic qui impose le pronostic, la prophylaxie et le traitement. Il suffit de rappeler pour montrer l’intérêt de la recherche des causes exactes d’une maladie les conséquences différentes d’un diagnostic de mammite suivant que cette inflammation est sous la dépendance du bacille de la tuberculose, des agents ordinaires de la suppuration ou du streptocoque particulier à ce parenchyme.
L’efficacité des méthodes préventives repose sur l'exactitude du diagnostic (différenciation du charbon bactéridien et du charbon symptomatique, du rouget et des autres maladies du porc).
Lorsqu’on soupçonnera la nature d’une infection, on se reportera directement à la méthode de choix que nous indiquons plus loin pour la recherche de chaque microbe pathogène. Si on est en présence d’une maladie indéterminée, on mettra simultanément en œuvre toutes les méthodes bactériologiques. On examinera directement au microscope les humeurs, le sang, les sérosités, à l’aide des procédés connus de coloration. On cultivera, sur différents milieux, à Vair ou dans le vide, à des températures diverses. On tentera de reproduire la maladie sur des
sujets naturellement sensibles, on inoculera à plusieurs espèces animales, par différentes voies. On se reportera au chapitre xi pour la récolte des produits pathologiques et les causes d’erreur à éviter.
On aura en outre toujours à l’esprit les préceptes suivants : 1° le sançi destiné à être cultivé doit être ensemencé , en grande abondance , dans une grande quantité de liquide nutritif, car les microbes sont en général très rares dans le sang ; 2° on doit multiplier les ensemencements du sang et les faire à une période aussi rapprochée que possible du début d'une maladie aigüe, car certains microbes ne font que passer dans le torrent circulatoire ; 3° les ensemencements de sérosités (liquides de pleurésies, d'ascite) doivent également être faits abondamment, ou avec des liquides concentrés par centrifugation.
2° Pronostic. — Le pronostic global dépend de trop de facteurs pour pouvoir être exigé du bactériologiste. Cependant certaines associations microbiennes, la virulence du microbe examiné, les oscillations du pouvoir agglutinant donneront quelquefois des indications précieuses.
3° Traitement. — Dès son aurore, la Bactériologie, non contente de découvrir les agents pathogènes, a porté ses efforts vers la recherche du traitement des maladies virulentes.
A. Préventif. — Nous avons parlé de la vaccination, de l’immunisation artificielle au chapitre xm.
La vaccination jennérienne, la vaccination contre la péripneumonie, la clavelisation étaient découvertes avant l’avènement de la bactériologie. Depuis on vaccine contre le choléra des poules, le charbon bactéridien, le rouget, la rage et dans la voie ouverte par Pasteur on a découvert des méthodes de vaccination contre le charbon symptomatique. Les injections préventives de sérum contre le tétanos, reposent déjà sur un autre principe qui est précisément celui de la sérothérapie.
On associe de plus en plus les sérums et les vaccins pour conférer rapidement aux animaux une immunité durable (séro-