DIAGNOSTIC, PRONOSTIC, THÉRAPEUTIQUE BACTÉRIOLOGIQUES
Cette Deuxième Partie comprend l’étude des principaux Microbes pathogènes des animaux. Le cadre de cet ouvrage nous oblige à éliminer tous les microbes saprophytes et tous ceux qui ne sont pathogènes que pour l’homme1.
Nous examinerons rapidement les principaux caractères des microbes pathogènes pour les animaux, afin d’insister davantage sur les points qui concernent la pratique journalière : diagnostic, pronostic, thérapeutique bactériologiques.
La Bactériologie a pour but suprême l’élaboration de méthodes nouvelles pour reconnaître et traiter les maladies infectieuses.
Résultant de la connaissance même des causes pathogènes, ces méthodes auront sur les procédés cliniques, c’est-à-dire d’observation pure, d’incomparables avantages ; elles seront d'une rigueur presque absolue. A peine âgée d’un quart de siècle, la Bactériologie nous enseigne déjà à faire le diagnostic et parfois même le pronostic de la plupart des infections.
1° Diagnostic. — Plusieurs méthodes de diagnostic sont à la disposition du bactériologiste :
1° La plus simple consiste à constater la présence d’un microbe déterminé dans les produits pathologiques. Exemple : la
1 Voir J. Courmont. Précis de Bactériologie , Doin, 1911.
recherche du Bacille de la tuberculose dans les expectorations, le pus, le lait ; du Bacille du rouget dans le rein du porc, etc. Elle n’est applicable qu’à des cas spéciaux. 11 faut que le microbe puisse être suffisamment caractérisé dans une simple préparation microscopique.
Cela est rare même pour le bacille tuberculeux; la découverte des bacilles acido-résistants a démontré l’insuffisance de l’examen microscopique (voir p. 550).
2° On cherche à cultiver le microbe, lorsqu'il est trop rare pour être vu directement, ou mélangé à d’autres bactéries, ou trop peu caractéristique pour être reconnu avec certitude autrement qu’en cultures. Exemple : la culture sur pomme de terre du jetage ou du pus recueilli sur des chevaux suspects de morve ; la culture des produits provenant des animaux suspects de charbon bactéridien.
3° On inocule à un animal réceptif les produits pathologiques contenant des microbes en trop petit nombre ou difficiles à voir ou à cultiver. Exemple : on inocule au cobaye les produits supposés tuberculeux, morveux, etc. L’organisme animal sert de réactif.
Les méthodes précédentes sont parfois infidèles, lorsqu’elles dominent des résultats négatifs ; des microbes peuvent échapper à l’observation, à la culture et même à l’inoculation.
Les autres méthodes sont basées non plus sur la recherche du microbe, mais bien sur la mise en évidence d’une réaction provoquée par le microbe dans l’organisme infecté ; elles peuvent permettre des diagnostics rétrospectifs, c’est-à-dire après la disparition du microbe causal ; elles n’exigent pas la possesion de produits pathologiques directs.
4° On injecte au malade des substances solubles fabriquées par le microbe de l'infection supposée, et on observe les effets obtenus. L’organisme réagit s’il a été infecté par ce microbe (emploi de la tuberculine, de la malléine).
5° On fait agir les humeurs du malade sur le microbe de l'infection supposée. Les microbes sont immobilisés, réunis en amas (agglutination) si le diagnostic est exact. Exemple : le sérum des chevaux morveux agglutine le bacille de la morve.