‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 136 sur 274 · Oi · texte numérisé non relu

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Proportion.

Ce tableau est résumé des indications fournies par Schütz et Miessner. Quelques expérimentateurs ont trouvé préférable d’opérer sur 3 centimètres cubes d’émulsion (Moore), les quantités de sérum doivent évidemment être modifiées.

On peut simplifier la technique en utilisant des dilutions de sérum plus étendues, la lecture des pipettes graduées en dixièmes de centimètre cube est plus facile et plus sûre que l’appréciation des centièmes de centimètre cube. En opérant avec la même pipette rincée à l’eau physiologique entre chaque opération, pour la distribution de l’émulsion microbienne, la dilution du sérum et sa répartition dans les tubes, la méthode suivante très simple donne de bons résultats :

Sérum dilué à l p . 40 . Émulsiou microbienne . Proportion .

12 gouttes. 60 gouttes 1 p. 200.

King et Houghton ont préconisé pour la morve la méthode simplifiée utilisée par Carrol pour la fièvre typhoïde. Le dosage du sérum se fait au moyen de petits disques de papier filtre dont les dimensions sont calculées pour absorber 3/200 de cen-

BACILLE DE LA MORVE

timètre cube (7 mm. 4 de diamètre, 3/500 (4 mm. 6) 3/800 (3 mm, 7) et 1/400 (3 mm.).

Chacun de ces petits disques, saturés de sérum par absorption et non par immersion, est placé dans un tube contenant 3 centimètres cubes de l'émulsion. On obtient ainsi les dilutions de 1 p. 200, 1 p. 500, 1 p. 800, 1 p. 1200. Ces auteurs ont imaginé un dispositif très pratique, Yagglutometer, qui permet de faire le séro-diagnostic sans laboratoire.

Quel que soit le procédé utilisé, le mélange est maintenu à 37 degrés pendant vingt-quatre à trente heures. La centrifugation du mélange (10 minutes à 1 600 tours par minute) favoriserait l’agglutination, les résultats seraient appréciables une heure et demie après la centrifugation (Miessner, Pfeiler et Muller).

Appréciation des résultats. — L’agglutination est caractérisée par la réunion des microbes en suspension dans le fond du tube en même temps que le liquide se clarifie. Les microbes agglutinés se détachent par l’agitation en amas plus ou moins volumineux ou en filaments qu’il est difficile de résoudre en granulations. Lorsque le phénomène ne se produit pas la solution reste trouble, une petite quantité des microbes se déposent par sédimentation mais l’agitation du tube fait reprendre à l’émulsion ses caractères primitifs.

Il n’est pas nécessaire de recourir à l’examen microscopique pour apprécier les résultats.

Interprétation et valeur. — Le sérum des chevaux sains agglutine à 1 p. 200 (64,8 p. 100) quelquefois à 1 p. 500, (7 p. 100) exceptionnellement à 1 p. 1000 (0,5 p. 100).

Le séro-diagnostic sera considéré comme positif chez les chevaux morveux ou suspects à partir de 1 p. 500. L’agglutination à 1 p. 1000 peut être, considérée comme spécifique. Entre 1 p. 500 et 1 p. 800 elle entraîne la suspicion ou confirme la nature ou l’origine de lésions ou de symptômes suspects.

Si dans deux épreuves successives pratiquées à quelques semaines d’intervalle le taux de l’agglutination se maintient entre 1 p. 500 et 1 p 800, l’animal peut être considéré comme indemne de morve. L’agglutination spécifique est soumise à des

DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE

fluctuations, lorsque ces dernières font défaut, l’agglutination peut être considérée comme normale. En ne considérant comme morveux que les chevaux dont le sérum agglutine à 1 p. 1 000, la proportion des erreurs (absence de morve) ne dépasse pas

L’agglutinine spécifique apparaît dans le sérum dès le début de la maladie (quatre à huit jours après l’infection); létaux de l’agglutination reste élevé après une période très variable (quatre semaines à sept mois) puis diminue. Pendant cette dernière période (morve chronique) on met à profit les oscillations du pouvoit agglutinant pour le diagnostic.

La malléination trouble les indications du séro-diagnostic (augmentation ou diminution du pouvoir agglutinant) ; cette dernière méthode ne pourrait donc pas être utilisée avec profit dans les effectifs où l'on emploie la malléine (Miessner, Instructions du Ministère prussien).

Le pouvoir agglutinant du sérum des chevaux atteints de gourme, de tuberculose peut être plus élevé que le pouvoir agglutinant normal, atteindre ou dépasser 1 p. 100 (Sustmann, Moore).

L’agglutinine n’est pas détruite par une putréfaction légère (sang recueilli dans de mauvaises conditions ou sur des cadavres) .

L’agglutination — sauf 1 emploi de l'agglutomètre — ne peut être recherchée qu’au laboratoire ce qui en limite les indications. La malléine employée judicieusement seule peut être utilisée dans la pratique. Pourtant lorsque la température est élevée ou subit de grandes oscillations il est indiqué de recourir au séro-diagnostic. La méthode conviendrait encore lorsqu’il est nécessaire d'être fixé rapidement sur 1 état sanitaire d’un grand nombre de chevaux qu il n’est pas possible d'immobiliser (armée en campagne).

Sur le cadavre en présence de tubercules dans le parenchyme pulmonaire on peut être fixé rapidement sur la nature des lésions par la recherche du pouvoir agglutinant du sérum. On trouve toujours dans les gros vaisseaux ou dans les cavités du cœur la petite quantité de sang nécessaire à l’obtention du sérum .

BACILLE DE LA MORVE

B. Précipitation. — L’action précipitante du sérum des chevaux morveux signalée par Dediulin-, Wladimiroff. n’a été étudiée que tout récemment comme méthode de diagnostic (Miessner, Panisset). Le sérum frais des chevaux morveux précipite les extraits du bacille morveux, la malléine sèche de Foth (une dose dans 10 centimètres cubes) ou la malléine de l'Institut Pasteur, diluée à 1 p. 40 dans l'eau physiologique ou

Fig. 242.

Réaction de précipitation.

A, tube témoin, malléine el sérum d'un cheval sain. Absence de réaction.

B, malléine et sérum d’un cheval morveux, réaction positive.

dans la solution de phénol à 5 p. 1000. La dilution du sérum à 1 p. 2, 1 p. 4 ne modifie pas la réaction. On peut faire varier les proportions relatives de sérum et de malléine diluée de parties égales à 1 p. 20 et même 1 p. 40. Il suffit de mettre en contact les deux liquides pour provoquer la formation d'un précipité diffus ; les résultats sont plus facilement appréciables en superposant les deux liquides, il se fait un anneau blanchâtre, opalescent au niveau de la séparation.

La réaction fait défaut avec le sérum des chevaux sains ou

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE

guéris de morve. Le sérum des chevaux morveux donne par ce procédé des indications concordantes avec les résultats de l’agglutination et de la déviation du complément.

C. Déviation du complément. — Schütz et Schubert ont | recommandé l’emploi de la méthode de déviation du complément pour le diagnostic de la morve. Cette méthode consiste dans la mise en évidence de la sensibilisatrice spécifique pour le bacille morveux qui apparaît dans le sérum des chevaux infectés. La présence de la sensibilisatrice est décelée par ; l’intermédiaire d’un système hémolytique (globules lavés — | sérum anti correspondant, chauffé) en présence d’un complé- ’ ment.

On peut utiliser comme antigène un extrait des bacilles mor- ! veux, obtenu après broyage des corps microbiens tués, émulsion dans l’eau physiologique et centrifugation (Schütz et Schubert) plus simplement une émulsion bacillaire (de Blieck). La mal- . léine sèche de Foth, l’extrait alcoolique des bacilles ou l’extrait aqueux des produits morveux, ne conviennent pas (Miessner et Trapp).

Le sérum (dans lequel on recherche la substance spécifique,

' f sensibilisatrice) , est recueilli du sang suspect, comme pour |' l’agglutination. Il doit être chauffé, par immersion d’une demiheure dans un bain-marie à 55-58 degrés.

; . Le système hémolytique est constitué : i a) par des hématies de mouton (ou de bœuf) obtenues du

Isang défibriné, lavées avec soin dans la solution physiologique ; les globules sont séparés de la solution entre chaque lavage, par une centrifugation prolongée. On rétablit le volume de la solution mère et on dilue au vingtième dans la solution physiologique à 9 p. 1000.

. b) Par du sérum hémolytique chauffé , provenant d’un lapin traité trois ou quatre fois, par injection intra-veineuse ou péritonéale, avec des globules lavés de mouton.

Le complément est fourni par du sérum frais de cobaye. Le ! sérum recueilli depuis quelques jours (dix jours) convient mieux que le sérum recueilli au moment de la réaction.

BACILLE DE LA MORVE

Le sérum du cheval suspect est dilué au dixième ; le sérum

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