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I. Souris des champs (campagnol)^. Très sensible. Meurt en

Poumon de cobaye morveux (Macé).

Fig. 236.

Rate de cobaye morveux (Macé).

BACILLE DE LA MORVE

quelques jours, d’une inoculation sous-cutanée. Tuberculisation miliaire des viscères, particulièrement de la rate. Le mulot (Mus sylvaticus ) est moins sensible.

J. Spermophile. — Sensible. Le passage en séries exalterait la virulence du bacille (Gamaleïa).

K. Lapin. — Peu sensible à l’infection. Le chancre local guérit spontanément. 11 faut des doses massives, injectées dans les veines, pour tuer (Lôffler), ou des bacilles exaltés (Gamaleïa), le plus souvent les animaux succombent à l’intoxication (organisme stérile). Pas de localisations génitales chez les lapins inoculés dans le péritoine.

L. Chien. — Très résistant. Chez le jeune chien, l’inoculation donne une morve mortelle (Galtier) . L’inoculation par sacrifications sur le front produit, entrois à quatre jours, des chancres morveux, avec pus liquide grisâtre abondant et très virulent. La région s’empâte, les ulcérations se rejoignent et forment un vaste ulcère caractéristique. Ces chancres guérissent en deux ou trois semaines. La généralisation est très rare (quelques cas de morve chronique de Nocard). L’inoculation veineuse massive peut engendrer une morve généralisée (Straus) .

Des bacilles provenant du lion peuvent tuer le chien (Trasbot). On peut tuer le chien en l’inoculant dans le système nerveux (Tedeschi).

M. Souris blanche. — Réfractaire ; le diabète phloridzinique permet l’infection expérimentale (Léo). Cette assertion n'a pas été confirmée (Shattock, Galli-Yalerio, Nicolle et Morax). La phloridzine est sans effet (Nicolle et Morax), la souris succombe à l’inoculation sous-cutanée de morve granulique typique.

N. Oiseaux. — Réfractaires.

E) — Toxines

Les cultures, tuées par la chaleur, sont toxiques ; (HelmAn et Kalning, Protopopoff, etc.). Les microbes tués par la chaleur, l’alcool-éther, le chloroforme sont toxiques pour le cobaye. Au

IMMUNISATION

cours des intoxications lentement mortelles par inoculation péritonéale, les mâles présentent des localisations génitales (M. Nicolle).

Turro (1908) a préparé une toxine en traitant les cultures par la soude à 0,50 p. 100, on peut purifier par dialyse et par précipitation à l’alcool absolu.

La malléine est un extrait stérile, glycériné des cultures du bacille morveux (absolument comme la tuberculine pour le B. de lvoch) . On la prépare ainsi : on exalte une culture par plusieurs passages chez le lapin (inoculation intraveineuse). On cultive dans le bouillon glycériné à + 37°. Au bout d’un mois, on chauffe trente minutes à -f- 100°, on concentre au bain-marie jusqu’au 10e du volume primitif. On filtre sur papier Chardin. C’est la malléine brute. Le cobaye supporte sans effet appréciable l'injection sous-cutanée de 1 centimètre cube de malléine brute, le lapin 2 centimètres cubes dans les veines, le cheval un demicentimètre cube. Les animaux morveux sont très sensibles à la malléine : chez le cheval un quart de centimètre cube provoque de l’hyperthermie, des symptômes généraux et une tuméfaction locale ; le cobaye succombe à l’inoculation. Le principe actif est précipitable par l'alcool (; malléine sèche de Foth). On peut préparer line malléine par l’extraction au moyen de la glycérine [mall. de Khakkoff), par précipitation avec le sublimé (Preisz) ou en traitant les bacilles par l’antiformine à 2 p. 100 (Schnürer. Foth).

F) — Immunisation

Le chien, qui a guéri de ses chancres morveux, peut être réinoculé plusieurs fois de suite, avec succès (Galtier) .

On peut créer un état réfractaire en inoculant des cultures atténuées. Straus, avec des cultures âgées, a vacciné le chien contre les inoculations massives intraveineuses. Sakaroff et Finger ont augmenté la résistance du lapin avec des cultures âgées ou chauffées à -f- 100°. Sakaroff aurait vacciné des chevaux, avec des bacilles, atténués par passages sur le chat.

BACILLE DE LA MORVE

La malléine n’est pas immunisante (Nocard).

M. Nicolle a immunisé le cobaye avec des bacilles vivants, contre les mêmes bacilles, au moyen d'inoculations répétées sous la peau, dans les muscles, dans le péritoine ou d'une seule inoculation dans le cœur.

Lévy, Blumenthal et Marxer ont immunisé le cobaye avec des bacilles morveux (1908) soumis, à 37 degrés, à l’action de la glycérine à 80 p'. 100 ou de l'urée à 10 p. 100. Ils ont préparé avec ces cultures une poudre vaccinante dont on injecte au cheval 100 milligrammes, puis trois semaines plus tard 200 à250 milligrammes. Les résultats obtenus dans la pratique ne sont pas encore connus. M. Kellar vaccine le cheval avec des émulsions microbiennes chauffées à 70°, les résultats obtenus dans les écuries infectées seraient excellents .

Le sérum des animaux immunisés ou hyperimmunisés contre le bacille morveux n’est ni préventif, ni curatif (Arugh et Petrini, Deduline, Prettner, Galtier et Nicolas) . Les résultats positifs obtenus avec le sérum de bœuf (Chenot et Picq) dans le traitement de la morve de l’homme n’ont pas été confirmés par l’expérimentation.

G) — Diagnostic bactériologique

1° Recherche du bacille. — Le bacille peut être trouvé dans le jetage ou dans le pus ; dans les formes'chroniques les bacilles sont rares, granuleux, échappent souvent à la recherche. Le procédé a été préconisé par déterminer la nature des tubercules pulmonaires.

2° Culture. — Elle sera employée toutes les fois que le produit recueilli sera pur ou à peu près pur (pus d’un abcès, matière caséeuse des ganglions). On ensemencera sur ‘pomme de terre à -f- 37 degrés (voir plus haut. p. 587).

L’examen des microbes recueillis sur les colonies colorées, apparues tardivement, précise le diagnostic.

3° Inoculation. — Quelle que soit la sensibilité du réactif

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE

l'inoculation ne donne pas toujours des indications certaines. La virulence des produits utilisés, provenant de sujets morveux, n’est pas constante. Le jetage, surtout utilisé, renferme des microbes étrangers capables d’empêcher l’évolution de l'infection morveuse, de produire des suppurations ou de provoquer

Fig. 237.

Vaginalite tuberculeuse expérimentale du cobaye (L. Panisset).

la mort prématurée des sujets inoculés. Les lésions authentiques (tubercules gris) donnent des résultats incertains en raison de la rareté des microbes qu’elle renferme. Enfin dans un grand nombre de cas (morve occulte) il n’est pas possible de recueillir les produits nécessaires pour l’inoculation. L’inoculation à Yânc est trop coûteuse et ne peut entrer dans la pratique.

BACILLE DE LA MO U VE

Galtiek a, le premier, fait le diagnostic expérimental de la morve en inoculant le chien, par scarifications du front. Les résultats positifs seuls ont une valeur absolue, 1 inoculation virulente reste quelquefois sans effet.

L’inoculation au cobaye est la méthode de choix. L inoculation cutanée (scarifications, piqûres) ou sous-cutanée préférable sont parfois infidèles. Elles exigent .toujours plusieurs semaines d’attente avant de connaître le résultat de l'opération.

Straus a recommandé Y inoculation péritonéale au cobaye mâle (voir plus haut, p. 592).

Pour Straus, Yorchite morveuse était caractéristique et spécifique, son apparition au deuxième ou troisième jour suffisait à faire le diagnostic.

Depuis Straus de nombreux expérimentateurs ont démontré que les indications fournies par cette méthode ne sont pas absolument sûres. Le microbe de la suppuration caséeuse (Nocard) (p. 622) ; des microbes isolés du jetage des chevaux morveux ou sains (Râpe, Kutscher, Galtier), le bacille pyocyanique (Barüchello), le bacille de la pseudo-tuberculose (Galavielle), le Sporotrichum (Carougeau), le bacille delà tuberculose (L. Paxisset) sont capables de provoquer la même localisation pour ne citer que les microbes répandus dans le milieu extérieur capables de contaminer les produits à inoculer ou de provoquer des affections (lymphangites) pouvant simuler la morve.

L’ubiquité de cette curieuse localisation n’enlève pourtant pas toute valeur au signe de Straus, qui perd seulement de sa simplicité. L’origine du produit inoculé fournit, en effet, de précieuses indications. Si la relation reste difficile à établir entre la vaginalite et l’agent qui la détermine dans le cas où les produits sont souillés (jetage ou sanie d'un ulcère), par contre, si les produits ont été recueillis purement, la confusion ne sera possible qu’avec le bacille de Prcisz-Nocard ou Sporolrichum equi s’il s’agit de lésions fermées, ou avec le bacille de la tuberculose dans quelques cas exceptionnels où les tubercules morveux auront été confondus avec des lésions tuberculeuses à bacille de Koch. Or, la première occurence, celle où les produits sont souillés (6. de la pseudo-tuberculose , 6. de Kutscher , 6. pyocyanique...),

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE

est rarement réalisée, l’inoculation péritonéale ne devant être pratiquée qu’avec des produits recueillis purement. Certains germes enfin, de ceux qui peuvent être incriminés dans la vaginalite du cobaye, ne sauraient être retenus dans une recherche sur le diagnostic de la morve; il en est ainsi du bacille de là diphtérie (L. Panisset etLoiSEAu) de l’actinobacille, du Micrococcus melitensis (Carbone), du pyobacille du mouton (Carré).. D’autre part, il faut reconnaître que, le plus souvent, un certain nombre seulement des cobayes inoculés présentent cette localisation génitale (bacille de Koch, microbe de la pseudo-tuberculose) . Au contraire, l’électivité du bacille de la morve est trèè marquée et il est exceptionnel de voir manquer Y « orchite.» chez le cobaye inoculé avec des produits morveux.

Dans tous les cas il est nécessaire de contrôler la nature dè la vaginalite consécutive à l’inoculation péritonéale par l’examen microscopique et la culture. On peut assurer le diagnostic précoce en prélevant aseptiquement dès l’apparition de la tumé7 faction testiculaire un peu d’exsudat et en identifiant les microbes rencontrés. Ce prélèvement in vivo est d’autant plu$ nécessaire que l’orchite peut apparaître tardivement (Liénaux)*

L’inoculation péritonéale ne convient que pour les produits purs (boutons ramollis, pulpe ganglionnaire, tubercules). L’inoculation des produits impurs (jetage) provoque une péritonite purulente qui tue les sujets avant l’apparition de 1’ « orchite » (Nocard) -ou laisse les sujets indemnes (L. Panisset). Pour éviter ces accidents on inoculera une très petite quantité du produit pathologique souillé (quelques gouttes) émulsionné dans un centimètre cube de solution physiologique. En même temps on inoculera quelques cobayes, sous la peau, pour se mettre d’une façon certaine, à l’abri des inconvénients de l’inoculation péritonéale (L. Panisset).

Conservation et envoi des produits destinés a l’inoculation. — Les fragments d’organes peuvent être conservés virulents pendant plusieurs jours dans la glycérine pure stérilisée, le chlorure de sodium en solution concentrée, le sel en nature (1 à 4 jours, véritable salaison), (Müller), le violet de méthyle à 8 p. 1000 (Angelici).

BACILLE DE LA MORVE

En résumé , si le produit à examiner est pur : cultiver sur pomme de terre et inoculer dans le péritoine du cobaye mâle ; dès l’apparition de l’orchite, ponctionner la vaginale, examiner le pus retiré et le cultiver ; si le produit est impur, ne pas tenter la culture mais inoculer plusieurs cobayes sous la peau

Fig. 238.

Dosage de la malléine par l’intra-dermo-réaction (27e heure ) (Schnürer).

Rangée supérieure : malléine sèche de Foth ; — rangée moyenne : antiforminemalléine ; — rangée inférieure : malléine de l’Institut Pasteur (les chiffres indiquent les quantités de malléine exprimées en gramme).

et dans le péritoine, et même inoculer au chien par scarification.

3° Injection de malléine. — La malléine (voir p. 594) a été découverte par Helman, en 1888. Kalning, Nocard se sont

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE 601

surtout préoccupés d’étudier ses effets sur les animaux morveux, au point de vue du diagnostic de cette affection .

La malléine brute est un liquide brun foncé, sirupeux. On l’emploie après dilution au 1 / 10e dans l’eau phéniquée à 5 p.

1 000 ; ce mélange, maintenu à l’abri de l’air et de la lumière, conserve ses propriétés pendant plusieurs mois.

L’animal suspect est mis en observation pendant quarantehuit heures ; on prend sa température. S’il n’a pas de fièvre, on

Fig. 239.

Oculo- et cuti- réaction chez un cheval morveux (J. Schnürer).

a, oculo-réaction après deux instillations de malléine dans l’espace de vingtquatre heures, soixante-deux heures après la première instillation. — 6, cuti-réaction positive à la malléine après soixante-deux heures. — c, réaction à la piqûre (intradermo-réaction) après injection sous-cutanée).

BACILLE DE LA MORVE

lui injecte1, le troisième jour, sous la peau de l’encolure, un quart de centimètre cube de malléine brute, ou 2 centimètres cubes et demi (il est plus commode avec la malléine brute de de diluer au huitième pour injecter 2 centimètres cubes de la dilution) de malléine diluée. Si l’animal est morveux, on observe une réaction organique, une réaction locale et une réaction thermique. La réaction locale est constituée par les symptômes suivants : une tuméfaction inflammatoire, parfois énorme, chaude, très douloureuse, se forme, en quelques heures, au niveau du point d’inoculation. Du contour de la tumeur partent des traînées lymphatiques sinueuses, se dirigeant vers les ganglions. Cette tumeur (qui ne doit pas suppurer), s’accroît pendant trente-six heures et dure plusieurs jours, ne disparaissant que vers le dixième. La réaction organique est indiquée par de la tristesse, de l’abattement, des frissons et des tremblements musculaires, la disparition de l'appétit, la prostration peut être complète. La réaction thermique est toujours accusée. En quelques heures, la température monte de d°5 à 2°5 ou même plus. Cette fièvre, appréciable dès la huitième heure, atteint son maximum vers la douzième ou quinzième, et dure pendant trente-six et quarante huit heures.

La malléine ne produit aucune accoutumance, deux injections pratiquées à quelques jours d’intervalle donnent des résultats identiques '(Nocard, Drouin, Galtier). Quelques expérimentateurs pensent qu'il est préférable de laisser un intervalle de 3 à 4 semaines entre des malléinations successives (Miessner, Hutyra et Marek, Foth, Wladimiroff, Malm, Babes).

Tout animal morveux réagit ainsi à la malléine. Une pareille réaction est-elle toujours due à la morve? Chez l’animal sain, l’injection de malléine, même à dose plus considérable, reste sans effet. Exceptionnellement, certaines affections (gourme, emphysème pulmonaire, mélanose) peuvent entraver la réaction thermique. L 'hyperthermie s’établit rapidement et ne persiste pas. La réaction organique fait défaut. L’observation et l’analyse des faits justifient rarement la suspicion.

1 On injectera autant que possible de huit à dix heures du soir pour que la réaction se produise pendant la journée du lendemain.

DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE

En résume, les animaux qui présentent une réaction complète (hyperthermie, réaction locale, réaction générale) doivent être déclarés morveux. Ceux qui présentent une réaction incomplète doivent être réputés suspects. Les animaux qui ne présentent aucune réaction peuvent être libérés comme indemnes. On tient compte pour apprécier l'hyperthermie : du maximum atteint, de la différence entre la moyenne des températures initiales et la température la plus élevée, de la durée de la réaction, de sa persistance.

Les réactions locales à la malléine ont été recherchées chez les animaux morveux. Vallée, en indiquant la possibilité d’obtenir la cuti-réaction à la malléine, montre que les résultats positifs sont l’indice de la maladie, mais que la réaction peut faire défaut ou n’être que difficilement appréciable chez les sujets morveux. Chez les chevaux à peau fine, non morveux, les scarifications recouvertes de malléine sont souvent le siège de phénomènes qui laissent croire à une indication positive.

H. Martel a recommandé de pratiquer les scarifications entre la lèvre supérieure et le naseau ; il n’est pas nécessaire de raser la peau fine et souple qui existe à ce niveau et l’on peut apprécier la' moindre infiltration. Néanmoins, les résultats n’ont pas été nets et la réaction positive n’est constatée que chez le tiers des animaux reconnus morveux à l’autopsie. Putzeys et Stiennon, G. Angelici n’observent pas la cuti-réaction ou notent des discordances absolues entre les indications fournies et le résultat de l autopsie. La cuti-malléination a été utilisée chez l’homme (Martel).

L’ ophtalmo-malléination est d’une technique très facile, mais les résultats obtenus sont contradictoires. Pour les uns, la réaction n’apparaît que sur un petit nombre de sujets malades (Putzeys et Stiennon, G. Angelici), tandis que Choromansky, Wladimiroff observent une concordance absolue entre l’oculo-réaction et 1 inoculation sous-cutanée. Pour Schnilrer tout cheval présentant une ophtalmo-malléination positive est morveux et doit être abattu, pour Martel, au contraire, 1 ophtalmo-réaction peut être positive chez des chevaux guéris, de morve et le résultat doit toujours être contrôlé par l’inoculation sous-cutanée.

BACILLE DE LA MORVE

L/intra-dermo réaction a été préconisée par Schnürer, elle présente les avantages et les inconvénients des autres modes de réaction locale. Elle pourrait être utilisée pour le dosage de la malléine.

4° Séro-diagnostic. — A. Agglutination. — Depuis que

M’ Fàdyean (1896) a signalé que le sérum des chevaux morveux agglutinait le bacille de la morve, la méthode a fait l'objet de nombreux travaux (Bourges et Mery, Porkschischewsky, Arpad, Rabieaux, Je^sen, etc) mais c’est seulement en ces dernières années elle est entrée dans la pratique du diagnostic de la morve, notamment en Allemagne et en Autriche, aux Etats- Unis (Schütz et Miessner. Schnürer, Yeranus A. Moore, King et Houghton, etc.)

Technique de la réaction. — a). Préparation de l'émulsion microbienne . — Tous les bacilles morveux ne se prêtent pas à

DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE

l'agglutination, des essais préalables seuls peuvent renseigner sur ce point. Le bacille est d’autant plus agglutinable qu il est extrait depuis peu de temps de l’organisme, il est donc nécessaire de faire des passages toutes les trois semaines au moins. On utilisera des cultures de quarante-huit ou soixante-douze heures sur gélose glycérinée. 11 sera nécessaire de faire des

Fig. 241.

Séroréaction positive.

passages in vitro tous les jours pour avoir toujours une culture permettant d’effectuer le séro-diagnostic.

Les microbes recueillis sur la gélose sont émulsionnés dans l’eau physiologique à 8,5-9 p. 1000. Cette émulsion peut être utilisée d’emblée ou après chauffage à 60 degrés pendant deux heures. Le chauffage qui tue les microbes n’entrave pas la réaction et facilite les opérations ultérieures en supprimant le danger des manipulations avec les cultures vivantes.

L’émulsion chauffée est broyée avec soin. On peut utiliser dans ce but un ballon contenant des perles de verre. On dilue avec de l'ejui physiologique pour obtenir une dilution transpa-

BACILLE DE LA MORVE

rente, louche, à peine laiteuse. Pour préparer une émulsion dont la teneur microbienne soit aussi constante que possible, on peut apprécier son opalescence au moyen du lactoscope de Faser (visibilité 5) (Schnürer); on pourrait encore indiquer le poids des microbes humides nécessaire pour obtenir une émulsion convenable. On filtre sur papier. L’émulsion ainsi obtenue peut être additionnée de 0,5 p. 100 de phénol, elle se conserve à basse température (4 à 6 degrés) et à l’obscurité, elle est encore utilisable après trois à quatre semaines. Un tube de gélose fournit environ 100-120 centimètres cubes d’émulsion propre à la recherche du pouvoir agglutinant.

(3) Obtention du sérum, envoi , conservation. — Sur l’animal vivant, le sang est prélevé aseptiquement par saignée au trocart, ou recueilli avec une seringue munie d’une grosse aiguille et réparti dans des tubes ou des flacons stériles. On peut utiliser les tubes à vaccin ou les flacons à sérum après stérilisation par ébullition. On peut utiliser de petits tubes en verre épais fermés par un bouchon portant une aiguille. L’aiguille est implantée dans la veine, le sang se collecte dans le petit tube, on change le bouchon et on peut envoyer directement.

Le sang recueilli on attend sa coagulation spontanée, ou on peut hâter par centrifugation la séparation du sérum.

Le sérum est prélevé avec soin et distribué dans des tubes stériles. 11 doit être conservé au frais et à l’obscurité ; si toutes ces opérations ont été faites aseptiquement, l’addition de 0,5 p. 100 de phénol à 5 p. 100 est inutile, pourtant elle n’entrave pas les réactions ultérieures.

Le chauffage du sérum (56°) diminue le taux de l’agglutination normale sans modifier celui de l’agglutination spécifique, sa pratique facilite l’interprétation des indications du séro-diagnostic (A. Oyuela).

y) Recherche du pouvoir agglutinant. — On utilise de petits tubes stérilisés de 6, 8 ou 10 millimètres de diamètre sur 8 ou 10 centimètres de longueur. L’émulsion microbienne est distribuée dans 6, 7... 12 tubes suivant la méthode employée. On met en général 2 centimètres cubes (40 gouttes) dans chaque tube. — On doit toujours conserver un tube témoin, sans

DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE

sérum, pour apprécier comparativement les caractères de rémulsion.

Le sérum à examiner est dilué dans la proportion de 1 partie pour 39 d'eau physiologique (dilution à t p. 40), puis réparti dans chacun des tubes contenant l'émulsion avec une pipette capillaire graduée en centièmes de centimètre cube. On peut adopter le tableau, suivant .

Sérum dilué à 1 p. 40. Émulsion microbienne. 0 cc. 40 2 centimètres cubes

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