C. Méthode de déviation du complément 1 Sérum normal
d fès + mm ■+■
|?!:J , Complément
Sérum suspect KwlcXidl/tC
chauffé hémolytique
Bacteriolyse Hématie J Pas l'hémolyse
de La y i moroeuAC
morve
D- Méthode de déviation du complément (Sérum d'un cheval morveux J
Fig. 2i4.
Représentation schématique de la méthode de déviation du complément.
peut opérer la recherche dans les conditions suivantes :
BACILLE DE LA MORVE
On mélange dans un tube 3/10e de centimètre cube de sérum suspect avec une goutte d'antigène et 2/ 100e de centimètre cube de complément frais ou 5/100 de complément ancien. Le tube est bouché, agité, porté une heure à 37 degrés.
Des tubes témoins sont rigoureusement indispensables : un avec sérum normal chauffé de cheval, -f- antigène morveux et complément, l'autre avec, sérum chauffé suspect -j- antigène différent (non morveux) et complément. On porte les tubes à l’étuve pendant une heure.
On ajoute dans tous les tubes 1/10° de cent, cube de sérum hémolytique chauffé, 1 centimètre cube de la dilution globulaire. On porte de nouveau à 37 degrés. Dès que les témoins commencent à hémolysef on suit le cours de l’expérience à la température du laboratoire.
Le séro-diagnostic est positif et le sérum examiné provient d'un sujet infecté de morve lorsque 1 hémolyse ne se produit pas. Dans ce cas, l'antigène (bacille morveux) a été sensibilisé par le sérum morveux (sensibilisatrice) et a fixé le complément. lorsqu'on ajoute le système hémolytique, l'hémolyse ne peut pas se réaliser puisque le complément ajouté tout d’abord a été dévié.
L’hémolyse implique l’absence de morve. Le sérum examiné, ne renfermant pas de sensibilisatrice spécifique, n'a pas modifié l’antigène et le complément ajouté dès le début de la réaction reste libre. Lorsqu'on ajoute le système hémolytique, le sérum de ce mélange trouve dans le milieu le complément dont il a besoin pour manifester son action spécifique et 1 hémolyse se produit.
Lorsque l’hémolyse est complète, le mélange est laqué, la réaction est facilement appréciable. L’hémolyse peut être incomplète, il reste dans le fond des tubes des globules qui n’ont pas abandonné leur hémoglobine, le résultat est douteux.
La réaction est très sensible, elle nécessite un matériel très propre, des globules bien lavés, des éléments bien dosés et surtout* l’usage de tubes témoins.
La méthode de déviation du complément n’avait pas donné de bons résultats au début (de Haanï, depuis elle est d'un usage courant en Allemagne, ses indications et sa valeur sont les
DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE
mêmes que celles de F agglutination (Miessner et Trapp, Valenti, de Blieck), à la fois de l’agglutination et de la précipitation (Miessner).
Une instruction ministérielle allemande (21 février 1906) recommande d’associer l'agglutination et la déviation du complément. Quand la réaction de Bordet-Gengou est complète (avec 1/10° ou 2/10° de centimètre cube de sérum suspect), la réaction étant réalisée dans les conditions indiquées, on doit conclure à la morve quel que soit le taux du pouvoir agglutinant.
Si 1 hémolyse n’est pas complète, le diagnostic de la morve ne peut être fait que si le sérum est agglutinant à 1 p. 1000.
Ces méthodes, d'une technique délicate et d’une interprétation difficile ne peuvent être mises en œuvre qu’au laboratoire. Elles constituent lorsqu’elles sont associées des moyens de diagnostic extrêmement précieux.
D) — Conglutination globulaire
Bordet et Gay ont montré l’existence dans le sérum du bœuf d’une substance differente de l’agglutinine, capable de provoquer pourtant l’agglutination, en volumineux flocons, des globules rouges les plus divers pourvu qu’ils aient été préalablement sensibilisés et alexinés. Bordet et Streng ont donné à cette substance le nom de conglutinine ; ils ont appelé conglutination, l'agglutination qu'elle provoque.
La conglutination constitue le phénomène appréciable d’un procédé de séro-diagnostic, tout comme 1 hémolyse des globules sert d’indicateur dans la méthode de déviation du complément.
11 s’agit de mettre en présence, après des dosages convenables, le sérum suspect, un extrait bacillaire, du sérum frais de cheval, du sérum de bœuf cbauifé et des globules de mouton.
Le sérum de bœuf chauffé est capable de conglutiner les globules de mouton, à condition que ceux-ci aient été sensibilisés et alexinés. Le sérum frais de cheval assure cette double imprégnation, il renferme un ambocepleur hémolytique et, comme tous les sérums frais, de l’alexine.
Gomment va se dérouler la réaction si le sérum suspect .provient d’un animal morveux ? Ce sérum renferme une sensibilisatrice pour le bacille morveux capable de se fixer sur l’extrait bacillaire et d’y fixer par son intermédiaire l'alexine du sérum frais de cheval. Si maintenant on ajoute le mélange de sérum de bœuf chauffe à 56° et de globules de mouton, la conglutination ne se produit pas parce
BACILLE DE LA MORVE
que les globules ne sont pas alexinés, toute l’alexine est lixée sur les bacilles grâce à la sensibilisatrice. L’absence de conglutination signifie que le sérum suspect provient d’un animal infecté.
Si le cheval est sain, son sérum ne renfermant pas de sensibilisatrice, l’alexine reste libre dans le mélange, elle est capable de se fixer sur les globules de mouton en même temps que la sensibilisatrice hémolytique du sérum de cheval normal ajouté au mélange ; les globules sensibilisés et alexinés sont conglutinés par le sérum de bœuf chauffé à 56 degrés. Les globules se réunissent en gros amas, on observe le phénomène de conglutination : le sérum provient d’un sujet sain.
L’expérience doit être minutieusement contrôlée par de nombreux tubes témoins ; la réaction est d’autant plus délicate qu’elle apparaît comme très sensible : avec trois centièmes de centimètres cubes d’un sérum suspect (morveux), la conglutination fait défaut, tandis qu'elle est très marquée en présence d’un centième de centimètre cube du même sérum.
L’agglutination, la déviation du complément et la conglutination globulaire donnent des indications concordantes et de même ordre de sensibilité.
E) — Conglutination bacillaire
Le sérum de bœuf inactivé exerce une action conglutinante non seulement vis-à-vis des globules rouges, mais aussi vis-à-vis des microbes (Streng). C’est cette propriété de conglutination bactérienne que Pfeiler et Werek ont appliqué au diagnostic de lamorVe.
La réaction se réalise comme pour mettre en évidence la conglutination globulaire. On met en contact, d’une part, du sérum frais de cheval, le sérum suspect, un extrait bacillaire morveux ; et d’autre part, le système conglutinant : sérum de bœuf inactivé-, dilution de bacilles morveux. La réaction ne peut être appréciée qu’après vingt-quatre heures de séjour à l’étuve. La conglutination ne se produit que si le sérum suspect provient d’un cheval sain. Dans ce cas, en effet, l’extrait bacillaire ne retient ni la sensibilisatrice (qui fait défaut), ni par conséquent l’alexine (fournie par le sérum frais de cheval), cette dernière s’ajoute à la sensibilisatrice normale du sérum frais de cheval pour mettre les bacilles en état d’être conglutinés par le sérum de bœuf inactivé.
La réaction est très sensible et l’usage de nombreux tubes témoins peut seul permettre d’interpréter les résultats.
La conglutination globulaire est plus sensible que la conglutination bacillaire, mais les renseignements fournis ne sont pas assez certains pour que cette méthode puisse être recommandée pour le diagnostic de la morve ; de ce point de vue la conglutination globulaire doit lui être préférée.