CHAPITRE XVI
LE MICROCOQUE TÉTRAGENE
Il a été découvert par Koch (1884) dans le pus des cavernes tuberculeuses, et étudié par Koch et Gaffky (1884).
Il est très répandu dans l’air, sur le sol, dans les poussières , il existe dans la salive, le mucus nasal, des sujets sains.
Il est l’agent de nombreuses suppurations. 11 a été isolé, soit pur, soit associé au staphylocoque dans les lésions encore closes d’une dermite pustuleuse chez le porc et chez le bœuf (E. Huynen).
A. Le M. Tétragène est aérobie et se cultive bien sur tous les milieux, à -f- 37°. Le bouillon est trouble, son dépôt crémeux, filant et devient très alcalin : la gélatine n’est pas liquéfiée, ou l’est faiblement (Chauffard et Ramond) ; les colonies sur gélose , pomme de terre sont abondantes, visqueuses, blanches, grisâtres (elles sont colorées pour les variétés : aureus, subflavus ) ; le lait n’est pas coagulé (sauf un échantillon de Sever-Sterling).
La vitalité des cultures dure plusieurs mois : leur virulence originelle est très variable, mais les cultures virulentes s’atténuent peu. Un chauffage de quelques minutes à -j- 60° stérilise les cultures liquides.
C. L'aspect microscopique du T. dans le pus, le sang, les crachats, les organes est assez caractéristique; presque toujours il se présente sous la forme de tétrades ; il existe des cocci isolés ut des diplocoques. Chaque coccus èst volumineux (1 p et plus), rond, parfois ovalaire ou en rein. La tétrade est fréquemment entourée d’une capsule, surtout dans le sang et les viscères. V prend le- Gram.
LE MICROCOQUE TÉTRAGÈNE
Dans les cultures, les éléments sont plus petits et rarement en tétrades ; ils sont en diplocoques et sans capsules. Mais, en sérum, liquide de lapin , on les trouve formés en tétrades encapsulées (fig. 271).
Fig. 271.
Micraccus tetragenus sep tiens.
Culture de 48 heures en sérum de lapin.
Gr. = 1200 D.
D. La souris blanche est très sensible au T. septicus; l'inoculation sous-cutanée de quelques gouttes tue par septicémie, en vingt-quatre à trente-six heures. Le sang et les organes fourmillent de tétrades.
Le cobaye succombe, plus lentement, en trois à cinq jours.
Le lapin est encore moins réceptif. L'inoculation sous-cutanée fait un abcès froid (P. Teissier), et l’inoculation intrapéritonéale : une péritonite à pus épais et visqueux.
E. Pour le diagnostic , on fera : 1° des préparations colorées ;
LE MICROCOQUE TÉTRAGÈNE
2° une culture sur gélatine à la température du laboratoire ; 3° l'inoculation de la sonris.
F. 11 est parfois difficile de distinguer du SI. pyogenes aureus un T. aureus qui a pris dans ses cultures la forme de simples cocci et qui n’est pas virulent. Cultivé dans le sang, 1« Si. pyogenes aureus seul liquéfie le caillot; cultivé dans le lait, seul il le coagule (Achard et Gaillard). Ce sont là deux moyens commodes de différenciation à ajouter à la culture en sérum de lapin.
Les cultures filtrées ou chauffées à -(- 60° sont légèrement toxiques et ne sont pas pyogènes.