‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 167 sur 274 · C. Chèvre. — Moins sensible que le mouton · texte numérisé non relu

C. Chèvre. — Moins sensible que le mouton

D. Porc. — Considéré comme réfractaire, son immunité n’est pas absolue (S. V. Ratz).

E. Renne. — Très sensible (Bergman).

F. Cheval, ane. — Très résistants, l’inoculation produit une tumeur curable.

G. Chien, chat. — Immunité à peu près absolue.

Elle peut être vaincue chez le chien par l'inoculation dans un membre préalablement ligaturé (C. Cadéac et L. Panisset).

TOXINES

H. Cobaye. — Succombe en douze, vingt-quatre heures à l’inoculation dans les muscles delà cuisse après évolution d’une tumeur emphysémateuse caractéristique.

I. Lapin. — A la limite de la réceptivité, sa résistance est vaincue par l'inoculation de cultures toxiques, ou par l'association de la bactérie du charbon symptomatique à des microbes non pathogènes ( Microbac . prodigiosus, Proteus vulgaris ) (Roger) . L’action favorisante est liée à l’entrave apportée à la phagocytose (Leclainche et Vallée).

J. Rat. — Seul le rat blanc peut être infecté.

K. Poule, canard. — Réfractaires.

L. Pigeon. — Considéré comme réfractaire. Nicolle a pu faire des passages en série avec une bactérie authentique, Kitt a réussi également à infecter le pigeon.

E) — Toxines

Les cultures en bouillon de veau sont peu toxiques (Roux), dans les milieux albumineux la toxicité est plus grande (Duenschmann) , mais le bouillon Martin ensemencé avec la bactérie du charbon symptomatique devient rapidement toxique (Leclainche et Vallée). Les cultures décantées, non filtrées, sont très toxiques, 10 centimètres cubes tuent le cheval en quelques minutes. Les filtrats sont moins actifs que la culture entière, les filtres retiennent une grande partie du poison. Le filtrat tue le cobaye dans le péritoine à la dose de o centimètres, cubes, le lapin dans la veine à la dose de 3 centimètres cubes. La toxine altérée au contact de l’air, résiste au chauffage à 115 degrés.

En cultivant la bactérie du charbon symptomatique dans des milieux additionnés de glucose (en présence de carbonate de chaux) ou de lactate de chaux, Grassberger et Schattenfroh (1904) auraient obtenu une toxine très active. La composition du milieu de culture doit varier avec chacun des échantillons utilisés. Les cultures décantées (la filtration affaiblit

beaucoup la toxine) sont toxiques pour le cobaye de 200 à 250 grammes, en inoculation sous-cutanée à la dose de 1 100 de centimètre cube, une dose de 1/10 de centimètre cube fait succomber les lapins de taille moyenne. Le singe, le chien, la souris, le hérisson, la poule et le pigeon sont sensibles à la toxine. 2 centimètres cubes tuent le mouton, 40 centimètres cubes le veau. La toxine résiste aux alternatives de gel et de dégel, à la dialyse, à l’insolation. Elle est détruite par un chauffage d'une heure à 55 degrés.

Les expériences de Grassberger et Schattenfroh ont été répétées avec de nombreuses souches virulentes et authentiques de Bacterium Chauvæi, sans qu’il soit possible d’en confirmer les résultats (Vallée et Panisset).

F) — Diagnostic bactériologique

Le diagnostic du charbon symptomatique est facile par la seule observation clinique, sur le vivant comme sur le cadavre, lors de l’existence d’une tumeur crépitante. Les lésions caractéristiques peuvent faire défaut, quand la mort a été rapide ou lorsque le diagnostic doit être fait d’après l’examen de quelques parties du cadavre. 11 faut avoir recours aux méthodes du diagnostic expérimental.

1° Examen microscopique. — L’examen d'une parcelle de tissu musculaire altéré ou de l’œdème périphérique permet après coloration par le Gram de constater la présence de bactéries avec des formes sporulées (massues, fuseaux, etc...). Les tumeurs du charbon bactérien renferment non seulement les agents spécifiques mais des germes associés.

On peut recourir à l’examen microscopique du sang ou de la pulpe ganglionnaire, mais les bactéries y sont très rares. On peut en provoquer la multiplication en plaçant ses produits quelques heures à l’étuve dans une pipette scellée.

2° Inoculation. — L’inoculation est nécessaire pour identifier les bactéries observées au microscope, elle est indispen-

DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE

sable pour assurer le diagnostic des formes rapides au cours desquelles les tumeurs ne se sont pas développées ou sont si discrètes qu'elles échappent à l'autopsie. On inoculera après broyage un fragment de muscle altéré, une parcelle de l’œdème ou quelques gouttes du sang après séjour à l’étuve dans une pipette scellée. Le résultat de l'inoculation est favorisé par l'addition d’une très petite quantité d’acide lactique (1 goutte pour 1 centimètre cube du produit).

L’inoculation est faite au cobaye dans les muscles de la cuisse. Elle provoque l’évolution d’une tumeur caractéristique et la mort de l’animal en 12-24-36 heures. L’autopsie met en évidence les caractères de la tumeur, son odeur butyrique, l'existence d'un œdème hémorragique étendu à toute la paroi abdominale. L’examen microscopique confirme la nature de la lésion.

L'inoculation du vibrion septique au cobaye provoque une tumeur analogue qui renferme des bâtonnets sporulés ou non, tout comme la tumeur du charbon symptomatique. Le diagnostic différentiel s’impose d'autant plus que dans le sang des cadavres de bovidés le vibrion septique apparaît très rapidement, plus rapidement encore quand la mort est la conséquence du charbon symptomatique (ou du charbon bactéridien).

La différenciation peut être assurée par l’examen de la sérosité péritonéale (Leclainche et Vallée). Une préparation obtenue en passant une lame à la surface du foie d’un cobaye qui vient de mourir montre, après coloration, s’il s’agit du charbon symptomatique de rares bâtonnets plus longs et plus grêles que ceux de la tumeur, asporulés, isolés ou réunis par 2, 3, 4 articles de longueur égale. Si le cobaye a succombé à la septicémie gangréneuse il existe de longs filaments assez abondants , dont quelques-uns traversent le champ du microscope, ces filaments sont toujours formés d 'articles inégaux.

La diflérenciation ne peut être tentée que dans les instants qui suivent la mort; très rapidement le vibrion septique se substitue à la bactérie spécifique.

L’inoculation simultanée du sang au cobaye et au lapin, assure le diagnostic différentiel du charbon smyptomatique et

du charbon bactéridien. La bactéridie charbonneuse tue toujours le lapin et le cobaye tandis que la bactérie du charbon symptomatique n’est régulièrement pathogène que pour le cobaye.

G) — Immunisation, sérothérapie

1° Immunité conférée par divers modes d inoculation.

— L'immunité peut être conférée aux bovidés, moutons et chèvres par inoculation du virus (sang virulent ou pulpe des tumeurs dans la veine, dans la trachée.

Le procédé est incertain, la souillure du tissu conjonctif par le virus ou des traumatismes consécutifs à l'inoculation peuvent provoquer l’apparition des tumeurs (Arloing, Cornevin et Thomas) .

L’inoculation d’une petite quantité de virus dans le tissu conjonctif sous-cutané détermine la formation de tumeurs qui évoluent sans accident si la dose est minime et si les animaux sont résistants (Bœufs d’Algérie, de Y Agro romano). L’inoculation donne les mêmes résultats avec des risques moindres lorsqu’elle est faite en des points éloignés du tronc (régions permises) comme Yextrémité de la queue ou des oreilles .*

2° Immunité conférée par des cultures ou des produits virulents modifiés parle chauffage. — L’emploi des virus modifiés peut mettre à l’abri des accidents tout en conférant une immunité solide.

a). Procédé Arloing et Cornevin. — On utilise comme produit virulent la tumeur charbonneuse broyée et desséchée à 37 degrés. Le virus est chauffé à sec à 100-104 degrés pendant sept heures pour préparer le premier vaccin, à 90-94 degrés pour obtenir le second vaccin.

L’immunité conférée par les vaccins d’ Arloing et Cornevin serait due à leur état pulvérulent et aux impuretés qu’ils renferment (d’après Leclainche et Vallée, voir Action pathogène).

La vaccination comporte deux inoculations à dix jours d’intervalle. Le vaccin est délivré en paquet dont on émulsionne le

IMMUNISATION, SEROTHERAPIE

contenu dans 10 centimètres cubes d’eau. On inocule 1 centimètre cube du « liquide vaccinal » aux animaux de dix- huit mois et au-dessus, X, XII, ou XV gouttes s’ils sont âgés de six à dix-huit mois. L’inoculation est faite à la face inférieure de la queue avec une seringue munie d’un petit trocart, on dépose le vaccin dans une galerie creusée dans le tissu conjonctif souscutané de la région.

La vaccination confère une immunité solide, qui dure environ dix-huit mois. Les accidents locaux sont insignifiants et en des très rares cas il survient des complications.

Les tentatives faites par des praticiens pour ne faire qu'une seule inoculation ou pour vacciner à l'épaule ont dû être abandonnées. Ces pratiques, donnent des résultats variables et imprévus, suivant la sensibilité des animaux, l’état d’infection du milieu où la vaccination est pratiquée. Elles ne peuvent pas être recommandées.

Le procédé Arloing et Cornevin, comme toutes les vaccinations expose aux accidents imputables à 1 état d’infection latente des organismes.

b. Procédé Kitt. — Comporte une seule inoculation, avec une poudre préparée comme dans la méthode d’Arloinget Cornevin-, mais chauffée six heures dans la vapeur d’eau à 98- 100 degrés.

Norgaard prépare également un seul vaccin par chauffage de la poudre virulente à 93-94 degrés.

c. Procédé Thomas. — Comporte une seule inoculation, il « consiste à introduire sous la peau d’un bovin, de préférence à la queue, un fil imprégné de virus-vaccin, de telle sorte qu’il reste au fond d'une galerie sous-cutanée sans pouvoir en être éliminé ; il est formé de plusieurs brins réunis par un disque en laiton doré, il est dosé avec une très grande précision au moyen d'une machine spéciale ; chaque dose renferme exactement 12 milligrammes de vaccin sec ». !

L'auteur n’a jamais fait connaître très exactement les conditions de la préparation de son vaccin, il s’agirait d'un virus modifié par passage sur la grenouille.

Le vaccin est inséré au moyen d’une aiguille porte-vaccin

formée d’une tige d’acier terminée par une pointe en forme de trocart qui porte une échancrure servant de châs pour recevoir le fil. Le fil -vaccin est introduit sous la peau de la queue entre le milieu et le tiers inférieur de l’organe. Le procédé comporte une seule inoculation. Le mécanisme de l'immunité conférée est aussi mystérieux que la préparation du vaccin « ce fil conserve sa virulence pendant de longs mois, l’immunité sera donnée au moment opportun grâce à la provision de vaccin qui réside à la queue ». (?)

3° Immunité par des cultures dont la virulence est atténuée. — Procédé Leclainche et Vallée. Les modifications imprimées au Bact. Chauvœi par le chauffage n’aboutissent pas à l’obtention de virus atténués dans le sens précis de l’expression.

Leclainche et Vallée (1913), après divers essais de modification du virus par le chauffage des cultures ont réussi à obtenir des races vraiment atténuées en utilisant à la fois 1a. température dysgénésique et un milieu peu favorable. Ces cultures sont faites dans du bouillon de foie peptoné, non additionné de carbonate de chaux, à la température de 43°-44°. Les acides qui se forment et qui ne sont pas neutralisés, créent avec la température des modifications profondes qui aboutissent à l’atténuation des bactéries.

La morphologie des microbes cultivés dans ces conditions est profondément modifiée (filaments fins, longs et flexueux, ne prenant plus le Gram) .

Primitivement la vaccination nécessitait deux interventions, actuellement le procédé de Leclainche et Vallée comporte une seule intervention. On inocule un centimètre cube de vaccin pour les bovidés de tout âge. L’inoculation est pratiquée dans le tissu conjonctif sous-cutané, au niveau de l'épaule, vers la partie moyenne, immédiatement en arrière de l’épine acromienne. L’inoculation doit être faite avec soin : l’hémorragie et le traumatisme modifient les conditions de la résorption des vaccins.

« La vaccination met les animaux à l’abri de l'infection accidentelle pendant une année au moins. La protection n’étant pas toujours complète après quinze mois, il est indiqué de renouveler la vaccination tous les ans. »

IMMUNISATION, SÉROTHÉRAPIE

La vaccination de Leclainche et Vallée comporte les dangers inhérents à toutes les vaccinations. Pratiquée en milieu contaminé elle peut favoriser l’évolution d’une infection latente accidentelle. On évite ces accidents en faisant précéder la vaccination d’une injection de sérum immunisant. (Voir Séro-vaccination) .

4° Immunité conférée par les toxines. — L’inoculation du filtrat des cultures en bouillon de veau (Roux) confère l’immunité au cobaye, alors que le filtrat des cultures dans la viande hachée est toxique et n’immunise pas (Duenschmann) . La sérosité des tumeurs après filtration peut rendre les cobayes réfractaires au charbon bactérien.

La toxine obtenue en bouillon glucosé (Grassberger et Schattênfroh) * ne peut pas servir à immuniser le cobaye, mais convient pour le lapin et le bœuf. Le bœuf qui a reçu en deux ou trois séances 60 à 70 centimètres cubes de la solution normale de toxine (celle dont 0cm3,01 tue un cobaye de 200-250 grammes) peut supporter l’inoculation d’un litre de toxine sans réaction. Les bovidés immunisés contre la toxine, ne sont pas toujours réfractaires à l’infection expérimentale, peut-être résistent-ils mieux à la maladie naturelle (?) Le sérum des bovidés immunisés contre la toxine devient antitoxique. (Voir Sérothérapie).

5° Sérothérapie, séro-vaccination. — 11 est possible d'obtenir un sérum préventif et curatif contre le charbon symptomatique; le cheval et le mouton conviennent particulièrement bien pour son obtention par inoculations répétées de la sérosité musculaire virulente (Kitt).

Les inoculations progressivement croissantes dans la veine du cheval des cultures en bouillon Martin permettent de préparer rapidement un sérum surtout préventif, agglutinant, dont les propriétés curatives sont également manifestes. L’évolution rapide de la maladie chez le coabye ne permet pas d’apprécier les propriétés du sérum chez les animaux de cette espèce, alors qu’il convient pour le mouton et le bœuf (Leclainche et Vallée).

L’inoculation du mélange de sérum et de virus, ou 1 inoculation simultanée de sérum et de virus en des points différents ne confèrent aucune immunité (Kitt, Leclainche et Vallée,

Arloing). Par contre sous l'influence de l'inoculation successive du sérum, puis du virus à quelques jours d’intervalle, l'organisme acquiert rapidement, sans danger, une immunité solide et durable (Kitt, Leclainche et Vallée. (Séro-vaccination) .

La méthode d’immunisation par association du sérum et du virus dans les conditions indiquées par Leclainche et Vallée convient pour vacciner dans les milieux contaminés, lorsqu’il s’agit d’intervenir sur des animaux « alors que un ou plusieurs cas de charbon symptomatique se sont produits soit dans le troupeau, soit dans le voisinage immédiat, ou chez des animaux fréquentant les mêmes pâturages. On pratique tout d’abord une injection de sérum immunisant (10-20 centimètres cubes) puis cinq jours après le vaccin complète l’immunisation.

Les ‘propriétés curatives du sérum permettent de combattre les formes bénignes de la maladie ou les accidents consécutifs aux diverses vaccinations.

L’inoculation veineuse d’une forte dose de sérum (60 à 100 centimètres cubes) assure un effet immédiat, on pratique ensuite jusqu’à guérison, à deux, puis quatre heures d’intervalle des injections sous-cutanées de 20 centimètres cubes.

Le sérum obtenu chez les bovidés traités par la toxine des cultures en bouillon glucosé (Grassberger et Schattenfroh) serait antitoxique , capable de neutraliser à la dose de 0cm3,0025 un centimètre cube de la solution normale de toxine. Les mélanges neutres de toxine et de sérum, même avec excès d’antitoxine seraient susceptibles de déterminer chez les bovidés et les moutons une résistance solide et durable (?) Le sérum n'est jamais capable de neutraliser la sérosité virulente provenant d'une tumeur. Les injections des mélanges de toxine et d’antitoxine auraient donné de bons résultats lors des épidémies (Grassberger et Schattenfroh).

ARTICLE II

BRADSOT DU MOUTON

Maladie épizootique observée chez le mouton, en Norvège, en Irlande, en Écosse, et dans l’Allemagne du Nord. Elle se tra-

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