C. Lait. — Rapidement coagulé
B) — Coloration, caractères microscopiques
1° Coloration. — Se colore bien avec les couleurs d’aniline en solution phé niquée. Reste colorée par la méthode de Gram.
CARACTÈRES BIOLOGIQUES
2° Mobilité. — Mobile.
3° Forme. — Dans les tumeurs : bâtonnets droits, courts, épais, 5 à 8 [j. de longueur sur 1 \jl d’épaisseur. La spore déforme le bâtonnet et on trouve des éléments en massue, en raquette, en fuseau. Les formes spondées sont d’autant plus nombreuses <{ue l’évolution a été plus lente. Dans les séreuses : bacilles droits,
Fig, 295.
Bactérie du charbon symptomatique.
Dessin schématique, d’après une préparation, montrant diverse formes spondées ou non de la bactérie et des spores libres.
asporulés, plus grêles que ceux des tumeurs, isolés ou réunis par 2, 3 ou 4 articles de longueur égalé.
O) — Caractères biologiques
lü Habitat. — Hors de l’organisme des malades, la bactérie
du charbon symptomatique est trouvée dans les terrains souil-
lés par les cadavres ou les déjections virulentes (Gotti, Pollet), elle existe habituellement dans le tube digestif des bovidés provenant des régions infectées (Leclainche et Vallée).
2° Vitalité, virulence. — La résistance des spores conserve la vitalité des bactéries alors que la virulence, c’est-à-dire Y aptitude pathogène, peut être modifiée par divers procédés ou avoir disparu. En fait la virulence de la bactérie du charbon symptomatique est liée à deux éléments, la spore et la toxine. Les modifications apportées à la toxine, qui est relativement labile, diminuent la virulence, alors quelles laissent intacte la spore, qui assure la vitalité de l’élément bactérien.
Sous l’influence d’une température dysgénésique (43°-44°) et des acides qui se forment dans la culture on peut obtenir une véritable atténuation.
La dessiccation est sans effet sur les matières organiques virulentes, la putréfaction n’agit que très lentement.
La chaleur agit différemment suivant les conditions de la sporulation. Les matières organiques perdent leur virulence après vingt minutes de chauffage à 100 degrés, il faut deux heures vingt minutes à 70 degrés, deux heures à 80 degrés (Arloing, Cornevin et Thomas). Les cul t ures jeunes résistent un quart d’heure à 58-60 degrés, elles sont tuées en une demi-heure à 70 degrés. La résistance est maximum au quatrième jour du développement.
Le chauffage à 80 degrés pendant deux heures détruit la virulence, mais laisse intacte la vitalité de la spore. Celle-ci n’est détruite qü’après une demi-heure à 80-95 degrés, deux minutes à 100 degrés (Leclainche et Vallée).
Les antiseptiques de choix pour détruire le virus sont le sublimé à 1 p. 5.000, le phénol en solution aqueuse à 2 p. 100. (Arloing,...), les sels de potassium, l’alun et le sulfate de fer (Sanfelice) .
3° Agglutination. — Le sérum anti-symptomatique agglutine les cultures de la bactérie de 1 p. 200 à 1 p. 5.000, quelquefois à 1 p. 10.000 ou 1 p. 20.000 suivant les origines bàcté-
ACTION PATHOGENE
Tiennes. Ce sérum n’agglutine pas le vibrion septique, ni le virus du bradsot (Grosso) . Les sérums anti-gangréneux (vibrion septique) et anti-bradsot n’agglutinent pas la bactérie du charbon symptomatique (Leclainche et Morel, Grosso),
D) — Action pathogène
1° Action naturelle. — Le charbon symptomatique (charbon emphysémateux ou à tumeurs) est une maladie commune aux bovidés et à quelques autres espèces (buffle, renne, chameau, mouton, chèvre, porc, baleine, morse). Les bovidés sont surtout exposés, l'homme est à l’abri de la contagion.
La maladie est caractérisée cliniquement par l’apparition de tumeurs emphysémateuses dans les muscles de diverses régions, le plus souvent au niveau de la fesse, de la cuisse, de l’épaule, du bras, de la jambe et du périnée. Les parties inférieures des membres et la queue sont toujours respectées. La mort est la terminaison ordinaire de la maladie vingt-quatre ou soixante heures après le début de l’évolution. La guérison est possible dans certaines formes ébauchées de la maladie ; les animaux, dans ces cas, ont acquis l'immunité. La mort survient quelquefois très rapidement, sans tumeur appréciable.
Les bovidés sont infectés par les aliments. Le séjour dans certains pâturages est surtout dangereux, mais la contamination est possible à l’étable avec les fourrages provenant des pays à « charbon ». La pénétration directe du virus à travers la peau est admissible, mais rarement réalisée.
Bien des phases de l’envahissement d.e l’organisme sont peu connues, mais les conditions de l’invasion ont été déterminées. Les spores pures, dépourvues de toxine, introduites dans l’organisme sont immédiatement phagocytées (Leclainche et Vallée) tout comme les spores du bacille tétanique ou du vibrion septique. Toutes les causes qui entravent, retardent ou paralysent la phagocytose permettent l’infection. Les spores pures additionnées d’acide lactique, d’acide acétique, de lactate de potasse manifestent leur virulence. Les obstacles mécaniques agissent de la même façon : les spores incorporées à de petits
amas de terre ou de sable permettent de reproduire la maladie. Les associations microbiennes, la présence de la toxine exercent une action analogue et aboutissent au même résultat (Leclainche et Vallée). Dans les conditions naturelles la plupart des causes favorisantes que nous venons d’énumérer peuvent agir quand la bactérie issue de l’intestin circule dans les vaisseaux. Le plus souvent c’est le traumatisme qui intervient et qui crée une hémorragie, protégeant la bactérie contre la phagocytose et permettant sa pullulation avec élaboration de toxine.
2° Action expérimentale. — A. Boeuf. — Succombe à Yinoculation sous-cutanée ou musculaire. L’inoculation pratiquée sous la peau dans une région où le tissu conjonctif est dense et peu abondant, provoque des accidents sans gravité. La résistance des bœufs algériens et de ceux de YAgro romano est considérable.
L’infection peut être réalisée par les voies digestives , tandis que les voies respiratoires sont peu favorables.
L’ inoculation veineuse n’est pas mortelle, elle détermine des troubles généraux auxquels succède l’état réfractaire (Arloing, Cornevin et Thomas).
B. Mouton. — Très sensible alors qu'il est rarement atteint
dans les conditions naturelles. L’ inoculation trachéale confère l’immunité. L ’ inoculation veineuse est moins certaine dans ses effets que chez le bœuf. ,