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CHAPITRE XXVII

MICROCOCCUS MELITENSIS

La fièvre de Malte ou fièvre méditerranéenne est une infection générale, commune à l'homme et à certains animaux (surtout la chèvre ), due au Micrococcus melitensis.

Signalée d’abord à Malte, où elle frappait autrefois jusqu’à. 20 p. 100 de la garnison anglaise, elle a envahi progressivement tout le bassin méditerranéen, partout où on a importé des chèvres maltaises.

Le Micrococcus melitensis a été découvert, en 1887, par Bruce, en 1897 Wright fait connaître la possibilité de recourir au sérodiagnostic et Zammit (1905) établit l’origine caprine de la maladie.

A) — Isolement. Cultures

1° Isolement. — Cultures sur gélose.

2° Caractères généraux des cultures. — Aérobie strict. Pousse lentement (plusieurs jours) sur les milieux même les plus favorables. Végète à -j- 37° avec des limites de température peu étendues.

3° Cultures sur milieux solides. — A. Gélose. — Colonies discrètes, petites, rondes , transparentes (blanc de perle) .

B. Sérum coagulé. — Cultures très maigres.

C. Gélatine. — Végétation presque nulle. Pas de liquéfaction.

CARACTÈRES BIOLOGIQUES 821

D. Pomme de terre. — Végétation nulle.

4° Cultures en milieux liquides. — A. Bouillon. — Trouble sans voile au bout de 2 ou 3 jours.

B. Lait. — Pas coagulé.

B) — Coloration. Caractères microscopiques

1° Coloration. — Se colore bien par toutes les couleurs d’aniline. Ne prendpasle Gram. .

Micrococcus melitensis (d’après Besson)

Culture de 24 heures sur gélose. Coloration à la thionine phéniquée.

2° Forme. — En bouillon : fin coccus (0 u 60), ovoïde (coccobacille), isolé ou en diplocoques. Sur gélose: chaînettes (fig. 314).

3Ù Mobilité. — Serait mobile grâce à un cil unique (Pollaci et Cannata). Contesté.

C) — Caractères biologiques

1° Habitat. — Existe dans le lait des chèvres infectées. Se trouve dans le sang et dans les urines des malades.

MICROCOCCUS MELITENSIS

2° Vitalité. — Sa vitalité est variable suivant les conditions. Le soleil, la chaleur, la sécheresse, les acides, le tuent rapidement. Il se conserve quelques jours dans l’eau stérilisée. Dans la terre et la poussière stérilisées, il se conserve une à deux semaines. De même : jusqu’à 80 jours dans l’urine desséchée, ou sur les vêtements souillés d’urine; 20 jours dans le lait, l’eau de mer.

3° Caractères biochimiques. — Ne fait pas fermenter les sucres. Ne produit pas d’indol.

D) — Action pathogène

1° Action naturelle. — A. Chèvre. — En 1905, Zammit, voulant expérimenter le Micrococcus melitensis,, choisit la chèvre, et ne fut pas peu étonné de voir que la moitié des chèvres de Malte avaient un sang agglutinant. Dans 40 p. 100 des cas, le lait agglutinait aussi. C’est ainsi que fut découverte l’origie caprine de la fièvre de Malte.

La maladie est souvent latente chez la chèvre et ne trouble pas la lactation. Le symptôme le plus important est l’avortement. Le microcoque se retrouve dans le lait et dans les urines pendant des mois ou des années. La chèvre se contamine surtout par les aliments souillés d’urine. Il semble que la chèvre ne guérisse pas.

Les chèvres maltaises exportées dans tout le bassin méditerranéen ont diffusé la maladie.

L’homme s’infecte par ingestion (lait ou fromages de chèvre, mains souillées d’urine de malade), par voie génitale (mucus vaginal infecté), par voie cutanée (laboratoires, bouchers ou tripiers) .

B. Autres animaux. — Le mulet (40 p. 100 à Malte), Yâne, le cheval, la brebis, le chien, la vache peuvent présenter la réaction agglutinante dans les régions infectées, sans toutefois être véritablement malades.

Les cobayes peuvent être spontanément infectés, avec microbe dans la rate et sérum agglutinant à 1/300 (Nicolle et Conseil).

IMMUNITE

Les lapins, les rats, les souris, les poules, les canards peuvent être atteints.

2° Action expérimentale. — La virulence est peu marquée ; les. animaux de laboratoire sont peu sensibles.

A. Chèvre. — C’est l’animal de choix, après s’être assuré qu’il n'est pas déjà infecté. On peut l’infecter par voie digestive (cultures, urines, lait). La réaction agglutinante apparaît assez vite; le micrococcus apparaît très tardivement (plusieurs semaines ou mois) dans le lait ou les urines, parfois par véritables décharges.

B. Singe. — Très sensible (Shaw) .

Le simple contact sur les muqueuses (conjonctivale, nasale, rectale, génitale), la pulvérisation de poussières donnent des résultats positifs.

L'ingestion de lait de chèvre infectée, d’urine contaminée est également suivie d’infection.

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